Les Estuaires d’ombre, 1895
I. « Vaine aurore ! si des larmes voilent un rire »
Vaine aurore ! si des larmes voilent un rire,Sont-elles en présage à nos fuites de joiesQu’auraient les yeux d’une autre à suivre un jeu de soiesEn frissons brefs au long des parois de porphyre ?
Mais nul geste que l’aube encore ne s’y mireAu fantastique épars de ce que tu déploies,Ou, verbe, ne s’y grave en hymnes, jeunes proiesA promulguer : rien n’est qui soit, sinon écrire.
Une brume vieillie agonise au pilier,Et s’y meurtrit la voix d’angoisse rauque étreintePour s’y sentir naissante aux outrages lier.
Aux hâvres d’or naguère où s’incurvait CorintheNul éphèbe ne vogue en vœux d’âme nouvelleVers les fauves toisons que l’aurore y révèle.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Estuaires d’ombre, Paris, Réveil, 1895· numérisation books.google.com· Sources