Les Estuaires d’ombre, 1895
II. « O Pasteur, si de doigts trop fragiles tu lisses »
O Pasteur, si de doigts trop fragiles tu lissesLa malsaine toison nocturne des brebis,Oh ! c’est briller un rire au millier des rubisDont l’aurore se stelle, et languides délices.
Pourtant l’ombre. La nuit alourdit les mélisses.Heure d’arômes, nul ne sait si tu subisL’angoisse, le faisceau d’angoisse où sont, fourbis,Les glaives acérés d’un piège où tu faiblisses.
L’ombre encore, et quelle aube eût pâli le ciel noir ?L’ombre : sous la colline est la forêt, menace.De sortilèges prompts à terrasser l’espoir.
Dans la ténèbre, où tressaille l’horreur tenaceDe l’âme qui fut Toi, blond Pasteur, aux rumeursÉparses aux buissons de la Nuit, tel tu meurs.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Estuaires d’ombre, Paris, Réveil, 1895· numérisation books.google.com· Sources