Les Vergers illusoires, 1892· III Le retour au manoir
« Étranger attardé sur le seuil de la porte »
Étranger attardé sur le seuil de la porte,Que tardes-tu à reprendre ta routeVers quelque seuil du village où sans doutePour toi s’apprêteLe lustral repas de ton retourEt brillent les flambeaux de fêteEn la salle enfumée où ton fils tout le jourS’obstine à sa tâche et s’entêtePour quelque pauvre écu qui pourvoie à sa vie.Dis, de quel démon poursuivieTa destinée a-t-elle ici conduit tes pas ?D’où viens-tu ? Quoi te chasse à peu de jours de ton trépasPar les portes et les grillesOù par pitiéLes mains des enfants, les doigts des jeunes fillesTe partagent leur pain par moitié ?Dis, quel vent mauvais te pourchasseVers la colline où ce manoirPour toi seul que ton âge alourditEntr’ouvre par étrange grâceUn vantail toujours clos à qui rôde dans le soir,Mais parled’où viens-tu par la nuit ?
23 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Vergers illusoires, Paris, Librairie de l’art indépendant, 1892· numérisation books.google.com· Sources