Lumières sensibles, 1926
Allure
Même quand elle marche on croirait qu’elle danse.BAUDELAIRE.
Où tu marches la vie éclate. Tu déploies,Brise mobile et rire frêle sur Les mers,Frissons vifs enlacés aux jeux brusques d’éclairs,Un étincellement d’harmonieuses joies.
Tout ce jardin, reflets prolongés, fleurs des soiesEt des moires, délire des parfums offertsAvec leur feu subtil et doux par tes yeux clairs,Tout ce jardin profond, Amour, où tu chatoies,
Que ce soit en plein jour ou dans l’or des couchants,Je Le vois S’embraser de rêves et de chantsParce que Eu parais et marches en cadence,
Et mon cerveau, depuis que tu l’enveloppasDe ta tendresse, même aux lieux où Eu n’es pas,Se peuple de ta marche invisible qui danse.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Lumières sensibles, Paris, Librairie de France, 1926· numérisation gallica.bnf.fr· Sources