Lumières sensibles, 1926
Aurore
Silence frais issu d’un frisson sur Les îlesPar Les vagues qu’un vol impalpable parcourt,L’arôme de l’aurore émeut ta joie autourDes ombres du jardin où toi-même t’exiles.
Te fuirai-je, Mensonge ? Et pourquoi des facilesMerveilles le chemin qui glisse, l’eau qui sourdNe me conservent-ils parmi Les fleurs du jourL’extase calme éclose aux ténébreux asiles ?
Le Lys par moi cueilli candide dans le soirIsole pour parfum au deuil de mon espoirL’effluve vrai d’oubli que je bois à son urne :
Mon cœur n’est-il grisé que d’un baume incertain ?Le Rêve s’est crispé d’ailes. Dès le matinVa-t-il du poing me prendre au prodige nocturne ?
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Lumières sensibles, Paris, Librairie de France, 1926· numérisation gallica.bnf.fr· Sources