Lumières sensibles, 1926
Paysage Breton
J’écoute de loin la cloche du villageQui répand à pleins sons la paix du dimancheSur Les toits des maisons, l’herbe des campagnes,Les rochers moussus, la grève où des gens gravesDescendent par groupes s’asseoir sur le sable.
Sous le ciel léger où le silence tisseUn voile de lumière chaude et subtile,La mer, aussi paisible qu’une prairie,S’étale sans un pli vers l’azur limpide ;Une barque au soleil dort près d’un récif.
Et tout est si heureux et tout est si calmeDans la beauté éparse de ce dimanche,Qu’il semble à jamais régner sur les campagnesSitôt que se tait la cloche du village,Une sainte musique dont elles s’exaltent.
15 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Lumières sensibles, Paris, Librairie de France, 1926· numérisation gallica.bnf.fr· Sources