Nuits d’Épiphanies, 1894· L’aube nait· Le parc sentimental
I. « O brises et baisers des brises pour vos lèvres »
O brises et baisers des brises pour vos lèvresPalpite en nudités royales la splendeurDes glayeuls et des lys et s’affine l’odeurDes verveines sourire en frissons frais et mièvres.
Rubis clairs scintillants montés par nuls orfèvresS’est offerte vers toi frôleuse la candeurDe quelles tiges ! et tu ris, Enfant RôdeurQui pais en nos jardins le troupeau de tes chèvres.
O pâtre, en la pelouse verte tu t’endors,Un thyrse ondule vers ton rêve ses bras torsD’enthousiaste ardeur pour quelque amour antique,
Tu frémis ! et voici des buissons à tes yeuxNue et ses cheveux blonds ceints du myrte mystiqueSe dresser la Vivante au regard radieux.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Nuits d’Épiphanies, Paris, Édition du Mercure de France, 1894· numérisation books.google.com· Sources