Récifs au soleil, 1922· I Récifs
A un jeune poète
O garde-toi, mon jeune Ami, de te complaireSous un ciel douloureux où nul astre n’a lui ;Ton âme étoufferait dans la forêt d’ennuiDont les fourrés sont lourds d’ombre crépusculaire.
Ouvre les yeux. Ouvre ton cœur. La vie est claire,La joie autour des fleurs ruisselle pour celuiQui, patient, voit naître aux spasmes d’aujourd’huiLes demains flamboyants d’espoir ou de colère.
Crois-moi. La brise vierge et nette du matinQui se joue au rivage et rit vers le lointainParmi le frisson frais des vagues unanimes,
L’orgueil d’être ébloui de sons et de parfums,Tout aimer ! — gouffre amer, quels rêves sont défunts ?Crispe-toi dans l’extase et bondis sur les cimes !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Récifs au soleil, Amiens, Librairie Edgar Malfère, 1922· numérisation books.google.com· Sources