Récifs au soleil, 1922· I Récifs
Un rêve
O nuit, qui de lueurs fraîches déjà ranimesL’aile du songe au frêle azur du souvenir,N’est-ce pas toi qui pour le réveil fais s’ouvrirMes rideaux de ténèbre au cri clair des abîmes ?
Le reflux de la vague au roc que nous gravîmesPlus loin, — comme tu dors, Chère ! — semblait dormir.Dans ta poitrine et tes seins nus sens-tu courirL’âpre frémissement des lames unanimes ?
Au fond d’un tel silence en nous et au dehorsJ’étreins, d’une ferveur qui s’accroît, ton beau corpsSi calme, et je te regarde vivre, Vivante !
Repose ainsi longtemps, très tendre ! Je te tiensEt tu m’aimes ! - Pourquoi brusquement sur les miensFixes-tu tes yeux durs, que creuse une épouvante ?
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Récifs au soleil, Amiens, Librairie Edgar Malfère, 1922· numérisation books.google.com· Sources