Récifs au soleil, 1922· II Incipit Vita nova
Absence
La mer sous les étoiles dort, et l’on n’entendQue l’haleine du ciel aux herbes du rivage ;Une douce lueur à travers la nuit nageEt glisse sur les eaux son mirage flottant.
Je me suis détourné vers l’ombre. J’aime autantQue le calme des nuits dont la paix me soulageLa fièvre qui tressaille à revoir ton visage,O Toi, vers qui l’orgueil de mon rêve s’étend !
L’aube naîtra bientôt. Je le sais. Mais qu’importe ?Toi seule es pour moi l’aurore et le jour, en sorteQue le soleil le plus glorieux sur la mer
Peut brûler triomphal de tous ses feux en fêteToute ténèbre sur moi s’amasse et s’entête,Le monde, où Tu n’es pas, est laid, triste, désert.
La Guimorais, juillet 1914.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Récifs au soleil, Amiens, Librairie Edgar Malfère, 1922· numérisation books.google.com· Sources