Récifs au soleil, 1922· II Incipit Vita nova
Béatrice
Volgi, Beatrice, volgi gli occhi santi,
Era la sua canzone, al tuo fedele,
Che per vederti ha mossi passi tanti.DANTE, Purgat. — XXXI.
Béatrice ! — Et déjà de l’aube où tu sourisLa flamme vierge accueille, encor frêle et hautaine,Le poète évadé des feux de la GéhenneQu’affolent la torture implacable et les cris.
Là-bas toute l’horreur dont les corps sont meurtris,La vengeance en délire, et l’outrage, et la haine,O damnés ! le glaçaient. Où son Guide l’amèneL’apaisante clarté des astres l’a surpris.
Beau visage qui luis sous le ciel de la riveLustrale, il te revoit dans la lumière vive.Tu l’émeus, et vers lui tu viens, tu tends la main,
L’invitant du regard et déjà frémissante,Afin que dans son cœur il s’exalte et pressenteLe Paradis en fleur où gravit son chemin.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Récifs au soleil, Amiens, Librairie Edgar Malfère, 1922· numérisation books.google.com· Sources