Récifs au soleil, 1922· II Incipit Vita nova
Dans le jardin, a l’aube
L’aube a bu la fraîcheur de votre main levéeFrissonnante déjà du baiser des corollesQui s’extasient en plein azur et qui s’affolentDe vous trouver si tôt près d’elles arrivée ;
O vous, limpide et chaste et si candide, fleurD’un sang plus riche et plus pur ! ô vous, dans l’éveilDu jour songeur et doux dont le lys s’émerveille,Vous accueillez en votre éclatante pâleur
Les dons de la rose et du jasmin, les parfumsEt les haleines et les pudeurs matinalesDe la couleur encore hésitante aux pétalesDont la gloire vaincra les midis importuns ;
Vous absorbez et vous fondez par le sourireDans l’éclat fier de votre geste et de vos yeuxTout le rêve subtil du ciel audacieuxEt, par vous, la beauté de l’univers respire.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Récifs au soleil, Amiens, Librairie Edgar Malfère, 1922· numérisation books.google.com· Sources