Récifs au soleil, 1922· II Incipit Vita nova
La dormeuse
De doux parfums planent dans la chambreOù repose, si belle, endormieDans sa chaude chevelure d’ambre,Lumineuse au soleil, mon Amie.
Ses paupières respirent en songe,Ses lèvres calmes rient au baiserDont l’aile de fleur frêle s’allongeEt palpite en venant s’y poser.
Et c’est le bleu papillon du rêveQui tend au vol de sa fantaisieLa flamme d’amour puissante ou brèveD’un or diaphane ou cramoisie ;
Soudain son cœur s’allume d’émoi,Muette extase qui se prolonge,Ses lèvres sourient : est-ce vers moiQue grandissent les lys d’un beau songe,
Quand, lumineuse, ma tendre AmieParmi les doux parfums de sa chambreRepose, et, si belle, est endormieDans sa chaude chevelure d’ambre ?
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Récifs au soleil, Amiens, Librairie Edgar Malfère, 1922· numérisation books.google.com· Sources