Récifs au soleil, 1922· II Incipit Vita nova
Floride
Il poursuit, près des eaux, le jasmin des FloridesAlfred DE VIGNY.
Votre visage est un pays au soleil tendreD’eaux qui frissonnent sous la caresse des fleursSelon que le souffle frais des vents cajoleursLes frôle doucement et s’en vient les surprendre.
Mes yeux plongent dans vos yeux, comme dans la merSe pâme éperdûment un nageur intrépide ;Votre âme, que j’explore, est une ample FlorideDont, extase et parfums, brûle et palpite l’air.
Vos chers cheveux dont la gerbe embrasée accueille,Nids d’arômes légers de lumière et de miel,L’essor de tout mon être confidentiel,Sont comme un champ d’or mûr mêlé de chèvrefeuille.
Et la gloire blonde et fine de votre mainA ma ferveur par votre grâce abandonnéeM’ouvre le large espoir d’une Île FortunéeQui fait l’homme immortel et l’amour surhumain.
La Guimorais, 27 juillet 1914.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Récifs au soleil, Amiens, Librairie Edgar Malfère, 1922· numérisation books.google.com· Sources