Récifs au soleil, 1922· III Soleil· L’éveil des dieux
I. « J’ai surpris le sommeil des dieux dans la forêt »
J’ai surpris le sommeil des dieux dans la forêt.Selon l’essor léger de l’ombre qui voltigeAvec la brise au creux du buisson, sur la tigeD’une fleur dont le sang lumineux transparaît,
Je les ai vus ; ils étaient là ; le jour doraitLeurs visages aux yeux fermés dans le vertigeD’oubli sans fond où va s’abîmant leur prestige.J’ai surpris le sommeil des dieux et leur secret.
Leur jeune haleine parfumait le voisinageD’un souffle si subtil et fort que s’en dégageEn mon âme l’assurance d’un clair éveil
Où leur geste ouvrira, fondu dans la lumière,A tous ceux qu’asservit la lutte coutumièreLa sûre floraison de joie, en plein soleil.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Récifs au soleil, Amiens, Librairie Edgar Malfère, 1922· numérisation books.google.com· Sources