Récifs au soleil, 1922· III Soleil
Septembre
(AUTREFOIS)
Quand, nue en ce décor d’étoffes,Tes clairs cheveux ruissellerontEn feux de rubis sur mes strophes,Pose la parure à mon front.
Chaque grain des grappes de vigneS’éblouit sous tes doigts pieux,Et ta pâleur t’a faite digneD’être adorée au rang des dieux.
Tu frôles les murs de ma chambre,Automne ! Est-ce, mensonge vain,Que d’une treille de septembreTon sceptre aurait surgi soudain ?
Hélas, la guirlande est fanée :Mois des raisins, arômes tels,Quelles offrandes pour l’annéeSuspendrai-je sur mes autels ?
La flamme ultime va descendre,Fruits et corolles, sourds parfums,Trop tôt se dissolvent en cendre,Tous mes désirs sont-ils défunts ?…
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Récifs au soleil, Amiens, Librairie Edgar Malfère, 1922· numérisation books.google.com· Sources