Récifs au soleil, 1922· II Incipit Vita nova· Les chansons de la guette
III. « Les fleurs rouges du chemin »
Les fleurs rouges du chemin,Les géraniums, les sauges,Tu les frôles de la mainEt des yeux les interroges ;
Tu voudrais savoir pourquoiPlus purs de chaque corolleLes parfums montent vers ToiDans l’été qui s’étiole ;
Pourquoi tremble d’un frissonSi profond la rose blancheQui, l’ultime du buisson,Pudique, vers Toi se penche ?
Clématite d’un éclatAttirant et qui fascine,Et, charme plus délicat,Volubilis, capucine
Couleur de sang, de safranOu d’aurore aventureuse,S’enlacent d’un fol élanParmi leur tige fièvreuse.
Et tu vas, ne sachant pasQue chaque fleur te souhaite,Et que naît, devant tes pas,Une lumière de fête ;
Ne sais-tu, ne veux-tu voir ?Toutes fleurs, sauge ni rose,N’ont comme moi qu’un espoir :En Toi leur joie est éclose !
28 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Récifs au soleil, Amiens, Librairie Edgar Malfère, 1922· numérisation books.google.com· Sources