Récifs au soleil, 1922· II Incipit Vita nova· Les chansons de la guette
IV. « Trilles et flûtes, oiseaux du feuillage »
Trilles et flûtes, oiseaux du feuillage,Ailes de l’azur, où le ciel s’endort,Arpèges des harpes, vibrant essorAu jet d’eau clair dont la voix se propage,Ma joie et l’automne chantent d’accord.
Ma joie et l’automne chantent, prestigesDe parfums pâmés, de couleurs, de sons :Pampres de feu, nous vous entrelaçons,Au délire flamboyant dans vos tiges,L’élan heureux de nos tendres chansons.
Les chansons de l’automne fauve et tendre,Les chansons d’un amour tendre et fervent,Au gré du soleil, de l’heure et du vent,Frissons de lumière, montent répandreEn rythmes d’or pur leur charme émouvant.
L’ambre profond de nos pampres festonneDe pourpre et d’or l’ombre où va voltigerLe rire fougueux, le rire léger,Le rire amoureux du chantant automneParmi le feuillage roux du verger.
Guirlande sonore, fluide écharpeQui se tissent des ailes de l’azur,Ni flûtes d’amour, essor trop obscur,Ni le lent enlacement de la harpeN’étincellent d’un éclat aussi pur,
Aussi pur que l’automne fauve et tendre,Aussi pur que l’amour tendre et fervent,Que mon amour pour Toi tendre et vivant :Parfums, sons, couleurs, tu les viens épandre,Aurore ! où la nuit fut auparavant.
Septembre-novembre 1917.
30 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Récifs au soleil, Amiens, Librairie Edgar Malfère, 1922· numérisation books.google.com· Sources