Récifs au soleil, 1922· III Soleil· L’éveil des dieux
V. « Quand j’ai surpris les dieux dans l’ombre, où le sommeil »
Quand j’ai surpris les dieux dans l’ombre, où le sommeilLeur tenait les yeux clos à la pure lumière,L’aube autour d’eux déjà fleurissait la bruyèreD’un long rayonnement convulsif et vermeil.
Du plus proche le front s’argentait, un orteilNu, ce sein aussi frêle et frais que la premièreHaleine d’avril, et, blotti dans la chaumièreBûcheronne, le corps d’Aphrodite, Soleil !
A présent un essaim d’abeilles d’or voltigeDans le silence de midi, mais nul vestigeNe persiste au hallier où l’effroi m’effarait
Quand, troublé d’un parfum subtil qui se dégageAvec la brise errante aux frissons du feuillage,J’ai surpris le sommeil des dieux dans la forêt.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Récifs au soleil, Amiens, Librairie Edgar Malfère, 1922· numérisation books.google.com· Sources