Récifs au soleil, 1922· III Soleil· L’éveil des dieux
IV. « Quelle fleur soudaine sur sa tige »
Quelle fleur soudaine sur sa tigeTrouant d’un prodigieux essorL’ombre endormie et lourde s’érige,Vasque tremblante où joue un jet d’or ?
Puissant et fin son arôme monteAu frisson des aurores d’été ;Il s’éparpille d’une aile prompte,Sans cesse repris et rejeté.
Partout il glisse, circule, éclate,Souffle sonore dans le ciel clairAu passage d’un rire écarlateDont frémit l’azur tendre de l’air.
Le Vertige radieux se pâme,O joie éclose dans le soleil,Durable étreinte d’où surgit, flammeÉperdue et divine, un éveil
Du rêve dont s’emplit et s’éclaire,A mesure que gagne le jourSur l’horizon morne de la terre,L’Âme en fête aux baisers de l’Amour :
Et, superbe à jamais, d’âge en âge,D’un élan d’extase effarouché,Érôs, qui dans l’homme se propageDomine le monde, avec Psyché !
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Récifs au soleil, Amiens, Librairie Edgar Malfère, 1922· numérisation books.google.com· Sources