Vers l’azur, 1931
XVII. Anacréontique
Pique-la, guêpe, au cou !Midi brûlant sonne à l’horloge.Son geste te délogeDe cette coupe odorante où
Sur un amas de pêchesDe velours tendre au fin duvetTon désir s’avivaitAu sucre bu des pulpes fraîches
L’azur où tu bruisD’une aile ivre de sa premièreJeunesse et de lumièreVibre en couronne vers les fruits.
Sous l’éclatant silenceDans l’air embrasé l’été dort ;Tu fuses, réseau d’orQui va, revient, prompt, et s’élance,
Lacis capricieux,D’une grappe sur une ombelle,Sur toute chose belle,Autour des lèvres et des yeux,
Vivace éclair, bijouQui s’offre et qui soudain s’abrogeSon geste te déloge,Pique l’ingrate, guêpe, au cou !
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vers l’azur, Bruxelles, Société des Bibliophiles et Iconophiles de Belgique, 1931· numérisation gallica.bnf.fr· Sources