Vers l’azur, 1931
XVIII. Vision
Tes pieds nus par cette herbe neuveCourent clairs et légersDans l’ombre chaude des vergersInclinés vers le fleuve.
Et tu t’élances, un espritT’emporte sur ses ailes,Ton front est semé d’étincelles,Le soleil te sourit.
Parfum, lumière, quels espacesDéjà t’ont pu saisir ?L’azur m’affole de désir,Je t’ai vue, et tu passes,
Tu passes d’un si preste pas :N’est-ce, ô vergers, qu’un songeEt l’ombre est lourde qui s’allongeSur l’herbe où tu n’es pas.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vers l’azur, Bruxelles, Société des Bibliophiles et Iconophiles de Belgique, 1931· numérisation gallica.bnf.fr· Sources