Vers l’azur, 1931
XV. L’ondine
Au chant frêle émané des roseaux en sourdine,L’aurore embrasera hors de l’ombre l’OndineQue jadis suscitait seule dans l’épaisseurDes broussailles l’espoir d’aimer. Surgis, ma sœur,Surgis encore de ces eaux mornes, sois telleQue je te vis cueillir des fleurs sur la margelleDes sources, et, rieuse, élever vers les cieuxLeurs fleurs et leur azur reflétés par tes yeux.O matins exaltés de tes cils, ô jeunesseToute mêlée à tant de lumière, que n’est-ceToujours, même en l’arrière-automne, ce frissonFût-il furtif, de ta voix, ô Soleil ! Le sonDu printemps sur ta lèvre en fête, qui convieA l’amour, t’illumine et fait belle ta vie…
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vers l’azur, Bruxelles, Société des Bibliophiles et Iconophiles de Belgique, 1931· numérisation gallica.bnf.fr· Sources