Vers l’azur, 1931
VII. Miroir
Assise, et souriante à mon miroir, oui, j’aimeGuetter, selon le souffle épars au diadèmeQue tresse et qu’entrelace un art de doigts nerveux,Le matin emmêler l’ambre de mes cheveuxAu vol tendre de ses caresses coutumières.O miel mélodieux des fleurs, ô des premièresÉclose parmi l’or et le printemps des jours,Je te sens naître avec la lumière, tu sourds,Force et bonté, comme une eau vive, et ta secrèteRumeur d’un tel élan allume mainte aigretteQui joue avec la flamme y semant le soleil,Que toute je me dresse et me tends pour l’éveil,Vers ma chair désireuse et jeune, d’une joieQu’en songe à mon miroir j’enlace et je déploie.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vers l’azur, Bruxelles, Société des Bibliophiles et Iconophiles de Belgique, 1931· numérisation gallica.bnf.fr· Sources