Vers l’azur, 1931
III. Tapisserie
Un soleil caressant sous la treille qui trembleÉveille avec la brise où l’ombre se dissoutLe gazouillis furtif de maints oiseaux ensemble
De qui le prompt ébat s’éparpille par toutLe tendre azur en mille effleurements d’aigrettesVers ton front grave, Amie. Et tu surgis debout
Entre les lys, plus claire qu’eux, quand tu t’apprêtes,Toi le sourire, toi l’aurore, pour l’accueil.Un lourd exil m’engourdissait hors des retraites
D’arbres pompeusement penchés par leur orgueilSur l’ennui sans pitié d’inutiles fontaines.Certes, j’irai vers toi, je franchirai le seuil,
Je ne puiserai plus aux sources incertainesLe vain pardon de vivre et d’être seul. Sinon,Lorsqu’un souffle très doux affleure au long des plaines
Le pur enchantement propagé par ton nom,Que pourrai-je, sentant étouffer dans les feuillesSous leur poids automnal mon désir infécond ?
19 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vers l’azur, Bruxelles, Société des Bibliophiles et Iconophiles de Belgique, 1931· numérisation gallica.bnf.fr· Sources