Le Géranium ovipare, 1935· Ballade en l’honneur de la famille Trouloyaux
Ballade en l’honneur de la famille Trouloyaux
Quels gredins que les honnêtes gens !Émile Zola (Le ventre de Paris).
Posés dans la « Société »ils fréquentent le Tout-Valogneet vont à la mer, chaque été :(Madame, une grosse Gigogne,prononce : « les Sables d’Ologne) ;elle quête à Saint-Balbien ;elle empeste l’eau de Cologne :les Trouloyaux sont des gens bien !
Monsieur cause propriété :il a des vignes en Bourgogne.Une fréquente ébriétéa fait de son nez une trogne.Aimable comme un chien qui hogneil soigne un mal vénérienet flétrit nos mœurs sans vergogne :les Trouloyaux sont des gens bien !
Chlorotique, l’air hébété,leur fille, une grande cigognemais un ange de piété !ronchonne, et boude et gronde et grogne !Une bonne, horrible carogne,l’induisit au jeu lesbien ;elle a des robes de vigogne :les Trouloyaux sont des gens bien !
Bohème qu’un protêt renfrogne,va-nu-pieds, rimeur, propre à rien,gueux rongé de poux et de rogne,les Trouloyaux sont des gens bien !
28 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Géranium ovipare, Paris, JOSÉ CORTI, 1935· numérisation wikisource.org· Sources