Le Géranium ovipare, 1935· Une demi-douzaine de pseudo-sonnets truculents ou familiers
Le nouvel Origène ou le rut vaincu
Les effets de la castration sur les animaux
sont connus ; ils ne sont pas autres chez l’homme.Th. Ribot (Les maladies de la personnalité.)
Il avait ce jour-là défloré mille viergesde diverses couleurs et, suivant les leçonsdes Pentapolitains huit cents jeunes garçonsparmi lesquels le fils — horreur ! — de ses concierges !
Mais il ardait toujours, ahanant, frénétiqueil investit des ours et des rhinocéros,des lynx, des sphinx, le dieu-serpent d’Abonotique,mais toujours il flambait sur le brasier d’Éros
et toujours le désir mordait sa génitoireet vers le firmament l’orgueil ostentatoirede son membre viril se dressait. « Par Mithra ! »
s’écria-t-il, « ô rut générateur du monde,« bâtard du vouloir vivre, à nous deux, rut immonde ! »Il dit, s’arma d’un bon rasoir et se châtra.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Géranium ovipare, Paris, JOSÉ CORTI, 1935· numérisation wikisource.org· Sources