Le Géranium ovipare, 1935· Une demi-douzaine de pseudo-sonnets truculents ou familiers
Pseudo-sonnet-moratorium
à mon propriétaire.
Bonjour, monsieur ! Sachez que, ce trimestre-ci,je compte négliger de vous payer mon terme :le moratorium l’exige ainsi. Que sivous rouspétez, mon Dieu ! je répondrai : « La ferme ! »
À ce coup, n’allez pas émouvoir les huissiersmais notez, s’il vous plaît, que dans votre bicoque,les vents coulis bravant l’anthracite et le coke,il ne messiérait point que vous réparassiez.
Vous payer ? il y faut pécune dont je manque,à défaut de toucher mes coupons à la banque :« De plus beaux jours luiront », vaticinait Schaunard !
En attendant, mon cher, ce qui surtout importec’est que vous ne pouvez me flanquer à la porte.Pour acompte agréez ce sonnet goguenard.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Géranium ovipare, Paris, JOSÉ CORTI, 1935· numérisation wikisource.org· Sources