Poésies, 1833
Maria
… meæ puellæ
Flendo turgiduli rubent ocelli.V. Catullus.
De tes longs cils de jais‖ que ta main blanche essuie,Comme des gouttes d’eau‖ d’un arbre après la pluie,Ou comme la rosée,‖ au point du jour, des fleursQu’un pied inattentif‖ froisse, j’ai vu des pleursTomber et ruisseler‖ en perles sur ta joue :En vain de la gaîté‖ l’éclair à présent joueDans tes yeux bruns ; en vain‖ ta bouche me sourit ;D’inquiètes terreurs‖ agitent mon esprit.Qu’avais-tu, Maria,‖ toi, rieuse et folâtre,Toi, de plaisirs bruyants‖ et de danse idolâtre,Le soir, quand le soleil‖ incline à l’horizon,La première à fouler‖ l’émail vert du gazon,La première à poursuivre‖ en sa rapide courseLa demoiselle bleue‖ aux bords frais de la source,A chanter des chansons,‖ à reprendre un refrain ?Toi qui n’as jamais su‖ ce qu’était un chagrin,A l’écart tu pleurais.‖ Réponds-moi, quel orageAvait terni l’éclat‖ de ton ciel sans nuage ?Ton passereau chéri‖ bat de l’aile, joyeux,Les barreaux de sa cage,‖ et sur son lit soyeuxTon jeune épagneul dort,‖ tout va bien, et tes rosesRépandent leurs parfums,‖ heureusement écloses.Qu’avais-tu donc, enfant ?‖ quel malheur imprévuTe faisait triste ? — Hier‖ je ne t’avais pas vu.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 12((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distique
- Mots à la rime
- a essuie / pluie féminine, classiqueb fleurs / pleurs masculine, classiquea joue féminine, classiqueb sourit / esprit masculine, classiquea folâtre / idolâtre féminine, classiqueb l’horizon / gazon masculine, classiquea course / source féminine, classiqueb refrain / chagrin masculine, classiquea orage / nuage féminine, classiqueb joyeux / soyeux masculine, classiquea roses / écloses féminine, classiqueb imprévu / vu masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.5· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies Complètes, Tome Premier, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1889· numérisation Project Gutenberg· Sources