Poésies, 1833
Sonnet Iii
L’homme n’est rien qu’un mort qui traîne sa carcasse.Du May.
Quelquefois, au milieu‖ de la folâtre orgie,Lorsque son verre est plein,‖ qu’une jeune beautéEndort son désespoir‖ amer par la magieD’un regard enchanteur‖ où luit la volupté,
L’âme du malheureux‖ sort de sa léthargie ;Son front pâle retrouve‖ un rayon de gaîté,Sa prunelle mourante‖ un reste d’énergie ;Il sourit oublieux‖ de la réalité.
Mais toute cette joie‖ est comme le lierreQui d’une vieille tour,‖ guirlande irrégulière,Embrasse en les cachant‖ les pans démantelés,
Au dehors on ne voit‖ que riante verdure,Au dedans, que poussière‖ infecte et noire ordure,Et qu’ossements jaunis‖ aux décombres mêlés.
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abab abab ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a orgie / magie féminine, classiqueb beauté / volupté masculine, classiquea léthargie / d’énergie féminine, classiqueb gaîté / réalité masculine, classiquec lierre / irrégulière féminine, classiqued démantelés / mêlés masculine, classiquee verdure / ordure féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies Complètes, Tome Premier, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1889· numérisation Project Gutenberg· Sources