Poèmes parisiens, 1897· Vache enragée
Dèche
Où sont vos doux regards et vos blanches épaules,O folles que j’aimais au temps où j’étais fou ?Vous avez disparu, toutes, je ne sais où,Et mon cœur est peuplé de Lombes et de saules.
Le Spleen, fils de misère, a mis la corde au couDe mes vers qui chantaient autrefois, joyeux drôles,Des musiques d’amour sur de neuves paroles…Adieu, robes de soie ; adieu, velours… froufrou !
J’ai pris une maîtresse effrayamment sévère :Crampon ! tu mets de l’eau dans le vin de mon verre,Et mes sobres aïeux doivent être contents.
Je n’ose m’enquérir si le destin revêcheMe garde une maîtresse autre pour le printemps ;Mais celle que je bats aujourd’hui, c’est la dèche !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes parisiens, Paris, IMPRIMÉ POUR HENRI BERALDI, 1897· numérisation gallica.bnf.fr· Sources