Le Cœur Solitaire, 1895· VIII L’inquietude de dieu
LX. « Ce coeur, mon Dieu, qu’avec des pleurs de sang je t’offre »
Ce coeur, mon Dieu, qu’avec‖ des pleurs de sang je t’offreEt dont j’ai dans mes yeux‖ le sinistre reflet,Ce coeur qui pèse au fond‖ de ma poitrine, il estSourd, barbare et bardé‖ de lames, comme un coffre.
Occulte gouffre, au bas‖ de ses cercles d’enfer,La luxure se mord‖ les ailes et blasphème.Pitié ! Seigneur, pitié !‖ Je te l’offre quand même,Ce coeur, coffre de haine‖ et sépulcre de fer.
Attise pour dissoudre‖ à la flamme ses taresLa forge où tu refonds‖ le sceptre et les tiares :Il faut, car le métal‖ est adultère et dur,
Le rompre, le remettre‖ au feu, le battre encore.Ô ce coeur qui t’appelle‖ en vain et qui t’adore !Tout le sel de la mer‖ ne le rendrait pas pur.
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abba cddc eef ggf
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a t’offre / coffre féminine, classiqueb reflet / est masculine, classiquec d’enfer / fer masculine, classiqued blasphème / même féminine, classiquee tares / tiares féminine, classiquef dur / pur masculine, classiqueg encore / t’adore féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Cœur Solitaire, Paris, LES ÉDITIONS G. GRÈS ET Cie, 1922· numérisation poesies.net· Sources