Le Cœur Solitaire, 1895· VIII L’inquietude de dieu
LIX. « Jardinier, jardinier, que ta maison soit gaie »
Jardinier, jardinier,‖ que ta maison soit gaie,Ton rucher en rumeur‖ et ta chambre à fruits pleine,Et que le thym s’argente‖ au fil de ta fontaine !Si quelque mendiant‖ pleure contre ta haie,
Ouvre un coeur attentif‖ au pauvre homme et l’accueille ;Ses larmes béniront‖ ta bêche avant la tâche :Que ta vie, ô mon fils,‖ sous tes actes se cache,Odorante senteur‖ de rose entre les feuilles.
Sois simple. Prie à l’heure‖ où rentrent les colombes.Laisse la foi paisible‖ avec le soir qui tombeGrandir en toi comme un‖ pan d’ombre sur le sable ;
Et Dieu te fasse pur‖ et bon, Dieu veuille rendreL’âme qu’on voit au fond‖ de tes yeux clairs semblableAu caillou blanc qui luit‖ sous une eau transparente.
Versification
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Cœur Solitaire, Paris, LES ÉDITIONS G. GRÈS ET Cie, 1922· numérisation poesies.net· Sources