Le Cœur Solitaire, 1895· VI A ÉMile Krantz
LI. « Chansons, chansons, chansons, chansons »
Chansons, chansons, chansons, chansons ;Des larmes avec des baisers…Puis vient l’automne et nous passons :L’herbe des champs a bien passé.
J’ai pleuré comme font les autresPour l’amour de deux lèvres fraîches ;Je ne sais plus, peut-être était-ce,Ma douce amante, pour les vôtres.
J’ai pleuré des larmes sincèresEn considérant mes péchés ;Mais le vent du doute a séchéToutes ces humbles larmes claires.
Il est tard, trop tard. À quoi bonL’effort de l’homme sous les cieux ?La vertu, l’amour et les dieux ?Chansons, chansons, chansons, chansons.
Je veux mourir un soir de pluieDans une auberge solitaire,Sans avoir à mon agonieCeux qui m’ont aimé sur la terre ;
Et qu’on ne laisse auprès de moiQue mon fidèle vieux chagrin,Un rameau de sapin des boisEt des branches de romarin.
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 3(abab) 2(abba)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a chansons / passons masculine, classiqueb baisers / passé masculine, non classiquea sincères / claires féminine, classiqueb péchés / séché masculine, non classiquea bon / chansons masculine, non classiqueb cieux / dieux masculine, classiquea pluie / agonie féminine, classiqueb solitaire / terre féminine, classiquea moi / bois masculine, non classiqueb chagrin / romarin masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.7· écart moyen à la rime classique 2.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Cœur Solitaire, Paris, LES ÉDITIONS G. GRÈS ET Cie, 1922· numérisation poesies.net· Sources