Le Cœur Solitaire, 1895· V A la memoire de Samain
XLI. « Comme un roseau plaintif au bord de la rivière »
Comme un roseau plaintif‖ au bord de la rivière,Tu gémissais : « ô le‖ méchant seigneur Hamlet !Pourquoi m’a-t-il trahie‖ et se peut-il qu’il aitTué, lui qui m’aimait,‖ Polonius mon père ?
Adieu donc, tendres jours‖ de joie et de lumièreOù ma vieille nourrice‖ à mon côté filait. »Tu dis ; et ton beau corps‖ de roses et de laitRendit, en s’y plongeant‖ soudain, l’onde plus claire.
Les libellules, l’aile‖ humide, par essaims,Effleurèrent tes yeux,‖ clos, hélas ! Et tes seins,Parmi le flot dont les‖ remous chatoient et virent.
Ta couronne de fleurs‖ des champs se délia ;Et l’amour depuis lors‖ éprouve ceux qui virentDescendre au fil de l’eau‖ ta bouche, Ophélia.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a rivière / père féminine, classiqueb Hamlet / ait masculine, classiquea lumière / claire féminine, classiqueb filait / lait masculine, classiquec essaims / seins masculine, classiqued virent féminine, classiquee délia / Ophélia masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Cœur Solitaire, Paris, LES ÉDITIONS G. GRÈS ET Cie, 1922· numérisation poesies.net· Sources