Le Cœur Solitaire, 1895· IV Mélancolies a Viollis
XXX. « Encore un peu ta bouche en pleurs, encore un peu »
Encore un peu ta bouche‖ en pleurs, encore un peuTes mains contre mon coeur‖ et ta voix triste et basse ;Demeure ainsi longtemps,‖ délicieuse et lasse,Auprès de moi, ma pauvre‖ enfant, ce soir d’adieu.
Les formes du jardin‖ se fondent dans l’air bleu,Le vent propage‖ en l’étouffant‖ l’aveu qui passe ;L’heure semble éternelle‖ au couple qui s’enlace,Et l’ivresse de vivre‖ unit les chairs en feu :
Ah ! Qu’il nous faut souffrir,‖ ce soir, ma bien-aimée !Doigt par doigt, jeu pensif,‖ j’ouvre ta main fermée ;Nous n’osons pas songer‖ à l’approche du jour.
Tu sanglotes, ta calme‖ étreinte se dénoue ;Et sur la pauvre‖ humilité‖ de notre amourLe ciel, nocturne paon‖ étoilé, fait la roue.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
- Mots à la rime
- a peu / d’adieu masculine, classiqueb basse / lasse féminine, classiquea bleu / feu masculine, classiqueb passe / s’enlace féminine, classiquec bien-aimée / fermée féminine, classiqued jour / amour masculine, classiquee dénoue / roue féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Cœur Solitaire, Paris, LES ÉDITIONS G. GRÈS ET Cie, 1922· numérisation poesies.net· Sources