Le Cœur Solitaire, 1895· IV Mélancolies a Viollis
XXXI. « Ma douce enfant, ma pauvre enfant, sois forte et calme »
Ma douce enfant, ma pauvre‖ enfant, sois forte et calme.Pense à Dieu, pense à notre‖ amour éternel. LèveLes yeux, souris, et vois,‖ d’un battement si faibleMes cils mouillés répondre‖ à ton sourire pâle.
Dis-moi : je t’aime, encor :‖ je t’aime, et puis ne parlePlus ; les mots font mal à‖ ceux qui vont mourir. LaisseTa gorge se gonfler‖ sur mon coeur, à mes lèvresLaisse ta main qui tremble‖ en essuyant des larmes.
Tristement, âprement,‖ nos bouches s’enveloppentDans un dernier baiser‖ surhumain qui sanglote.Et maintenant, adieu,‖ tout est fini. Silence.
Une feuille en tombant‖ fait ombre sur la lune.Des pas. Un souffle d’air.‖ Et le calme nocturneEst si pur, si profond,‖ que nos âmes s’entendent.
Versification
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Cœur Solitaire, Paris, LES ÉDITIONS G. GRÈS ET Cie, 1922· numérisation poesies.net· Sources