Le Cœur Solitaire, 1895· III Fenêtres sur la vie
XIX. « Le soir léger, avec sa brume claire et bleue »
Le soir léger, avec‖ sa brume claire et bleue,Meurt comme un mot d’amour‖ aux lèvres de l’été,Comme l’humide et chaud‖ sourire heureux des veuvesQui rêvent dans leur chair‖ d’anciennes voluptés.La ville, pacifique‖ et lointaine, s’est tue.Dans le jardin pensif‖ où descend le reposFrissonne avec un frais‖ murmure un épi d’eauDont la tige se rompt‖ parfois au vent nocturneDes jupes font un bruit‖ de feuilles sur le sable.Des couples amoureux‖ se parlent à voix basse ;Les roses que leurs doigts‖ songeurs ont effeuilléesRépandent une odeur‖ enivrante de miel.Un pâle jour occupe‖ encor le bas du cielEt mêle, charme étrange‖ et confidentiel,De la lumière en fuite‖ à de l’ombre étoilée.
Que me font les soleils‖ à venir, que me fontL’amour et l’or et la‖ jeunesse et le génie ! …Laissez-moi m’endormir‖ d’un doux sommeil, d’un longSommeil, avec des mains‖ de femme sur mon front :Ah ! Fermez la fenêtre‖ ouverte sur la vie !
Versification
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Cœur Solitaire, Paris, LES ÉDITIONS G. GRÈS ET Cie, 1922· numérisation poesies.net· Sources