Le Cœur Solitaire, 1895· IV Mélancolies a Viollis
XXXIV. « Que la nuit m’enveloppe et dorlote ma peine »
Que la nuit m’enveloppe‖ et dorlote ma peineDe toute sa bonté,‖ de toute sa douceur ;Que les flocons légers‖ de la neige à mon coeurS’enroulent comme au noir‖ rouet la blanche laine.
La chambre est une tendre‖ aïeule qui me berceDes chansons qui berçaient‖ mon enfance première,Et ces chansons font battre‖ et mouillent mes paupière,Avec l’anxiété‖ des feuilles sous l’averse.
C’est déjà le sommeil‖ où soupirent les choses,Une agonie‖ indéfinie‖ et le silenceEt l’ombre où l’on entend‖ tinter d’un timbre étrangeL’horloge au cadran jaune‖ enguirlandé de roses.
Nue et câline, sous‖ son voile de dentelles,L’heure aux doigts sourds, au pas‖ flexible, ah ! Vienne-t-elle,Qui fait mourir les feux‖ au fond des chambres lasses,Qui fait mourir l’amour‖ dans la cendre des âmes.
Versification
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Cœur Solitaire, Paris, LES ÉDITIONS G. GRÈS ET Cie, 1922· numérisation poesies.net· Sources