Au clair de la dune, 1909
XI. Haut de forme
Les nuages là-haut rentrent leurs blancs moutons…Sous le ciel bleu la mer se pare de turquoises,Car c’est l’heure du bain, et les vagues, narquoises,Savonnent de leur mousse, ô baigneurs, vos mentons.
La plage, où la coquille, en rose chapelureS’émiette, étend au loin sa nappe de blondeurs ;Aux baisers du soleil, sans craindre sa brûlure,La dune nue étale en riant ses rondeurs.
Tout à coup, devant moi, sur l’immense verrièreSe profile un objet très laid, lourd, bête et noir :Tube, fourneau, tromblon, cheminée, éteignoir ?
Ou bien est-ce un basset planté sur son derrière ?…C’était, sur le caillou d’un type aux traits replets,Le hideux chapeau buse avec tous ses reflets !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Au clair de la dune, Bruxelles, OSCAR LAMBERTY, ÉDITEUR, 1909· numérisation gutenberg.org· Sources