Au clair de la dune, 1909
XXVIII. Manteau rouge
J’aime en la plage blonde et vierge où se devineTa pantoufle de Cendrillon,Voir ton manteau qui semble, à la brise marine,L’aile en feu d’un grand papillon.
Lorsque de loin, rêvant, je te contemple au faîteDe la dune au folâtre écho,Je crois voir éclater dans l’air bleu, l’œil en fête,Quelque idéal coquelicot.
Par les sables nacrés, quand le matin les dore,Et que ton manteau rouge y flotte, je crois voirL’éveil empourpré de l’aurore.
Mais au long de la mer si tu passes, le soir,Fière, étrange, et drapée en l’ardente oriflamme,C’est l’Astre au couchant dans sa flamme.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Au clair de la dune, Bruxelles, OSCAR LAMBERTY, ÉDITEUR, 1909· numérisation gutenberg.org· Sources