Au pays de Manneken-pis, 1883
Cochers
DANS son carrick à cinq volants,Sur le siège en butte aux averses,Le cocher aux mines perversesEntr’ouvre ses yeux somnolents.
Durant tout le jour il dormasse :Dieu sait ses rêves de grandeurs !Il palpe des trésors en masse,Il soumet les peuples frondeurs !…
Le bourgeois timoré s’éloigne…Son fouet forme un sceptre en sa poigne,Le chapeau de cuir, sur son front,Une couronne sans affront.
Mais vers le soir il se réveille !Le fouet bravement fait clic, clac !Son chapeau penche, il émerveilleLes amoureux qui vont au lac.
Sa vigilante hospitalièreLeur offre des capitonnés…Au pas ! — Cocher, remets ton nezDans ta marotte familière.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Au pays de Manneken-pis, Bruxelles, Henry KISTEMAECKERS,éditeur, 1883· numérisation books.google.com· Sources