Au pays de Manneken-pis, 1883
Église Sainte Gudule
J’AIME Sainte-Gudule à l’heure où ses verrièresDans la nuit qui descend luisent comme un fanal ;Le murmurant écho des dolentes prièresSe mêle au chuchotis du confessionnal.
Un reste d’encens monte en mourantes spiralesAux nefs où l’orgue éteint son tonnerre bénitLa cire en vain combat les ombres sépulcralesDes piliers ou parfois l’amour pose son nid…
Et j’aime, quand la lune argente ces ténèbres,Voir des vieilles, le front sur les marbres funèbres,Incruster dans tes chairs leurs ongles de hiboux,
O Christ ! mais à tes pieds plus blêmes que les cierges,Si je vois les baisers et les larmes des vierges,Je suis jaloux de toi, beau Juif aux cheveux roux !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Au pays de Manneken-pis, Bruxelles, Henry KISTEMAECKERS,éditeur, 1883· numérisation books.google.com· Sources