Au pays de Manneken-pis, 1883
Manneken-Pis
LA fillette en cheveux par moi longtemps suivieVint s’arrêter tout près de l’impudent gamin,Ce cher bronze qui n’a de libre qu’une main…Elle admirait son geste et paraissait ravie.
Ce qu’elle attendait là n’était point l’omnibus !Pucelle : une de ces exsangues fleurs du viceSe dressant pour les cours naïfs comme un rébus.« Viens ! » lui dis-je, prenant sa taille de novice,
« Viens, je veux te mener par les cafés-concerts» Ou, tout en écoutant rossignoler des airs,A longs traits, nous boirons le lambic des dimanches. »
L’enfant entrelaça les deux mains dans ses manchesEt, rêveuse, levant ses longs yeux de lapis,Sans répondre, écouta pleurer Manneken-Pis.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Au pays de Manneken-pis, Bruxelles, Henry KISTEMAECKERS,éditeur, 1883· numérisation books.google.com· Sources