Rimes de joie, 1881
Triolets de Mai
AU fond des parcs les marronniersOnt allumé leurs girandoles ;Tremblant aux souffles printaniersAu fond des parcs les marronniersCachent les amours printaniersNouant de tendres farandoles.Au fond des parcs les marronniersOnt allumé leurs girandoles.
Viens dans la forêt qui murmureRajeunir les baisers anciens.Aux taillis noirs fleurit la mûre,Viens dans la forêt qui murmure,Sous la complaisante ramure,Près des oiseaux musiciens…Viens dans la forêt qui murmureRajeunir les baisers anciens.
Faisons, nous roulant dans les herbes,Rougir les cerisiers en fleurs !Le soleil luit aux prés superbes,Faisons, nous roulant dans les herbes,De clairs bouquets à pleines gerbesPour tes seins, ces jolis parleurs.Faisons, nous roulant dans les herbes,Rougir les cerisiers en fleurs !
Allons, ô ma folle compagne,Mettre nos tendresses au vert.Par la capiteuse campagne,Allons, ô ma folle compagne :Le printemps, mieux que le champagneGrisera notre cœur r’ouvert.Allons, ô ma folle compagne,Mettre nos tendresses au vert !
32 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Rimes de joie, Bruxelles, Gay et Doucé, éditeurs, 1881· numérisation wikisource.org· Sources