L’art d’être grand-père, 1877· XVII Jeanne endormie
IV. « L'oiseau chante ; je suis au fond des rêveries »
L'oiseau chante ; je suis‖ au fond des rêveries.
Rose, elle est là qui dort‖ sous les branches fleuries,Dans son berceau tremblant‖ comme un nid d'alcyon,Douce, les yeux fermés,‖ sans faire attentionAu glissement de l'ombre‖ et du soleil sur elle.Elle est toute petite,‖ elle est surnaturelle.Ô suprême beauté‖ de l'enfant innocent !Moi je pense, elle rêve ;‖ et sur son front descendUn entrelacement‖ de visions sereines ;Des femmes de l'azur‖ qu'on prendrait pour des reines,Des anges, des lions‖ ayant des airs benins,De pauvres bons géants‖ protégés par des nains,Des triomphes de fleurs‖ dans les bois, des trophéesD'arbres célestes, pleins‖ de la lueur des fées,Un nuage où l'éden‖ apparaît à demi,Voilà ce qui s'abat‖ sur l'enfant endormi.Le berceau des enfants‖ est le palais des songes ;Dieu se met à leur faire‖ un tas de doux mensonges ;De là leur frais sourire‖ et leur profonde paix.Plus d'un dira plus tard :‖ Bon Dieu, tu me trompais.
Mais le bon Dieu répond‖ dans la profondeur sombre :— Non. Ton rêve est le ciel.‖ Je t'en ai donné l'ombre.Mais ce ciel, tu l'auras.‖ Attends l'autre berceau ;La tombe. —Ainsi je songe. Ô printemps ! Chante, oiseau !
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 12((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a rêveries / fleuries féminine, classiqueb d'alcyon / attention masculine, classiquec elle / surnaturelle féminine, classiqued innocent / descend masculine, classiquee sereines / reines féminine, classiquef benins / nains masculine, classiqueg trophées / fées féminine, classiqueh demi / endormi masculine, classiquei songes / mensonges féminine, classiquej paix / trompais masculine, classiquea sombre / l'ombre féminine, classiqueb berceau / tombe / oiseau masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
25 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvre complète, Paris, collection Bouquins ‒ Robert Laffont, 1985· numérisation abu.cnam.fr· Sources