La légende des siècles, 1877· V Après les dieux, les rois· I De Messa à Attila
La Chanson de Sophocle à Salamine
Me voilà, je suis un éphèbe,Mes seize ans sont d'azur baignés ;Guerre, déesse de l'Érèbe,Sombre guerre aux cris indignés,
Je viens à toi, la nuit est noire !Puisque Xercès est le plus fort,Prends-moi pour la lutte et la gloireEt pour la tombe ; mais d'abord
Toi dont le glaive est le ministre,Toi que l'éclair suit dans les cieux,Choisis-moi de ta main sinistreUne belle fille aux doux yeux,
Qui ne sache pas autre choseQue rire d'un rire ingénu,Qui soit divine, ayant la roseAux deux pointes de son sein nu,
Et ne soit pas plus importuneA l'homme plein du noir destinQue ne l'est au profond NeptuneLa vive étoile du matin.
Donne-la-moi, que je la presseVite sur mon cœur enflammé ;Je veux bien mourir, ô déesse,Mais pas avant d'avoir aimé.
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a éphèbe / l'Érèbe féminine, classiqueb baignés / indignés masculine, classiquea noire / gloire féminine, classiqueb fort / d'abord masculine, classiquea ministre / sinistre féminine, classiqueb cieux / yeux masculine, classiquea chose / rose féminine, classiqueb ingénu / nu masculine, classiquea importune / Neptune féminine, classiqueb destin / matin masculine, classiquea presse / déesse féminine, classiqueb enflammé / aimé masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La légende des siècles, Calmann Lévy, 1877· numérisation Enclitt Encyclopédie de la littérature française (Rue des Écoles)· Sources