La légende des siècles, 1877· III Entre géants et dieux
Le Titan
I Sur l’olympe
Une montagne emplit‖ tout l'horizon des hommes ;L'Olympe. Pas de ciel.‖ Telle est l'ombre où nous sommes.L'orgueil, la volupté‖ féroce aux chants lascifs,La guerre secouant‖ des éclairs convulsifs,La splendide Vénus,‖ nue, effrayante, obscure,Le meurtre appelé Mars,‖ le vol nommé Mercure,L'inceste souriant,‖ ivre, au sinistre hymen,Le parricide ayant‖ le tonnerre à la main,Pluton livide avec‖ l'enfer pour auréole,L'immense fou Neptune‖ en proie au vague Éole,L'orageux Jupiter,‖ Diane à l'œil peu sûr,Des fronts de météore‖ entrevus dans l'azur,Habitent ce sommet ;‖ et tout ce que l'augure,Le flamine, imagine,‖ invente, se figure,Et vénère à Corinthe,‖ à Syène, à Paphos,Tout le vrai des autels‖ qui dans la tombe est faux,L'oppression, la soif‖ du sang, l'âpre carnage,L'impudeur qui survit‖ à la guerre et surnage,L'extermination‖ des enfants de Japhet,Toute la quantité‖ de crime et de forfaitQue de noms révérés‖ la religion nomme,Et que peut dans la nuit‖ d'un temple adorer l'homme,Sur ce faîte fatal‖ que l'aube éclaire en vain,Rayonne, et tout le mal‖ possible est là, divin.
Jadis la terre était‖ heureuse, elle était libre.Et, donnant l'équité‖ pour base à l'équilibre,Elle avait ses grands fils,‖ les géants ; ses petits,Les hommes ; et tremblants,‖ cachés, honteux, blottisDans les antres, n'osant‖ nuire à la créature,Les fléaux avaient peur‖ de la sainte nature ;L'étang était sans peste‖ et la mer sans autans ;Tout était beauté, fête,‖ amour, blancheur, printemps ;L'églogue souriait‖ dans la forêt,— les tombesS'entr'ouvraient pour laisser‖ s'envoler des colombes ;L'arbre était sous le vent‖ comme un luth sous l'archet ;L'ourse allaitait l'agneau‖ que le lion léchait ;L'homme avait tous les biens‖ que la candeur procure ;On ne connaissait pas‖ Plutus, ni ce MercureQui plus tard fit Sidon‖ et Tharsis, et sculptaLe caducée aux murs‖ impurs de Sarepta ;On ignorait ces mots,‖ corrompre, acheter, vendre.On donnait. Jours sacrés !‖ jours de Rhée et d'Évandre !L'homme était fleur ; l'aurore‖ était sur les berceaux.Hélas ! au lait coulant‖ dans les champs par ruisseauxA succédé le vin‖ d'où sortent les orgies ;Les hommes maintenant‖ ont des tables rougies ;Le lait les faisait bons‖ et le vin les rend fous :Atrée est ivre auprès‖ de Thyeste en courroux ;Les Centaures, prenant‖ les femmes sur leurs croupes,Frappent l'homme, et l'horreur‖ tragique est dans les coupes.O beaux jours passés ! terre‖ amante, ciel époux !Oh ! que le tremblement‖ des branches était doux !Les cyclopes jouaient‖ de la flûte dans l'ombre.
La terre est aujourd'hui‖ comme un radeau qui sombre.Les dieux, ces parvenus,‖ règnent, et, seuls debout,Composent leur grandeur‖ de la chute de tout.Leur banquet resplendit‖ sur la terre et l'affame,Ils dévorent l'amour,‖ l'âme, la chair, la femme,Le bien, le mal, le faux,‖ le vrai, l'immensité.Ils sont hideux au fond‖ de la sérénité.Quels festins ! Comme ils sont‖ contents ! Comme ils s'entourentDe vertiges, de feux,‖ d'ombre ! Comme ils savourentLa gloire d'être grands,‖ d'être dieux, d'être seuls !Comme ils raillent les vieux‖ géants dans leurs linceuls !Toutes les vérités‖ premières sont tuées.Les heures, qui ne sont‖ que des prostituées,Viennent chanter chez eux,‖ montrant de vils appas,Leur offrant l'avenir‖ sacré, qu'elles n'ont pas.Hébé leur verse à boire‖ et leur soif dit : encore !Trois danseuses, Thalie,‖ Aglaé, Terpsichore,Sont là, belles, croisant‖ leurs pas mélodieux.Qu'il est doux d'avoir fait‖ le mai qui vous fait dieux !Vaincre ! être situés‖ aux lieux inabordables !Torturer et jouir !‖ Ils vivent formidablesDans l'éblouissement‖ des Grâces aux seins nus.Ils sont les radieux,‖ ils sont les inconnus.Ils ont détruit Craos,‖ Nephtis, Antée, Otase ;Être horribles et beaux,‖ c'est une double extase ;Comme ils sont adorés !‖ Comme ils sont odieux !Ils perdent la raison‖ à force d'être dieux ;Car la férocité,‖ c'est la vraie allégresse,Et Bacchus fait traîner‖ par des tigres l'ivresse.Ils inspirent Dodone,‖ Éléphantine, Endor.Chacun d'eux à la main‖ tient une coupe d'orPure à mouler dessus‖ un sein de jeune fille.Sur son trépied en Crète,‖ à Cumes sous sa grille,La sibylle leur livre‖ à travers ses barreauxLe secret de la foudre‖ en ses vers fulguraux,Car cette louve sait‖ le fatal fond des choses ;Toute la terre tremble‖ à leurs métamorphoses ;La forêt, où le jour‖ pâle pénètre peu,Quand elle voit un monstre‖ a peur de voir un dieu.Quelle joie ils se font‖ avec l'univers triste !Comme ils sont convaincus‖ que rien hors d'eux n'existe !Comme ils se sentent forts,‖ immortels, éternels !Quelle tranquillité‖ d'être les criminels,Les tyrans, les bourreaux,‖ les dogmes, les idoles !D'emplir d'ombre et d'horreur‖ les pythonisses folles,Les ménades d'amour,‖ les sages de stupeur !D'avoir partout pour soi‖ l'autel noir de la peur !D'avoir l'antre, l'écho,‖ le lieu visionnaire,Tous les fracas depuis‖ l'Etna jusqu'au tonnerre,Toutes les tours depuis‖ Pharos jusqu'à Babel !D'être, sous tous les noms‖ possibles, Dagon, Bel,Jovis, Horus, Moloch‖ et Teutatès, les maîtres !D'avoir à soi la nuit,‖ le vent, les bois, les prêtres !De posséder le monde‖ entier, Ephèse et Tyr,Thulé, Thèbe, et les flots‖ dont on ne peut sortir,Et d'avoir, au-delà‖ des colonnes d'Hercule,Toute l'obscurité‖ qui menace et reculeQuelle toute-puissance !‖ effarer le lion,Dompter l'aigle, poser‖ Ossa sur Pélion,Avoir, du cap d'Asie‖ aux pics Acrocéraunes,Toute la mer pour peuple‖ et tous les monts pour trônes,Avoir le sable et l'onde,‖ et l'herbe et le granit,Et la brume ignorée‖ où le monde finit !En bas, le tremblement‖ des flèches dans les cibles,Le passage orageux‖ des meutes invisibles,Le roulement des chars,‖ le pas des légions,Le bruit lugubre fait‖ par les religions,D'étranges voix sortant‖ d'une sombre ouverture,L'obscur rugissement‖ de l'immense nature,Réalisent, au pied‖ de l'Olympe inclément,On ne sait quel sinistre‖ anéantissement ;Et la terre, où la vie‖ indistincte végète,Sous ce groupe idéal‖ et monstrueux qui jetteLes fléaux, à la fois‖ moissonneur et semeur,N'est rien qu'une nuée‖ où flotte une rumeur.Par moments le nuage‖ autour du mont s'entr'ouvre ;Alors on aperçoit‖ sur ces êtres, que couvreUn divin flamboiement‖ brusquement éclairci,Des rejaillissements‖ de rayons, comme siL'on avait écrasé‖ sur eux de la lumière ;Puis le hautain sommet‖ rentre en son ombre altièreEt l'on ne voit plus rien‖ que les sanglants autels ;Seulement on entend‖ rire les immortels.
Et les hommes ? Que font‖ les hommes ? Ils frissonnent.Les clairons dans les camps‖ et dans les temples sonnent,L'encens et les bûchers‖ fument, et le destinDu fond de l'ombre immense‖ écrase tout, lointain ;Et les blêmes vivants‖ passent, larves, pygmées ;Ils regardent l'Olympe‖ à travers les fumées,Et se taisent, sachant‖ que le sort est sur eux,D'autant plus ébloui,‖ qu'ils sont plus ténébreux ;Leur seule volonté‖ c'est de ne pas comprendre ;Ils acceptent tout, vie‖ et tombeau, flamme et cendre,Tout ce que font les rois,‖ tout ce que les dieux font,Tant le frémissement‖ des âmes est profond !
II Sous l’olympe
Cependant un des fils‖ de la terre farouche,Un titan, l'ombre au front‖ et l'écume à la bouche,Phtos le géant, l'aîné‖ des colosses vaincus,Tandis qu'en haut les dieux,‖ enivrés par Bacchus,Mêlent leur joie autour‖ de la royale table,Rêve sous l'épaisseur‖ du mont épouvantable.Les maîtres, sous l'Olympe,‖ ont, dans un souterrainJeté Phtos, l'ont lié‖ d'une corde d'airain,Puis ils l'ont laissé là,‖ car la victoire heureuseOublie et chante ; et Phtos‖ médite ; il sonde, il creuse,Il fouille le passé,‖ l'avenir, le néant.Oh ! quand on est vaincu,‖ c'est dur d'être géant !Un nain n'a pas la honte,‖ ayant la petitesse.Seuls, les cœurs de titans‖ ont la grande tristesse ;Le volcan morne sent‖ qu'il s'éteint par degrés,Et la défaite est lourde‖ aux fronts démesurés.Ce vaincu saigne et songe, étonné.Quelle chute !Les dieux ont commencé‖ la tragique dispute,Et la terre est leur proie.‖ O deuil ! Il mord son poing.Comment respire-t-il ?‖ Il ne respire point.Son corps vaste est blessé‖ partout comme une cible.Le câble que Vulcain‖ fit en bronze flexibleLe serre, et son cou râle,‖ étreint d'un nœud d'airain.Phtos médite, et ce grand‖ furieux est serein ;Il méprise, indigné,‖ les fers, les clous, les gênes.
III Ce que les géants sont devenus
Il songe au fier passé‖ des puissants terrigènes,Maintenant dispersés‖ dans vingt charniers divers,Vastes membres d'un monstre‖ auguste, l'univers ;Toute la terre était‖ dans ces hommes énormes ;A cette heure, mêlés‖ aux montagnes sans formes,Ils gisent, accablés‖ par le destin hideux,Plus morts que le sarment‖ qu'un pâtre casse en deux.Où sont-ils ? sous des rocs‖ abjects, cariatidesDes Ténares ardents,‖ des Cocytes fétides ;Encelade a sur lui‖ l'infâme Etna fumant ;C'est son bagne et l'on voit‖ de l'âpre entassementSortir son pied qui semble‖ un morceau de montagne ;Thor est sous l'écueil noir‖ qui sera la Bretagne,Sur Anax, le géant‖ de Tyrinthe, ArachnéFile sa toile, tant‖ il est bien enchaîné ;Pluton, après avoir‖ mis Kothos dans l'Érèbe,A cloué ses cent mains‖ aux cent portes de Thèbe ;Mopse est évanoui‖ sous l'Athos, c'est HermèsQui l'enferme ; on ne peut‖ espérer que jamaisDans ces caves du monde‖ aucun souffle ranimeRhœtus, Porphyrion,‖ Mégatlas, Évonyme ;Couché tout de son long‖ sous le haut mont Liban,Titlis souffre, et, saisi‖ par Notus, vil forban,Scrops flotte sous Délos,‖ l'île errante et funeste ;Dronte est muré sous Delphe‖ et Mimas sous Prœneste ;Cœbès, Géreste, Andès,‖ Béor, Cédalion,Jax, qui dormait le jour‖ ainsi que le lion,Tous ces êtres plus grands‖ que des monts, sont esclaves,Les uns sous des glaciers,‖ les autres sous des laves,Dans on ne sait quel lâche‖ enfer fastidieux ;Et Prométhée ! Hélas !‖ quels bandits que ces dieux !Personne au fond ne sait‖ le crime de Tantale ;Pour avoir entrevu‖ la baigneuse fatale,Actéon fuit dans l'ombre ;‖ et qu'a fait Adonis ?Que de héros brisés !‖ Que d'innocents punis !Phtos repasse en son cœur‖ l'affreux sort de ses frères ;Star dans Lesbos subit‖ l'affront des stercoraires ;Cerbère garde Ephlops,‖ par mille éclairs frappé,Sur qui rampe en enfer‖ la chenille Campé ;C'est sur Mégarios‖ que le mont Ida pèse ;Darse endure le choc‖ des flots que rien n'apaise ;Rham est si bien captif‖ du Styx fuligineuxQu'il n'en a pas encor‖ pu desserrer les nœuds ;Atlas porte le monde,‖ et l'on entend le pôleCraquer quand le géant‖ lassé change d'épaule ;Lié sous le volcan‖ Liparis, noir récif,Typhée est au milieu‖ de la flamme pensif.Tous ces titans, Stellos,‖ Talémon, Ecmonide,Gès dont l'œil bleu faisait‖ reculer l'euménide,Ont succombé, percés‖ des flèches de l'éther,Sous le guet-apens brusque‖ et vil de Jupiter.Les géants qui gardaient‖ l'âge d'or, dont la tailleRassurait la nature,‖ ont perdu la bataille,Et les colosses sont‖ remplacés par les dieux.La terre n'a plus d'âme,‖ et le ciel n'a plus d'yeux ;Tout est mort. Seuls, ces rois‖ épouvantables vivent.Les stupides saisons‖ comme des chiens les suivent,L'ordre éternel les semble‖ approuver en marchant ;Dans l'Olympe, où le cri‖ du monde arrive chant,Où l'étourdissement‖ conseille l'inclémence,On rit. Tant de victoire‖ a droit à la démence.Et ces dieux ont raison.‖ Phtos écume. — Oui, dit-il,Ils ont raison. Eau, flamme,‖ éléments, air subtil,Vous ne vous êtes pas‖ défendus. Votre orageN'a pas eu dans la lutte‖ affreuse assez de rage ;Vous vous êtes laissé‖ museler lâchement.Le mal triomphe ! — Et Phtos‖ frémit. Écroulement !Tous les géants sont pris‖ et garrottés. Que faire ?Il songe.
IV L’effort
Quoi ! l’eau court, le cheval se déferre,L'humble oiseau brise l'œuf‖ à coups de bec, le ventPrend la fuite, malgré‖ l'éclair le poursuivant,Le loup s'en va, bravant‖ le pâtre et le molosse,Le rat ronge sa cage ;‖ et lui, titan, colosse,Lui dont le cœur a plus‖ de lave qu'un volcan,Lui Phtos, il resterait‖ dans cette ombre, au carcanO fureur ! Non. Il tord‖ ses os, tend ses vertèbres,Se débat. Lequel est‖ le plus dur, ô ténèbres !De la chair d'un titan‖ ou de l'airain des dieux ?Tout à coup, sous l’effort… — ô matin radieux,Quand tu remplis d'aurore‖ et d'amour le grand chêne,Ton chant n'est pas plus doux‖ que le bruit d'une chaîneQui se casse et qui met‖ une âme en liberté ! —Le carcan s'est fendu,‖ les nœuds ont éclaté !Le roc sent remuer‖ l'être extraordinaire ;Ah ! dit Phtos, et sa joie‖ est semblable au tonnerre ;Le voilà libre !Non, la montagne est sur lui.Les fers sont les anneaux‖ de ce serpent, l'ennui,Ils sont rompus ; mais quoi !‖ tout ce granit l'arrête ;Que faire avec ce mont‖ difforme sur sa tête ?Qu'importe une montagne‖ à qui brisa ses fers !Certe, il fuira. Dût-il‖ déranger les enfers,Certe, il s'évadera‖ dans la profondeur sombre !Qu'importe le possible,‖ et les chaos sans nombre,Le précipice en bas,‖ l'escarpement en haut ?Fauve, il dépave avec‖ ses ongles son cachot.Il arrache une pierre,‖ une autre, une autre encore ;Oh ! quelle étrange nuit‖ sous l'univers sonore !Un trou s'offre lugubre,‖ il y plonge, et, rampantDans un vide où l'effroi‖ du tombeau se répand,Il voit sous lui de l’ombre et de l’horreur. Il entre.Il est dans on ne sait‖ quel intérieur d'antre ;Il avance, il serpente,‖ il fend les blocs mal joints ;Il disloque la roche‖ entre ses vastes poings ;Les enchevêtrements‖ de racines vivaces,Les fuites d'eau mouillant‖ de livides crevasses,Il franchit tout ; des reins,‖ des coudes, des talons,Il pousse devant lui‖ l'abîme et dit : Allons !Et le voilà perdu‖ sous des amas funèbres,Remuant les granits,‖ les miasmes, les ténèbres,Et tout le noir dessous‖ de l'Olympe éclatant.Par moments il s'arrête,‖ il écoute, il entendSur sa tête les dieux‖ rire, et pleurer la terre.Bruit tragique.A plat ventre, ainsi que la panthère,Il s'aventure ; il voit‖ ce qui n'a pas de nom.Il n'est plus prisonnier ;‖ s'est-il échappé ? Non.Où fuir, puisqu'ils ont tout ?‖ Rage ! ô pensée amère !Il rentre au flanc sacré‖ de la terre sa mère.Stagnation. Noirceur.‖ Tombe. Blocs étouffants.Et dire que les dieux‖ sont là-haut triomphants !Et que la terre est tout,‖ et qu'ils ont pris la terre !L'ombre même lui semble‖ hostile et réfractaire.Mourir, il ne le peut ;‖ mais renaître, qui sait ?Il va. L'obscurité‖ sans fond, qu'est-ce que c'est ?Il fouille le néant,‖ et le néant résiste.Parfois un flamboiement,‖ plus noir que la nuit triste,Derrière une cloison‖ de fournaise apparaît.Le titan continue.‖ Il se tient en arrêt,Guette, sape, reprend,‖ creuse, invente sa route,Et fuit, sans que le mont‖ qu'il a sur lui s'en doute,Les olympes n'ayant‖ conscience de rien.
V Le dedans de la terre
Pas un rayon de jour ;‖ nul souffle aérien ;Des fentes dans la nuit,‖ il rampe. Après des cavesOù gronde un gonflement‖ de soufres et de laves,Il traverse des eaux‖ hideuses ; mais que fontL'onde et la flamme et l'ombre‖ à qui cherche le fond,Le dénoûment, la fin,‖ la liberté, l'issue ?Son crâne est son levier,‖ sa main est sa massue ;Plongeur de l'ignoré,‖ crispant ses bras noueux,Il écarte des tas‖ d'obstacles monstrueux,Il perce du chaos‖ les pâles casemates ;Il est couvert de sang,‖ de fange, de stigmates ;Comme, ainsi formidable,‖ il plairait à Vénus !La pierre âpre et cruelle‖ écorche ses flancs nusEt sur son corps, criblé‖ par l'éclair sanguinaire,Rouvre la cicatrice‖ énorme du tonnerre.
Glissement colossal‖ sous l'amoncellementDe la nuit, du granit‖ affreux, de l'élément !L'eau le glace, le feu‖ le mord, l'ombre l'accable ;Mais l'évasion fière,‖ indignée, implacable,L'entraîne ; et que peut-il‖ craindre, étant foudroyé ?Il va. Râlant, grinçant,‖ luttant, saignant, ployé,Il se fraie un chemin‖ tortueux, tourne, tombe,S'enfonce, et l'on dirait‖ un ver trouant la tombe ;Il tend l'oreille au bruit‖ qui va s'affaiblissant,S'enivre de la chute‖ et du gouffre, et descend.Il entend rire, tant‖ la voix des dieux est forte.Il troue, il perce, il fuit…‖ — Le puits que, de la sorte,Il creuse est effroyable‖ et sombre — et maintenantCe n'est plus seulement‖ l'Olympe rayonnantQue ce fuyard terrible‖ a sur lui, c'est la terre.Tout à coup le bruit cesse.Et tout ce qu’il faut taire,Il l'aperçoit. La fin‖ de l'être et de l'espoir,L'inhospitalité‖ sinistre du fond noir,Le cloaque où plus tard‖ crouleront les Sodomes,Le dessous ténébreux‖ des pas de tous les hommes,Le silence gardant‖ le secret. Arrêtez !Plus loin n'existe pas.‖ L'ombre de tous côtés !Ce gouffre est devant lui.‖ L'abject, le froid, l'horrible,L'évanouissement‖ misérable et terrible,L'espèce de brouillard‖ que ferait le Léthé,Cette chose sans nom,‖ l'univers avorté,Un vide monstrueux‖ où de l'effroi surnage,L'impossibilité‖ de tourner une page,Le suprême feuillet‖ faisant le dernier pli !C'est cela qu'on verrait‖ si l'on voyait l'oubli.Plus bas que les effets‖ et plus bas que les causes,La clôture à laquelle‖ aboutissent les choses,Il la touche, et dans l'ombre,‖ inutile éclaireur,Il est à l'endroit morne‖ où Tout n'est plus. Terreur.C'est fini. Le titan‖ regarde l'invisible.
Se rendre sans avoir‖ épuisé le possible,Les colosses n'ont point‖ cette coutume-là ;Les géants qu'un amas‖ d'infortune accablaLuttent encore ; ils ont‖ un fier reste de rage ;La résistance étant‖ ressemblante à l'outragePlaît aux puissants vaincus ;‖ l'aigle mord ses barreaux.Faire au sort violence‖ est l'humeur des héros.Et ce désespoir-là‖ seul est grand et sublimeQui donne un dernier coup‖ de talon à l'abîme.Phtos, comme s'il voulait,‖ de ses deux bras ouverts,Arracher le dernier‖ morceau de l'univers,Se baisse, étreint un bloc et l’écarte…
VI La découverte du titan
O vertige !O gouffres ! l'effrayant‖ soupirail d'un prodigeApparaît ; l'aube fait‖ irruption ; le jour,Là, dehors, un rayon‖ d'allégresse et d'amour,Formidable, aussi pur‖ que l'aurore première,Entre dans l'ombre, et Phtos,‖ devant cette lumière,Brusque aveu d'on ne sait‖ quel profond firmament,Recule, épouvanté‖ par l'éblouissement.
Le soupirail est large,‖ et la brèche est béante.Phtos y passe son bras,‖ puis sa tête géante ;Il regarde.Il croyait, quand sur lui tout croula,Voir l'abîme ; eh bien non !‖ l'abîme, le voilà.Phtos est à la fenêtre‖ immense du mystère.Il voit l'autre côté‖ monstrueux de la terre,L'inconnu, ce qu'aucun‖ regard ne vit jamais ;Des profondeurs qui sont‖ en même temps sommets,Un tas d'astres derrière‖ un gouffre d'empyrées,Un océan roulant‖ aux plis de ses maréesDes flux et des reflux‖ de constellations ;Il voit les vérités‖ qui sont les visions ;Des flots d'azur, des flots‖ de nuit, des flots d'aurore,Quelque chose qui semble‖ une croix météore,Des étoiles après‖ des étoiles, des feuxAprès des feux, des cieux,‖ des cieux, des cieux, des cieux !Le géant croyait tout‖ fini ; tout recommence !Ce qu'aucune sagesse‖ et pas une démence,Pas un être sauvé,‖ pas un être puniNe rêverait, l'abîme‖ absolu, l'infini,Il le voit. C'est vivant,‖ et son œil y pénètre.
Cela ne peut mourir‖ et cela n'a pu naître,Cela ne peut s'accroître‖ ou décroître en clarté,Toute cette lumière‖ étant l'éternité.Phtos a le tremblement‖ effrayant qui devine.Plus d'astres qu'il n'éclôt‖ de fleurs dans la ravine,Plus de soleils qu'il n'est‖ de fourmis, plus de cieuxEt de mondes à voir‖ que les hommes n'ont d'yeux !Ces blancheurs sont des lacs‖ de rayons ; ces nuéesSont des créations‖ sans fin continuées.Là plus de rives, plus‖ de bords, plus d'horizons.Dans l'étendue, où rien‖ ne marque les saisons,Où luisent les azurs,‖ où les chaos sanglotent,Des millions d'enfers‖ et de paradis flottent,Éclairant de leurs feux,‖ lugubres ou charmants,D'autres humanités‖ sous d'autres firmaments.Où cela cesse-t-il ?‖ Cela n'a pas de terme.Quel Styx étreint ce ciel ?‖ Aucun. Quel mur l'enferme ?Aucun. Globes, soleils,‖ lunes, sphères. Forêt.L'impossible à travers‖ l'évident transparaît.C'est le point fait soleil,‖ c'est l'astre fait atome ;Tant de réalité‖ que tout devient fantôme ;Tout un univers spectre‖ apparu brusquement.Un globe est une bulle ;‖ un siècle est un moment ;Mondes sur mondes ; l'un‖ par l'autre ils se limitent.Des sphères restent là,‖ fixes ; d'autres imitentL'évanouissement‖ des passants inconnus,Et s'en vont. Portant tout‖ et par rien soutenus,Des foules d'univers‖ s'entre-croisent sans nombre ;Point de Calpé pour l'aube‖ et d'Abyla pour l'ombre ;Des astres errants vont,‖ viennent, portent secours ;Ténèbres, clartés, gouffre.‖ Et puis après ? Toujours.Phtos voit l'énigme — il voit‖ le fond, il voit la cime.Il sent en lui la joie‖ obscure de l'abîme ;Il subit, accablé‖ de soleils et de cieux,L'inexprimable horreur‖ des lieux prodigieux.Il regarde, éperdu,‖ le vrai, ce précipice.Évidence sans borne,‖ ou fatale, ou propice !O stupeur ! il finit‖ par distinguer, au fondDe ce gouffre où le jour‖ avec la nuit se fond,A travers l'épaisseur‖ d'une brume éternelle,Dans on ne sait quelle ombre‖ énorme, une prunelle !
Cependant sur le haut‖ de l'Olympe on riait ;Les Immortels, sereins‖ sur le monde inquiet,Resplendissaient, debout‖ dans un brouillard de gloire ;Tout à coup, une étrange‖ et haute forme noireSurgit en face d'eux,‖ et Vénus dit : Quelqu'un !C'était Phtos. Comme un feu‖ hors du vase à parfum,Ou comme un flamboiement‖ au-dessus du cratère,Le colosse, en rampant‖ dans l'ombre et sous la terre,S'était fait libre, était‖ sorti de sa prison,Et maintenant montait,‖ sinistre, à l'horizon.Il avait traversé‖ tout le dessous du monde.Il avait dans les yeux‖ l'éternité profonde.Il se fit un silence‖ inouï ; l'on sentitQue ce spectre était grand,‖ car tout devint petit ;L'aigle ouvrit son œil fauve‖ où l'âpre éclair palpite,Et sembla retarder‖ du côté de la fuite ;L'Olympe fut noirci‖ par l'ombre du géant ;Jupiter se dressa,‖ pâle, sur son séant ;Le dur Vulcain cessa‖ de battre son enclumeQui sonna si souvent,‖ dans sa forge qui fume,Sur les fers des vaincus‖ lorsqu'il les écrouait ;Afin qu'on n'entendit‖ pas même leur rouetLes trois Grâces d'en haut‖ firent signe aux trois Parques.Alors le titan, grave,‖ altier, portant les marquesDes tonnerres sur lui‖ tant de fois essayés,Ayant l'immense aspect‖ des sommets foudroyésEt la difformité‖ sublime des décombres,Regarda fixement‖ les olympiens sombresStupéfaits sur leur cime‖ au fond de l'éther bleu,Et leur cria, terrible :‖ O dieux, il est un Dieu !
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 232((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a hommes / sommes féminine, classiqueb lascifs / convulsifs masculine, classiquec obscure / Mercure féminine, classiqued hymen / main masculine, classiquee auréole / Éole féminine, classiquef sûr / l'azur masculine, classiqueg l'augure / figure féminine, classiqueh Paphos / faux masculine, classiquei carnage / surnage féminine, classiquej Japhet / forfait masculine, classiquek nomme / l'homme féminine, classiquel vain / divin masculine, classiquea libre / l'équilibre féminine, classiqueb petits / blottis masculine, classiquec créature / nature féminine, classiqued autans / printemps masculine, classiquee tombes / colombes féminine, classiquef l'archet / léchait masculine, classiqueg procure / Mercure féminine, classiqueh sculpta / Sarepta masculine, classiquei vendre / d'Évandre féminine, classiquej berceaux / ruisseaux masculine, classiquek orgies / rougies féminine, classiquel fous / courroux masculine, classiquem croupes / coupes féminine, classiquen époux / doux masculine, classiqueo l'ombre / sombre féminine, classiqueb debout / tout masculine, classiquec l'affame / femme féminine, classiqued l'immensité / sérénité masculine, classiquee s'entourent / savourent féminine, classiquef seuls / linceuls masculine, classiqueg tuées / prostituées féminine, classiqueh appas / pas masculine, classiquei encore / Terpsichore féminine, classiquej mélodieux / dieux masculine, classiquek inabordables / formidables féminine, classiquel nus / inconnus masculine, classiquem Otase / extase féminine, classiquen odieux / dieux masculine, classiqueo allégresse / l'ivresse féminine, classiquep Endor / d'or masculine, classiqueq fille / grille féminine, classiquer barreaux / fulguraux masculine, classiques choses / métamorphoses féminine, classiquet peu / dieu masculine, classiqueu triste / n'existe féminine, classiquev éternels / criminels masculine, classiquew idoles / folles féminine, classiquex stupeur / peur masculine, classiquey visionnaire / tonnerre féminine, classiquez Babel / Bel masculine, classiquea maîtres / prêtres féminine, classiqueb Tyr / sortir masculine, classiquec d'Hercule / recule féminine, classiqued lion / Pélion masculine, classiquee Acrocéraunes / trônes féminine, classiquef granit / finit masculine, classiqueg cibles / invisibles féminine, classiqueh légions / religions masculine, classiquei ouverture / nature féminine, classiquej inclément / anéantissement masculine, classiquek végète / jette féminine, classiquel semeur / rumeur masculine, classiquem s'entr'ouvre / couvre féminine, classiquen éclairci / si masculine, classiqueo lumière / altière féminine, classiquep autels / immortels masculine, classiquea frissonnent / sonnent féminine, classiqueb destin / lointain masculine, classiquec pygmées / fumées féminine, classiqued eux / ténébreux masculine, classiquee comprendre / cendre féminine, classiquef font / profond masculine, classiquea farouche / bouche féminine, classiqueb vaincus / Bacchus masculine, classiquec table / épouvantable féminine, classiqued souterrain / d'airain masculine, classiquee heureuse / creuse féminine, classiquef néant / géant masculine, classiqueg petitesse / tristesse féminine, classiqueh degrés / démesurés masculine, classiquei étonné / chute / dispute féminine, classiquej poing / point masculine, non classiquek cible / flexible féminine, classiquel d'airain / serein masculine, classiquem gênes / terrigènes féminine, classiqueb divers / l'univers masculine, classiquec énormes / formes féminine, classiqued hideux / deux masculine, classiquee cariatides / fétides féminine, classiquef fumant / entassement masculine, classiqueg montagne / Bretagne féminine, classiqueh Arachné / enchaîné masculine, classiquei l'Érèbe / Thèbe féminine, classiquej Hermès / jamais masculine, classiquek ranime / Évonyme féminine, classiquel Liban / forban masculine, classiquem funeste / Prœneste féminine, classiquen Cédalion / lion masculine, classiqueo esclaves / laves féminine, classiquep fastidieux / dieux masculine, classiqueq Tantale / fatale féminine, classiquer Adonis / punis masculine, classiques frères / stercoraires féminine, classiquet frappé / Campé masculine, classiqueu pèse / n'apaise féminine, classiquev fuligineux / nœuds masculine, classiquew pôle / d'épaule féminine, classiquex récif / pensif masculine, classiquey Ecmonide / l'euménide féminine, classiquez l'éther / Jupiter masculine, classiquea taille / bataille féminine, classiqueb dieux / d'yeux masculine, classiquec vivent / suivent féminine, classiqued marchant / chant masculine, classiquee l'inclémence / démence féminine, classiquef dit-il / subtil masculine, classiqueg orage / rage féminine, classiqueh lâchement / Écroulement masculine, classiquei faire / songe / déferre féminine, classiqueb vent / poursuivant masculine, classiquec molosse / colosse féminine, classiqued volcan / carcan masculine, classiquee vertèbres / ténèbres féminine, classiquef dieux / radieux masculine, classiqueg chêne / chaîne féminine, classiqueh liberté / éclaté masculine, classiquei extraordinaire / tonnerre féminine, classiquej libre / lui / l'ennui masculine, classiquek l'arrête / tête féminine, classiquel fers / enfers masculine, classiquem sombre / nombre féminine, classiquen haut / cachot masculine, classiqueo encore / sonore féminine, classiquep rampant / répand masculine, classiqueq entre / d'antre féminine, classiquer joints / poings masculine, classiques vivaces / crevasses féminine, classiquet talons / Allons masculine, classiqueu funèbres / ténèbres féminine, classiquev éclatant / entend masculine, classiquew terre / tragique / panthère féminine, classiquex nom / Non masculine, classiquey amère / mère féminine, classiquez étouffants / triomphants masculine, classiquea terre / réfractaire féminine, classiqueb sait / c'est masculine, classiquec résiste / triste féminine, classiqued apparaît / arrêt masculine, classiquee route / doute féminine, classiquef rien / aérien masculine, classiqueb caves / laves féminine, classiquec font / fond masculine, classiqued l'issue / massue féminine, classiquee noueux / monstrueux masculine, classiquef casemates / stigmates féminine, classiqueg Vénus / nus masculine, classiqueh sanguinaire / tonnerre féminine, classiquea l'amoncellement / l'élément masculine, classiqueb l'accable / implacable féminine, classiquec foudroyé / ployé masculine, classiqued tombe féminine, classiquee s'affaiblissant / descend masculine, classiquef forte / sorte féminine, classiqueg maintenant / rayonnant masculine, classiqueh terre / cesse / taire féminine, classiquei l'espoir / noir masculine, classiquej Sodomes / hommes féminine, classiquek Arrêtez / côtés masculine, classiquel l'horrible / terrible féminine, classiquem Léthé / avorté masculine, classiquen surnage / page féminine, classiqueo pli / l'oubli masculine, classiquep causes / choses féminine, classiqueq éclaireur / Terreur masculine, classiquer l'invisible / possible féminine, classiqueb coutume-là / accabla masculine, classiquec rage / l'outrage féminine, classiqued barreaux / héros masculine, classiquee sublime / l'abîme féminine, classiquef ouverts / l'univers masculine, classiquea l’écarte / vertige / prodige féminine, classiqueb jour / d'amour masculine, classiquec première / lumière féminine, classiqued firmament / l'éblouissement masculine, classiquea béante / géante féminine, classiqueb regarde / croula / voilà masculine, classiquec mystère / terre féminine, classiqued jamais / sommets masculine, classiquee d'empyrées / marées féminine, classiquef constellations / visions masculine, classiqueg d'aurore / météore féminine, classiqueh feux / cieux masculine, classiquei recommence / démence féminine, classiquej puni / l'infini masculine, classiquek pénètre / naître féminine, classiqueb clarté / l'éternité masculine, classiquec devine / ravine féminine, classiqued cieux / d'yeux masculine, classiquee nuées / continuées féminine, classiquef d'horizons / saisons masculine, classiqueg sanglotent / flottent féminine, classiqueh charmants / firmaments masculine, classiquei terme / l'enferme féminine, classiquej Forêt / transparaît masculine, classiquek atome / fantôme féminine, classiquel brusquement / moment masculine, classiquem limitent / imitent féminine, classiquen inconnus / soutenus masculine, classiqueo nombre / l'ombre féminine, classiquep secours / Toujours masculine, classiqueq cime / l'abîme féminine, classiquer cieux / prodigieux masculine, classiques précipice / propice féminine, classiquet fond masculine, classiqueu éternelle / prunelle féminine, classiquea riait / inquiet masculine, classiqueb gloire / noire féminine, classiquec Quelqu'un / parfum masculine, classiqued cratère / terre féminine, classiquee prison / l'horizon masculine, classiquef monde / profonde féminine, classiqueg sentit / petit masculine, classiqueh palpite / fuite féminine, classiquei géant / séant masculine, classiquej enclume / fume féminine, classiquek écrouait / rouet masculine, classiquel Parques / marques féminine, classiquem essayés / foudroyés masculine, classiquen décombres / sombres féminine, classiqueo bleu / Dieu masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
471 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La légende des siècles, Calmann Lévy, 1877· numérisation Enclitt Encyclopédie de la littérature française (Rue des Écoles)· Sources