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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

La légende des siècles, 1859· V Les chevaliers errants

Éviradnus

Victor Hugo· strophes variées, alexandrins surtout, 1226 vers

I Départ de l’aventurier pour l’aventure

Qu'est-ce que Sigismond‖ et Ladislas ont dit ?Je ne sais si la roche‖ ou l'arbre l'entendit ;Mais, quand ils ont tout bas‖ parlé dans la broussaille,L'arbre a fait un long bruit‖ de taillis qui tressaille,Comme si quelque bête‖ en passant l'eût troublé,Et l'ombre du rocher‖ ténébreux a sembléPlus noire, et l'on dirait‖ qu'un morceau de cette ombreA pris forme et s'en est‖ allé dans le bois sombre,Et maintenant on voit‖ comme un spectre marchantLà-bas dans la clarté‖ sinistre du couchant.Ce n'est pas une bête‖ en son gîte éveillée,Ce n'est pas un fantôme‖ éclos sous la feuillée,Ce n'est pas un morceau‖ de l'ombre du rocherQu'on voit là-bas au fond‖ des clairières marcher ;C'est un vivant qui n'est‖ ni stryge ni lémure ;Celui qui marche là,‖ couvert d'une âpre armure,C'est le grand chevalier‖ d'Alsace, Éviradnus.

Ces hommes qui parlaient,‖ il les a reconnus ;Comme il se reposait‖ dans le hallier, ces bouchesOnt passé, murmurant‖ des paroles farouches,Et jusqu'à son oreille‖ un mot est arrivé ;Et c'est pourquoi ce juste‖ et ce preux s'est levé.

Il connaît ce pays‖ qu'il parcourut naguère.

Il rejoint l'écuyer‖ Gasclin, page de guerre,Qui l'attend dans l'auberge,‖ au plus profond du val,Où tout à l'heure il vient‖ de laisser son chevalPour qu'en hâte on lui donne‖ à boire, et qu'on le ferre.Il dit au forgeron :‖ — Faites vite. Une affaireM’appelle. — Il monte en selle et part.

II Éviradnus

Éviradnus,Vieux, commence à sentir‖ le poids des ans chenus ;Mais c'est toujours celui‖ qu'entre tous on renomme,Le preux que nul n'a vu‖ de son sang économe ;Chasseur du crime, il est‖ nuit et jour à l'affût ;De sa vie il n'a fait‖ d'action qui ne fûtSainte, blanche et loyale,‖ et la grande pucelle,L'épée, en sa main pure‖ et sans tache étincelle.C'est le Samson chrétien,‖ qui, survenant à point,N'ayant pour enfoncer‖ la porte que son poing,Entra, pour la sauver,‖ dans Sickingen en flamme ;Qui, s'indignant de voir‖ honorer un infâme,Fit, sous son dur talon,‖ un tas d'arceaux rompusDu monument bâti‖ pour l'affreux duc Lupus,Arracha la statue,‖ et porta la colonneDu munster de Strasbourg‖ au pont de Wasselonne,Et là, fier, la jeta‖ dans les étangs profonds ;On vante Éviradnus‖ d'Altorf à Chaux-de-Fonds ;Quand il songe et s'accoude,‖ on dirait Charlemagne ;Rôdant, tout hérissé,‖ du bois à la montagne,Velu, fauve, il a l'air‖ d'un loup qui serait bon ;Il a sept pieds de haut‖ comme Jean de Bourbon ;Tout entier au devoir‖ qu'en sa pensée il couve,Il ne se plaint de rien,‖ mais seulement il trouveQue les hommes sont bas‖ et que les lits sont courts ;Il écoute partout‖ si l'on crie au secours ;Quand les rois courbent trop‖ le peuple, il le redresseAvec une intrépide‖ et superbe tendresse ;Il défendit Alix‖ comme Diègue Urraca ;Il est le fort, ami‖ du faible ; il attaquaDans leurs antres les rois du Rhin, et dans leurs baugesLes barons effrayants‖ et difformes des Vosges ;De tout peuple orphelin‖ il se faisait l'aïeul ;Il mit en liberté‖ les villes ; il vint seulDe Hugo Tête-d'Aigle‖ affronter la caverne ;Bon, terrible, il brisa‖ le carcan de Saverne,La ceinture de fer‖ de Schelestadt, l'anneauDe Colmar et la chaîne‖ au pied de Haguenau.Tel fut Éviradnus.‖ Dans l'horrible balanceOù les princes jetaient‖ le dol, la violence,L'iniquité, l'horreur,‖ le mal, le sang, le feu,Sa grande épée était‖ le contre-poids de Dieu.Il est toujours en marche,‖ attendu qu'on molesteBien des infortunés‖ sous la voûte céleste,Et qu'on voit dans la nuit‖ bien des mains supplier ;Sa lance n'aime pas‖ moisir au râtelier ;Sa hache de bataille‖ aisément se décroche ;Malheur à l'action‖ mauvaise qui s'approcheTrop près d'Éviradnus,‖ le champion d'acier !La mort tombe de lui‖ comme l'eau du glacier.Il est héros ; il a‖ pour cousine la raceDes Amadis de France‖ et des Pyrrhus de Thrace.Il rit des ans. Cet homme,‖ à qui le monde entierN'eût pas fait dire Grâce !‖ et demander quartier,Ira-t-il pas crier‖ au temps : Miséricorde !Il s'est, comme Baudoin,‖ ceint les reins d'une corde ;Tout vieux qu'il est, il est‖ de la grande tribu ;Le moins fier des oiseaux‖ n'est pas l'aigle barbu.

Qu'importe l'âge ? il lutte.‖ Il vient de Palestine,Il n'est point las. Les ans‖ s'acharnent ; il s'obstine.

III Dans la forêt

Quelqu'un qui s'y serait‖ perdu ce soir, verraitQuelque chose d'étrange‖ au fond de la forêt ;C'est une grande salle‖ éclairée et déserte.Où ? Dans l’ancien manoir de Corbus.L’herbe verte,Le lierre, le chiendent,‖ l'églantier sauvageon,Font, depuis trois cents ans,‖ l'assaut de ce donjon ;Le burg, sous cette abjecte‖ et rampante escalade,Meurt, comme sous la lèpre‖ un sanglier malade ;Il tombe ; les fossés‖ s'emplissent des créneaux ;La ronce, ce serpent,‖ tord sur lui ses anneaux ;Le moineau franc, sans même‖ entendre ses murmures,Sur ses vieux pierriers morts‖ vient becqueter les mûres ;L'épine sur son deuil‖ prospère insolemment ;Mais, l'hiver, il se venge ;‖ alors, le burg dormantS'éveille, et, quand il pleut‖ pendant des nuits entières,Quand l'eau glisse des toits‖ et s'engouffre aux gouttières,Il rend grâce à l'ondée,‖ aux vents, et, content d'eux,Profite, pour cracher‖ sur le lierre hideux,Des bouches de granit‖ de ses quatre gargouilles.

Le burg est aux lichens‖ comme le glaive aux rouilles ;Hélas ! et Corbus, triste,‖ agonise. PourtantL'hiver lui plaît ; l'hiver,‖ sauvage combattant,Il se refait, avec‖ les convulsions sombresDes nuages hagards‖ croulant sur ses décombres,Avec l'éclair qui frappe‖ et fuit comme un larron,Avec des souffles noirs,‖ qui sonnent du clairon,Une sorte de vie‖ effrayante, à sa taille ;La tempête est la sœur‖ fauve de la bataille ;Et le puissant donjon,‖ féroce, échevelé,Dit : Me voilà ! sitôt‖ que la bise a sifflé ;Il rit quand l'équinoxe‖ irrité le querelleSinistrement, avec‖ son haleine de grêle ;Il est joyeux, ce burg,‖ soldat encor debout,Quand, jappant comme un chien‖ poursuivi par un loup,Novembre, dans la brume‖ errant de roche en roche,Répond au hurlement‖ de janvier qui s'approche.Le donjon crie : En guerre !‖ ô tourmente, es-tu là ?Il craint peu l'ouragan,‖ lui qui vit Attila.Oh ! les lugubres nuits !‖ Combats dans la bruine ;La nuée attaquant,‖ farouche, la ruine !Un ruissellement vaste,‖ affreux, torrentiel,Descend des profondeurs‖ furieuses du ciel ;Le burg brave la nue ;‖ on entend les gorgonesAboyer aux huit coins‖ de ses tours octogones ;Tous les monstres sculptés‖ sur l'édifice éparsGrondent, et les lions‖ de pierre des rempartsMordent la brume, l'air‖ et l'onde, et les tarasquesBattent de l'aile au souffle‖ horrible des bourrasques ;L'âpre averse en fuyant‖ vomit sur les griffons ;Et, sous la pluie entrant‖ par les trous des plafonds,Les guivres, les dragons,‖ les méduses, les drées,Grincent des dents au fond‖ des chambres effondrées ;Le château de granit,‖ pareil au preux de fer,Lutte toute la nuit,‖ résiste tout l'hiver ;En vain le ciel s'essouffle,‖ en vain janvier se rue ;En vain tous les passants‖ de cette sombre rueQu'on nomme l'infini,‖ l'ombre et l'immensité,Le tourbillon, d'un fouet‖ invisible hâté,Le tonnerre, la trombe‖ où le typhon se dresse,S'acharnent sur la fière‖ et haute forteresse ;L'orage la secoue‖ en vain comme un fruit mûr ;Les vents perdent leur peine‖ à guerroyer ce mur,Le fôhn bruyant s'y lasse,‖ et sur cette cuirasseL'aquilon s'époumone‖ et l'autan se harasse,Et tous ces noirs chevaux‖ de l'air sortent fourbusDe leur bataille avec‖ le donjon de Corbus.Aussi, malgré la ronce‖ et le chardon et l'herbe,Le vieux burg est resté‖ triomphal et superbe ;Il est comme un pontife‖ au cœur du bois profond,Sa tour lui met trois rangs‖ de créneaux sur le front ;Le soir, sa silhouette‖ immense se découpe ;Il a pour trône un roc,‖ haute et sublime croupe ;Et, par les quatre coins,‖ sud, nord, couchant, levant,Quatre monts, Crobius,‖ Bléda, géants du vent,Aptar où croît le pin,‖ Toxis que verdit l'orme,Soutiennent au-dessus‖ de sa tiare énormeLes nuages, ce dais‖ livide de la nuit.

Le pâtre a peur, et croit‖ que cette tour le suit ;Les superstitions‖ ont fait Corbus terrible ;On dit que l'Archer Noir‖ a pris ce burg pour cible,Et que sa cave est l'antre‖ où dort le Grand Dormant ;Car les gens des hameaux‖ tremblent facilement,Les légendes toujours‖ mêlent quelque fantômeA l'obscure vapeur‖ qui sort des toits de chaume,L'âtre enfante le rêve,‖ et l'on voit ondoyerL'effroi dans la fumée‖ errante du foyer.

Aussi, le paysan‖ rend grâce à sa rotureQui le dispense, lui,‖ d'audace et d'aventure,Et lui permet de fuir‖ ce burg de la forêtQu'un preux, par point d'honneur‖ belliqueux, chercherait.Corbus voit rarement‖ au loin passer un homme.Seulement, tous les quinze‖ ou vingt ans, l'économeEt l'huissier du palais,‖ avec des cuisiniersPortant tout un festin‖ dans de larges paniers,Viennent, font des apprêts‖ mystérieux, et partent ;Et, le soir, à travers‖ les branches qui s'écartent,On voit de la lumière‖ au fond du burg noirci,Et nul n'ose approcher.‖ Et pourquoi ? Le voici.

IV La coutume de Lusace

C'est l'usage, à la mort‖ du marquis de Lusace,Que l'héritier du trône,‖ en qui revit la race,Avant de revêtir‖ les royaux attributs,Aille, une nuit, souper‖ dans la tour de Corbus ;C'est de ce noir souper‖ qu'il sort prince et margrave ;La marquise n'est bonne‖ et le marquis n'est braveQue s'ils ont respiré‖ les funèbres parfumsDes siècles dans ce nid‖ des vieux maîtres défunts.Les marquis de Lusace‖ ont une haute tige,Et leur source est profonde‖ à donner le vertige ;Ils ont pour père Antée,‖ ancêtre d'Attila ;De ce vaincu d'Alcide‖ une race coula ;C'est la race, autrefois‖ payenne, puis chrétienne,De Lechus, de Platon,‖ d'Othon, d'Ursus, d'Étienne,Et de tous ces seigneurs‖ des rocs et des forêtsBordant l'Europe au nord,‖ flot d'abord, digue après.Corbus est double ; il est‖ burg au bois, ville en plaine.Du temps où l'on montait‖ sur la tour châtelaine,On voyait, au-delà‖ des pins et des rochers,Sa ville perçant l'ombre‖ au loin de ses clochers ;Cette ville a des murs ;‖ pourtant ce n'est pas d'elleQue relève l'antique‖ et noble citadelle ;Fière, elle s'appartient ;‖ quelquefois un châteauEst l'égal d'une ville ;‖ en Toscane, Prato,Barletta dans la Pouille,‖ et Crême en Lombardie,Valent une cité,‖ même forte et hardie ;Corbus est de ce rang.‖ Sur ses rudes paroisCe burg a le reflet‖ de tous les anciens rois ;Tous leurs événements,‖ toutes leurs funérailles,Ont, chantant ou pleurant,‖ traversé ses murailles,Tous s'y sont mariés,‖ la plupart y sont nés ;C'est là que flamboyaient‖ ces barons couronnés ;Corbus est le berceau‖ de la royauté scythe.Or, le nouveau marquis‖ doit faire une visiteA l'histoire qu'il va‖ continuer. La loiVeut qu'il soit seul pendant‖ la nuit qui le fait roi.Au seuil de la forêt,‖ un clerc lui donne à boireUn vin mystérieux‖ versé dans un ciboire,Qui doit, le soir venu,‖ l'endormir jusqu'au jour ;Puis on le laisse, il part‖ et monte dans la tour ;Il trouve dans la salle‖ une table dressée ;Il soupe et dort ; et l'ombre‖ envoie à sa penséeTous les spectres des rois‖ depuis le duc Bela :Nul n'oserait entrer‖ au burg cette nuit-là ;Le lendemain, on vient‖ en foule, on le délivre ;Et, plein des visions‖ du sommeil, encore ivreDe tous ces grands aïeux‖ qui lui sont apparus,On le mène à l'église‖ où dort Borivorus ;L'évêque lui bénit‖ la bouche et la paupière,Et met dans ses deux mains‖ les deux haches de pierreDont Attila frappait‖ juste comme la mort,D'un bras sur le midi,‖ de l'autre sur le nord.

Ce jour-là, sur les tours‖ de la ville, on arboreLe menaçant drapeau‖ du marquis SwantiboreQui lia dans les bois‖ et fit manger aux loupsSa femme et le taureau‖ dont il était jaloux.

Même quand l'héritier‖ du trône est une femme,Le souper de la tour‖ de Corbus la réclame ;C'est la loi ; seulement,‖ la pauvre femme a peur.

V La marquise Mahaud

La nièce du dernier‖ marquis, Jean le Frappeur,Mahaud, est aujourd'hui‖ marquise de Lusace.Dame, elle a la couronne, et, femme, elle a la grâce.Une reine n'est pas‖ reine sans la beauté.C'est peu que le royaume,‖ il faut la royauté.Dieu dans son harmonie‖ également emploieLe cèdre qui résiste‖ et le roseau qui ploie,Et, certes, il est bon‖ qu'une femme parfoisAit dans sa main les mœurs,‖ les esprits et les lois,Succède au maître altier,‖ sourie au peuple, et mène,En lui parlant tout bas,‖ la sombre troupe humaine ;Mais la douce Mahaud,‖ dans ces temps de malheur,Tient trop le sceptre, hélas !‖ comme on tient une fleur ;Elle est gaie, étourdie,‖ imprudente et peureuse.Toute une Europe obscure‖ autour d'elle se creuse ;Et quoiqu'elle ait vingt ans,‖ on a beau la prier,Elle n'a pas encor‖ voulu se marier.Il est temps cependant‖ qu'un bras viril l'appuie ;Comme l'arc-en-ciel rit‖ entre l'ombre et la pluie,Comme la biche joue‖ entre le tigre et l'ours,Elle a, la pauvre belle‖ aux purs et chastes jours,Deux noirs voisins qui font‖ une noire besogne,L'empereur d'Allemagne‖ et le roi de Pologne.

VI Les deux voisins

Toute la différence‖ entre ce sombre roiEt ce sombre empereur,‖ sans foi, sans Dieu, sans loi,C'est que l'un est la griffe‖ et que l'autre est la serre ;Tous deux vont à la messe‖ et disent leur rosaire,Ils n'en passent pas moins‖ pour avoir fait tous deuxDans l'enfer un traité‖ d'alliance hideux ;On va même jusqu'à‖ chuchoter à voix basse,Dans la foule où la peur‖ d'en haut tombe et s'amasse,L'affreux texte d'un pacte‖ entre eux et le pouvoirQui s'agite sous l'homme‖ au fond du monde noir ;Quoique l'un soit la haine‖ et l'autre la vengeance,Ils vivent côte à côte‖ en bonne intelligence ;Tous les peuples qu'on voit‖ saigner à l'horizonSortent de leur tenaille‖ et sont de leur façon ;Leurs deux figures sont‖ lugubrement grandiesPar de rouges reflets‖ de sacs et d'incendies ;D'ailleurs, comme David,‖ suivant l'usage ancien,L'un est poète, et l'autre‖ est bon musicien ;Et, les déclarant dieux,‖ la renommée allieLeurs noms dans les sonnets‖ qui viennent d'Italie.L'antique hiérarchie‖ a l'air mise en oubli,Car, suivant le vieil ordre‖ en Europe établi,L'empereur d'Allemagne‖ est duc, le roi de FranceMarquis ; les autres rois‖ ont peu de différence ;Ils sont barons autour‖ de Rome, leur pilier,Et le roi de Pologne‖ est simple chevalier ;Mais dans ce siècle on voit‖ l'exception uniqueDu roi sarmate égal‖ au césar germanique.Chacun s'est fait sa part ;‖ l'allemand n'a qu'un soin,Il prend tous les pays‖ de terre ferme au loin ;Le polonais, ayant‖ le rivage baltique,Veut des ports, il a pris‖ toute la mer Celtique,Sur tous les flots du nord‖ il pousse ses dromons,L'Islande voit passer‖ ses navires démons ;L'allemand brûle Anvers‖ et conquiert les deux Prusses,Le polonais secourt‖ Spotocus, duc des russes,Comme un plus grand boucher‖ en aide un plus petit ;Le roi prend, l'empereur‖ pille, usurpe, investit ;L'empereur fait la guerre‖ à l'ordre teutonique,Le roi sur le Jutland‖ pose son pied cynique ;Mais, qu'ils brisent le faible‖ ou qu'ils trompent le fort,Quoi qu'ils fassent, ils ont‖ pour loi d'être d'accord ;Des geÿsers du pôle‖ aux cités transalpines,Leurs ongles monstrueux,‖ crispés sur des rapines,Égratignent le pâle‖ et triste continent.Et tout leur réussit.‖ Chacun d'eux, rayonnant,Mène à fin tous ses plans‖ lâches ou téméraires,Et règne ; et, sous Satan‖ paternel, ils sont frères ;Ils s'aiment ; l'un est fourbe‖ et l'autre est déloyal ;Ils sont les deux bandits‖ du grand chemin royal.O les noirs conquérants !‖ et quelle œuvre éphémère !L'ambition, branlant‖ ses têtes de chimère,Sous leur crâne brumeux,‖ fétide et sans clarté,Nourrit la pourriture‖ et la stérilité ;Ce qu'ils font est néant‖ et cendre ; une hydre allaite,Dans leur âme nocturne‖ et profonde, un squelette.Le polonais sournois,‖ l'allemand hasardeux,Remarquent qu'à cette heure‖ une femme est près d'eux ;Tous deux guettent Mahaud.‖ Et naguère avec rage,De sa bouche qu'empourpre‖ une lueur d'orageEt d'où sortent des mots‖ pleins d'ombre et teints de sang,L'empereur a jeté‖ cet éclair menaçant :— L'empire est las d'avoir‖ au dos cette besaceQu'on appelle la haute‖ et la basse Lusace,Et dont la pesanteur,‖ qui nous met sur les dents,S'accroît quand par hasard‖ une femme est dedans. —Le polonais se tait,‖ épie et patiente.

Ce sont deux grands dangers ;‖ mais cette insoucianteSourit, gazouille et danse,‖ aime les doux propos,Se fait bénir du pauvre‖ et réduit les impôts ;Elle est vive, coquette,‖ aimable et bijoutière ;Elle est femme toujours ;‖ dans sa couronne altière,Elle choisit la perle,‖ elle a peur du fleuron ;Car le fleuron tranchant,‖ c'est l'homme et le baron.Elle a des tribunaux‖ d'amour qu'elle préside ;Aux copistes d'Homère‖ elle paye un subside ;Elle a tout récemment‖ accueilli dans sa courDeux hommes, un luthier‖ avec un troubadour,Dont on ignore tout,‖ le nom, le rang, la race,Mais qui, conteurs charmants,‖ le soir, sur la terrasse,A l'heure où les vitraux‖ aux brises sont ouverts,Lui font de la musique‖ et lui disent des vers.

Or, en juin, la Lusace,‖ en août, les Moraves,Font la fête du trône‖ et sacrent leurs margraves :C'est aujourd'hui le jour‖ du burg mystérieux ;Mahaud viendra ce soir‖ souper chez ses aïeux.

Qu'est-ce que tout cela‖ fait à l'herbe des plaines,Aux oiseaux, à la fleur,‖ au nuage, aux fontaines ?Qu'est-ce que tout cela‖ fait aux arbres des bois,Que le peuple ait des jougs‖ et que l'homme ait des rois ?L'eau coule, le vent passe,‖ et murmure : Qu'importe ?

VII La salle à manger

La salle est gigantesque ;‖ elle n'a qu'une porte ;Le mur fuit dans la brume‖ et semble illimité ;En face de la porte,‖ à l'autre extrémité,Brille, étrange et splendide,‖ une table adosséeAu fond de ce livide‖ et froid rez-de-chaussée ;La salle a pour plafond‖ les charpentes du toit ;Cette table n'attend‖ qu'un convive ; on n'y voitQu'un fauteuil, sous un dais‖ qui pend aux poutres noires ;Les anciens temps ont peint‖ sur le mur leurs histoires,Le fier combat du roi‖ des vendes ThassiloContre Nemrod sur terre‖ et Neptune sur l'eau,Le fleuve Rhin trahi‖ par la rivière Meuse,Et, groupes blêmissants‖ sur la paroi brumeuse,Odin, le loup Fenris‖ et le serpent Asgar ;Et toute la lumière‖ éclairant ce hangar,Qui semble d'un dragon‖ avoir été l'étable,Vient d'un flambeau sinistre‖ allumé sur la table ;C'est le grand chandelier‖ aux sept branches de ferQue l'archange Attila‖ rapporta de l'enferAprès qu'il eut vaincu‖ le Mammon, et sept âmesFurent du noir flambeau‖ les sept premières flammes.Toute la salle semble‖ un grand linéamentD'abîme, modelé‖ dans l'ombre vaguement ;Au fond, la table éclate‖ avec la brusquerieDe la clarté heurtant‖ des blocs d'orfèvrerie ;De beaux faisans tués‖ par les traîtres faucons,Des viandes froides, force‖ aiguières et flaconsChargent la table où s'offre‖ une opulente agape ;Les plats bordés de fleurs‖ sont en vermeil ; la nappeVient de Prise, pays‖ célèbre par ses draps ;Et, pour les fruits, brugnons,‖ fraises, pommes, cédrats,Les pâtres de la Murg‖ ont sculpté les sébiles ;Ces orfèvres du bois‖ sont des rustres habilesQui font sur une écuelle‖ ondoyer des jardinsEt des monts où l'on voit‖ fuir des chasses aux daims ;Sur une vasque d'or‖ aux anses florentines,Des actéons cornus‖ et chaussés de bottinesLuttent, l'épée au poing,‖ contre des lévriers ;Des branches de glaïeuls‖ et de genévriers,Des roses, des bouquets‖ d'anis, une jonchéeDe sauge tout en fleur‖ nouvellement fauchée,Couvrent d'un frais parfum‖ de printemps répanduUn tapis d'Ispahan‖ sous la table étendu.Dehors, c'est la ruine‖ et c'est la solitude.On entend, dans sa rauque‖ et vaste inquiétude,Passer sur le hallier‖ par l'été rajeuniLe vent, onde de l'ombre‖ et flot de l'infini.On a remis partout‖ des vitres aux verrièresQu'ébranle la rafale‖ arrivant des clairières ;L'étrange dans ce lieu‖ ténébreux et rêvant,Ce serait que celui‖ qu'on attend fût vivant ;Aux lueurs du sept-bras,‖ qui fait flamboyer presqueLes vagues yeux épars‖ sur la lugubre fresque,On voit le long des murs,‖ par place, un escabeau,Quelque long coffre obscur‖ à meubler le tombeau,Et des buffets chargés‖ de cuivre et de faïence ;Et la porte, effrayante‖ et sombre confiance,Est formidablement‖ ouverte sur la nuit.

Rien ne parle en ce lieu‖ d'où tout homme s'enfuit.La terreur, dans les coins‖ accroupie, attend l'hôte.Cette salle à manger‖ de titans est si haute,Qu'en égarant, de poutre‖ en poutre, son regardAux étages confus‖ de ce plafond hagard,On est presque étonné‖ de n'y pas voir d'étoiles.L'araignée est géante‖ en ces hideuses toilesFlottant là-haut, parmi‖ les madriers profondsQue mordent aux deux bouts‖ les gueules des griffons.La lumière a l'air noire‖ et la salle a l'air morte.La nuit retient son souffle.‖ On dirait que la porteA peur de remuer‖ tout haut ses deux battants.

VIII Ce qu’on y voit encore

Mais ce que cette salle,‖ antre obscur des vieux temps,A de plus sépulcral‖ et de plus redoutable,Ce n'est pas le flambeau,‖ ni le dais, ni la table ;C'est, le long de deux rangs‖ d'arches et de piliers,Deux files de chevaux‖ avec leurs chevaliers.

Chacun à son pilier‖ s'adosse et tient sa lance ;L'arme droite, ils se font‖ vis-à-vis en silence ;Les chanfreins sont lacés ;‖ les harnais sont bouclés ;Les chatons des cuissards‖ sont barrés de leurs clés ;Les trousseaux de poignards‖ sur l'arçon se répandent ;Jusqu'aux pieds des chevaux‖ les caparaçons pendent ;Les cuirs sont agrafés ;‖ les ardillons d'airainAttachent l'éperon,‖ serrent le gorgerin ;La grande épée à mains‖ brille au croc de la selle ;La hache est sur le dos,‖ la dague est sous l'aisselle ;Les genouillères ont‖ leur boutoir meurtrier,Les mains pressent la bride‖ et les pieds l'étrier ;Ils sont prêts ; chaque heaume‖ est masqué de son crible ;Tous se taisent ; pas un‖ ne bouge ; c'est terrible.

Les chevaux monstrueux‖ ont la corne au frontail ;Si Satan est berger,‖ c'est là son noir bétail.Pour en voir de pareils‖ dans l'ombre, il faut qu'on dorme ;Ils sont comme engloutis‖ sous la housse difforme ;Les cavaliers sont froids,‖ calmes, graves, armés,Effroyables, les poings‖ lugubrement fermés ;Si l'enfer tout à coup‖ ouvrait ces mains fantômes,On verrait quelque lettre‖ affreuse dans leurs paumes.De la brume du lieu‖ leur stature s'accroît.Autour d'eux l'ombre a peur‖ et les piliers ont froid.O nuit, qu'est-ce que c'est‖ que ces guerriers livides ?

Chevaux et chevaliers‖ sont des armures vides,Mais debout. Ils ont tous‖ encor le geste fier,L'air fauve, et, quoique étant‖ de l'ombre, ils sont du fer.Sont-ce des larves ? Non ;‖ et sont-ce des statues ?Non. C'est de la chimère‖ et de l'horreur, vêtuesD'airain, et, des bas-fonds‖ de ce monde puni,Faisant une menace‖ obscure à l'infini ;Devant cette impassible‖ et morne chevauchée,L'âme tremble et se sent‖ des spectres approchée,Comme si l'on voyait‖ la halte des marcheursMystérieux que l'aube‖ efface en ses blancheurs.Si quelqu'un, à cette heure,‖ osait franchir la porte,A voir se regarder‖ ces masques de la sorte,Il croirait que la mort,‖ à de certains moments,Rhabillant l'homme, ouvrant‖ les sépulcres dormants,Ordonne, hors du temps,‖ de l'espace et du nombre,Des confrontations‖ de fantômes dans l'ombre.

Les linceuls ne sont pas‖ plus noirs que ces armets ;Les tombeaux, quoique sourds‖ et voilés pour jamais,Ne sont pas plus glacés‖ que ces brassards ; les bièresN'ont pas leurs ais hideux‖ mieux joints que ces jambières ;Le casque semble un crâne,‖ et, de squames couverts,Les doigts des gantelets‖ luisent comme des vers ;Ces robes de combat‖ ont des plis de suaires ;Ces pieds pétrifiés‖ siéraient aux ossuaires ;Ces piques ont des bois‖ lourds et vertigineuxOù des têtes de mort‖ s'ébauchent dans les nœuds.Ils sont tous arrogants‖ sur la selle, et leurs bustesAchèvent les poitrails‖ des destriers robustes ;Les mailles sur leurs flancs‖ croisent leurs durs tricots ;Le mortier des marquis‖ près des tortils ducauxRayonne, et sur l'écu,‖ le casque et la rondache,La perle triple alterne‖ avec les feuilles d'ache ;La chemise de guerre‖ et le manteau de roiSont si larges qu'ils vont‖ du maître au palefroi ;Les plus anciens harnais‖ remontent jusqu'à Rome ;L'armure du cheval‖ sous l'armure de l'hommeVit d'une vie horrible,‖ et guerrier et coursierNe font qu'une seule hydre‖ aux écailles d'acier.

L'histoire est là ; ce sont‖ toutes les panopliesPar qui furent jadis‖ tant d'œuvres accomplies ;Chacune, avec son timbre‖ en forme de delta,Semble la vision‖ du chef qui la porta ;Là sont les ducs sanglants‖ et les marquis sauvagesQui portaient pour pennons‖ au milieu des ravagesDes saints dorés et peints‖ sur des peaux de poissons.Voici Geth, qui criait‖ aux slaves : Avançons !Mundiaque, Ottocar,‖ Platon, Ladislas Cunne,Welf, dont l'écu portait :‖ « Ma peur se nomme Aucune. »Zultan, Nazamustus,‖ Othon le Chassieux ;Depuis Spignus jusqu'à‖ Spartibor aux trois yeux,Toute la dynastie‖ effrayante d'AntéeSemble là sur le bord‖ des siècles arrêtée.

Que font-ils là, debout‖ et droits ? Qu'attendent-ils ?L'aveuglement remplit‖ l'armet aux durs sourcils.L'arbre est là sans la sève‖ et le héros sans l'âme ;Où l'on voit des yeux d'ombre‖ on vit des yeux de flamme ;La visière aux trous ronds‖ sert de masque au néant ;Le vide s'est fait spectre‖ et rien s'est fait géant ;Et chacun de ces hauts‖ cavaliers est l'écorceDe l'orgueil, du défi,‖ du meurtre et de la force :Le sépulcre glacé‖ les tient ; la rouille mordCes grands casques épris‖ d'aventure et de mort,Que baisait leur maîtresse‖ auguste, la bannière ;Pas un brassard ne peut‖ remuer sa charnière ;Les voilà tous muets,‖ eux qui rugissaient tous,Et, grondant et grinçant,‖ rendaient les clairons fous ;Le heaume affreux n'a plus‖ de cri dans ses gencives ;Ces armures, jadis‖ fauves et convulsives,Ces hauberts, autrefois‖ pleins d'un souffle irrité,Sont venus s'échouer‖ dans l'immobilité,Regarder devant eux‖ l'ombre qui se prolonge,Et prendre dans la nuit‖ la figure du songe.

Ces deux files, qui vont‖ depuis le morne seuilJusqu'au fond où l'on voit‖ la table et le fauteuil,Laissent entre leurs fronts‖ une ruelle étroite ;Les marquis sont à gauche‖ et les ducs sont à droite ;Jusqu'au jour où le toit‖ que Spignus crénela,Chargé d'ans, croulera‖ sur leur tête, ils sont là,Inégaux face à face,‖ et pareils côte à côte.En dehors des deux rangs,‖ en avant, tête haute,Comme pour commander‖ le funèbre escadronQu'éveillera le bruit‖ du suprême clairon,Les vieux sculpteurs ont mis‖ un cavalier de pierre,Charlemagne, ce roi‖ qui de toute la terreFit une table ronde‖ à douze chevaliers.

Les cimiers surprenants,‖ tragiques, singuliers,Cauchemars entrevus‖ dans le sommeil sans bornes,Sirènes aux seins nus,‖ mélusines, licornes,Farouches bois de cerfs,‖ aspics, alérions,Sur la rigidité‖ des pâles morions,Semblent une forêt‖ de monstres qui végète ;L'un penche en avant, l'autre‖ en arrière se jette ;Tous ces êtres, dragons,‖ cerbères orageux,Que le bronze et le rêve‖ ont créés dans leurs jeux,Lions volants, serpents‖ ailés, guivres palmées,Faits pour l'effarement‖ des livides armées,Espèces de démons‖ composés de terreur,Qui sur le heaume altier‖ des barons en fureurHurlaient, accompagnant‖ la bannière géante,Sur les cimiers glacés‖ songent, gueule béante,Comme s'ils s'ennuyaient,‖ trouvant les siècles longs ;Et, regrettant les morts‖ saignant sous les talons,Les trompettes, la poudre‖ immense, la bataille,Le carnage, on dirait‖ que l'Épouvante bâille.Le métal fait reluire,‖ en reflets durs et froids,Sa grande larme au mufle‖ obscur des palefrois ;De ces spectres pensifs‖ l'odeur des temps s'exhale ;Leur ombre est formidable‖ au plafond de la salle ;Aux lueurs du flambeau‖ frissonnant, au-dessusDes blêmes cavaliers‖ vaguement aperçus,Elle remue et croît‖ dans les ténébreux faîtes ;Et la double rangée‖ horrible de ces têtesFait, dans l'énormité‖ des vieux combles fuyants,De grands nuages noirs‖ aux profils effrayants.

Et tout est fixe, et pas‖ un coursier ne se cabreDans cette légion‖ de la guerre macabre ;Oh ! ces hommes masqués‖ sur ces chevaux voilés,Chose affreuse !A la brume éternelle mêlés,Ayant chez les vivants‖ fini leur tâche austère,Muets, ils sont tournés‖ du côté du mystère ;Ces sphinx ont l'air, au seuil‖ du gouffre où rien ne luit,De regarder l'énigme‖ en face dans la nuit,Comme si, prêts à faire,‖ entre les bleus pilastres,Sous leurs sabots d'acier‖ étinceler les astres,Voulant pour cirque l'ombre,‖ ils provoquaient d'en bas,Pour on ne sait quels fiers‖ et funèbres combats,Dans le champ sombre où n'ose‖ aborder la pensée,La sinistre visière‖ au fond des cieux baissée.

IX Bruit que fait le plancher

C'est là qu'Éviradnus‖ entre ; Gasclin le suit.

Le mur d'enceinte étant‖ presque partout détruit,Cette porte, ancien seuil‖ des marquis patriarchesQu'au-dessus de la cour‖ exhaussent quelques marches,Domine l'horizon,‖ et toute la forêtAutour de son perron‖ comme un gouffre apparaît.L'épaisseur du vieux roc‖ de Corbus est propiceA cacher plus d'un sourd‖ et sanglant précipice ;Tout le burg, et la salle‖ elle-même, dit-on,Sont bâtis sur des puits‖ faits par le duc Platon ;Le plancher sonne ; on sent‖ au-dessous des abîmes.

— Page, dit ce chercheur‖ d'aventures sublimes,Viens. Tu vois mieux que moi,‖ qui n'ai plus de bons yeux,Car la lumière est femme‖ et se refuse aux vieux ;Bah ! voit toujours assez‖ qui regarde en arrière.On découvre d'ici‖ la route et la clairière ;Garçon, vois-tu là-bas‖ venir quelqu'un ? — GasclinSe penche hors du seuil ;‖ la lune est dans son plein,D'une blanche lueur‖ la clairière est baignée.— Une femme à cheval.‖ Elle est accompagnée.— De qui ? Gasclin répond :‖ — Seigneur, j'entends les voixDe deux hommes parlant‖ et riant, et je voisTrois ombres de chevaux‖ qui passent sur la route.— Bien, dit Éviradnus.‖ Ce sont eux. Page, écoute.Tu vas partir d'ici.‖ Prends un autre chemin.Va-t'en sans être vu.‖ Tu reviendras demainAvec nos deux chevaux,‖ frais, en bon équipage,Au point du jour. C'est dit.‖ Laisse-moi seul. — Le pageRegardant son bon maître‖ avec des yeux de fils,Dit : — Si je demeurais ?‖ Ils sont deux. — Je suffis.Va.

X Éviradnus immobile

Le héros est seul sous ces grands murs sévères.Il s'approche un moment‖ de la table où les verresEt les hanaps, dorés‖ et peints, petits et grands,Sont étagés, divers‖ pour les vins différents ;Il a soif ; les flacons‖ tentent sa lèvre avide ;Mais la goutte qui reste‖ au fond d'un verre videTrahirait que quelqu'un‖ dans la salle est vivant ;Il va droit aux chevaux.‖ Il s'arrête devantCelui qui le plus près‖ de la table étincelle,Il prend le cavalier‖ et l'arrache à la selle ;La panoplie en vain‖ lui jette un pâle éclair,Il saisit corps à corps‖ le fantôme de fer,Et l'emporte au plus noir‖ de la salle ; et, pliéeDans la cendre et la nuit,‖ l'armure humiliéeReste adossée au mur‖ comme un héros vaincu ;Éviradnus lui prend‖ sa lance et son écu,Monte en selle à sa place,‖ et le voilà statue.

Pareil aux autres, froid,‖ la visière abattue,On n'entend pas un souffle‖ à sa lèvre échapper,Et le tombeau pourrait‖ lui-même s'y tromper.

Tout est silencieux‖ dans la salle terrible.

XI Un peu de musique

Écoutez ! — Comme un nid‖ qui murmure invisible,Un bruit confus s'approche,‖ et des rires, des voix,Des pas, sortent du fond‖ vertigineux des bois.

Et voici qu'à travers‖ la grande forêt bruneQu'emplit la rêverie‖ immense de la lune,On entend frissonner‖ et vibrer mollement,Communiquant au bois‖ son doux frémissement,La guitare des monts‖ d'Inspruck, reconnaissableAu grelot de son manche‖ où sonne un grain de sable ;Il s'y mêle la voix‖ d'un homme, et ce frissonPrend un sens et devient‖ une vague chanson.

« Si tu veux, faisons un rêve.Montons sur deux palefrois ;Tu m'emmènes, je t'enlève.L'oiseau chante dans les bois.

« Je suis ton maître et ta proie ;Partons, c'est la fin du jour ;Mon cheval sera la joie,Ton cheval sera l'amour.

« Nous ferons toucher leurs têtes ;Les voyages sont aisés ;Nous donnerons à ces bêtesUne avoine de baisers.

« Viens ! nos doux chevaux mensongesFrappent du pied tous les deux,Le mien au fond de mes songes,Et le tien au fond des cieux.

« Un bagage est nécessaire ;Nous emporterons nos vœux,Nos bonheurs, notre misère,Et la fleur de tes cheveux.

« Viens, le soir brunit les chênes,Le moineau rit ; ce moqueurEntend le doux bruit des chaînesQue tu m'as mises au cœur.

« Ce ne sera point ma fauteSi les forêts et les monts,En nous voyant côte à côte,Ne murmurent pas : Aimons !

« Viens, sois tendre, je suis ivre.O les verts taillis mouillés !Ton souffle te fera suivreDes papillons réveillés.

« L'envieux oiseau nocturne,Triste, ouvrira son œil rond ;Les nymphes, penchant leur urne,Dans les grottes souriront,

« Et diront : « Sommes-nous folles !« C'est Léandre avec Héro ;« En écoutant leurs paroles« Nous laissons tomber notre eau. »

« Allons-nous-en par l'Autriche !Nous aurons l'aube à nos fronts ;Je serai grand, et toi riche,Puisque nous nous aimerons.

Allons-nous-en par la terre,Sur nos deux chevaux charmants,Dans l'azur, dans le mystère,Dans les éblouissements !

« Nous entrerons à l'auberge,Et nous paierons l'hôtelierDe ton sourire de vierge,De mon bonjour d'écolier.

Tu seras dame, et moi comte ;Viens, mon cœur s'épanouit,Viens, nous conterons ce conteAux étoiles de la nuit. »

La mélodie encor‖ quelques instants se traîneSous les arbres bleuis‖ par la lune sereine,Puis tremble, puis expire,‖ et la voix qui chantaitS'éteint comme un oiseau‖ se pose ; tout se tait.

XII Le grand Joss et le petit Zéno

Soudain, au seuil lugubre‖ apparaissent trois têtesJoyeuses, et d'où sort‖ une lueur de fêtes ;Deux hommes, une femme‖ en robe de drap d'or.L'un des hommes paraît‖ trente ans ; l'autre est encorPlus jeune, et sur son dos‖ il porte en bandoulièreLa guitare où s'enlace‖ une branche de lierre ;Il est grand et blond ; l'autre‖ est petit, pâle et brun ;Ces hommes, qu'on dirait‖ faits d'ombre et de parfum,Sont beaux, mais le démon‖ dans leur beauté grimace ;Avril a de ces fleurs‖ où rampe une limace.— Mon grand Joss, mon petit‖ Zéno, venez ici.Voyez. C’est effrayant.Celle qui parle ainsiC'est madame Mahaud ;‖ le clair de lune sembleCaresser sa beauté‖ qui rayonne et qui tremble,Comme si ce doux être‖ était de ceux que l'airCrée, apporte et remporte‖ en un céleste éclair.— Passer ici la nuit !‖ Certe, un trône s'achète !Si vous n'étiez venus‖ m'escorter en cachette,Dit-elle, je serais‖ vraiment morte de peur.

La lune éclaire auprès‖ du seuil, dans la vapeur,Un des grands chevaliers‖ adossés aux murailles.

— Comme je vous vendrais‖ à l'encan ces ferrailles !Dit Zéno ; je ferais,‖ si j'étais le marquis,De ce tas de vieux clous‖ sortir des vins exquis,Des galas, des tournois,‖ des bouffons, et des femmes.

Et, frappant cet airain‖ d'où sort le bruit des âmes,Cette armure où l'on voit‖ frémir le gantelet,Calme et riant, il donne‖ au sépulcre un soufflet.

— Laissez donc mes aïeux,‖ dit Mahaud qui murmure.Vous êtes trop petit‖ pour toucher cette armure.

Zéno Pâlit. Mais Joss :‖ — Ça, des aïeux ! J'en ris.Tous ces bonshommes noirs‖ sont des nids de souris.Pardieu ! pendant qu'ils ont‖ l'air terrible, et qu'ils songent,Écoutez, on entend‖ le bruit des dents qui rongent.Et dire qu'en effet‖ autrefois tout celaS'appelait Ottocar,‖ Othon, Platon, Bela !Hélas ! la fin n'est pas‖ plaisante, et déconcerte.Soyez donc ducs et rois !‖ Je ne voudrais pas, certe,Avoir été colosse,‖ avoir été héros,Madame, avoir empli‖ de morts des tombereaux,Pour que, sous ma farouche‖ et fière bourguignote,Moi prince et spectre, un rat‖ paisible me grignote !

— C'est que ce n'est point là‖ votre état, dit Mahaud.Chantez, soit ; mais ici‖ ne parlez pas trop haut.— Bien dit, reprit Zéno.‖ C'est un lieu de prodiges.Et, quant à moi, je vois‖ des serpentes, des stryges,Tout un fourmillement‖ de monstres, s'ébaucherDans la brume qui sort‖ des fentes du plancher.Mahaud frémit.— Ce vin que l’abbé m’a fait boire,Va bientôt m'endormir‖ d'une façon très noire ;Jurez-moi de rester près de moi.— J’en réponds,Dit Joss ; et Zéno dit :‖ — Je le jure. Soupons.

XIII Ils soupent

Et, riant et chantant,‖ ils s'en vont vers la table.

— Je fais Joss chambellan‖ et Zéno connétable,Dit Mahaud. Et tous trois‖ causent, joyeux et beaux,Elle sur le fauteuil,‖ eux sur des escabeaux ;Joss mange, Zéno boit,‖ Mahaud rêve. La feuilleN'a pas de bruit distinct‖ qu'on note et qu'on recueille,Ainsi va le babil‖ sans force et sans lien ;Joss par moments fredonne‖ un chant tyrolien,Et fait rire ou pleurer‖ la guitare ; les contesSe mêlent aux gaîtés‖ fraîches, vives et promptes.Mahaud dit : — Savez-vous‖ que vous êtes heureux ?— Nous sommes bien portants,‖ jeunes, fous, amoureux,C'est vrai. — De plus, tu sais‖ le latin comme un prêtre,Et Joss chante fort bien.‖ — Oui, nous avons un maîtreQui nous donne cela‖ par-dessus le marché.— Quel est son nom ? — Pour nous‖ Satan, pour vous Péché,Dit Zéno, caressant‖ jusqu'en sa raillerie.— Ne riez pas ainsi,‖ je ne veux pas qu'on rie.Paix, Zéno ! Parle-moi,‖ toi, Joss, mon chambellan.— Madame, Viridis,‖ comtesse de Milan,Fut superbe ; Diane‖ éblouissait le pâtre ;Aspasie, Isabeau‖ de Saxe, Cléopâtre,Sont des noms devant qui‖ la louange se tait ;Rhodope fut divine ;‖ Érylésis étaitSi belle, que Vénus,‖ jalouse de sa gorge,La traîna toute nue‖ en la céleste forgeEt la fit sur l'enclume‖ écraser par Vulcain ;Eh bien ! autant l'étoile‖ éclipse le sequin,Autant le temple éclipse‖ un monceau de décombres,Autant vous effacez‖ toutes ces belles ombres !Ces coquettes qui font‖ des mines dans l'azur,Les elfes, les péris,‖ ont le front jeune et purMoins que vous, et pourtant‖ le vent et ses boufféesLes ont galamment d'ombre‖ et de rayons coiffées.— Flatteur, tu chantes bien,‖ dit Mahaud. Joss reprend :— Si j'étais, sous le ciel‖ splendide et transparent,Ange, fille ou démon,‖ s'il fallait que j'apprisseLa grâce, la gaîté,‖ le rire et le caprice,Altesse, je viendrais‖ à l'école chez vous.Vous êtes une fée‖ aux yeux divins et doux,Ayant pour un vil sceptre‖ échangé sa baguette. —Mahaud songe : — On dirait‖ que ton regard me guette,Tais-toi. Voyons, de vous‖ tout ce que je connais,C'est que Joss est bohême‖ et Zéno polonais,Mais vous êtes charmants ;‖ et pauvres ; oui, vous l'êtes ;Moi, je suis riche ; eh bien !‖ demandez-moi, poètes,Tout ce que vous voudrez.‖ — Tout ! je vous prends au mot,Répond Joss. Un baiser.‖ — Un baiser ! dit Mahaud,Surprise en ce chanteur‖ d'une telle pensée,Savez-vous qui je suis ?‖ — Et fière et courroucée,Elle rougit. Mais Joss‖ n'est pas intimidé.— Si je ne le savais,‖ aurais-je demandéUne faveur qu'il faut‖ qu'on obtienne, ou qu'on prenne ?Il n'est don que de roi‖ ni baiser que de reine.— Reine ! et Mahaud sourit.

XIV Après souper

Cependant, par degrés,Le narcotique éteint‖ ses yeux d'ombre enivrés ;Zéno l'observe, un doigt‖ sur la bouche ; elle pencheLa tête, et, souriant,‖ s'endort, sereine et blanche.Zéno lui prend la main qui retombe.— Elle dort !Dit Zéno ; maintenant,‖ vite, tirons au sort.D'abord, à qui l'état ?‖ Ensuite, à qui la fille ?

Dans ces deux profils d'homme‖ un œil de tigre brille.— Frère, dit Joss, parlons‖ politique à présent.La Mahaud dort et fait‖ quelque rêve innocent ;Nos griffes sont dessus.‖ Nous avons cette folle,L'ami de dessous terre‖ est sûr et tient parole ;Le hasard, grâce à lui,‖ ne nous a rien ôtéDe ce que nous avons‖ construit et comploté ;Tout nous a réussi.‖ Pas de puissance humaineQui nous puisse arracher‖ la femme et le domaine.Concluons. Guerroyer,‖ se chamailler pour rien,Pour un oui, pour un non,‖ pour un dogme arienDont le pape sournois‖ rira dans la coulisse,Pour quelque fille ayant‖ une peau fraîche et lisse,Des yeux bleus et des mains‖ blanches comme le lait,C'était bon dans le temps‖ où l'on se querellaitPour la croix byzantine‖ ou pour la croix latine,Et quand Pépin tenait‖ un synode à Leptine,Et quand Rodolphe et Jean,‖ comme deux hommes soûls,Glaive au poing, s'arrachaient‖ leur Agnès de deux sous ;Aujourd'hui, tout est mieux‖ et les mœurs sont plus douces,Frère, on ne se met plus‖ ainsi la guerre aux trousses,Et l'on sait en amis‖ régler un différend ;As-tu des dés ?— J’en ai.— Celui qui gagne prendLe marquisat ; celui‖ qui perd a la marquise.— Bien.— J’entends du bruit.— Non, dit Zéno, c’est la biseQui souffle bêtement‖ et qu'on prend pour quelqu'un.As-tu peur ?— Je n’ai peur de rien, que d’être à jeun,Répond Joss, et sur moi‖ que les gouffres s'écroulent !— Finissons. Que le sort décide.Les dés roulent.— Quatre.Joss prend les dés.— Six. Je gagne tout net,J'ai trouvé la Lusace‖ au fond de ce cornet.Dès demain, j'entre en danse‖ avec tout mon orchestre.Taxes partout. Payez.‖ La corde ou le séquestre.Des trompettes d'airain‖ seront mes galoubets.Les impôts, cela pousse‖ en plantant des gibets.

Zéno dit : J'ai la fille.‖ Eh bien ! je le préfère.— Elle est belle, dit Joss.— Pardieu !— Qu’en vas-tu faire ?— Un cadavre.Et Zéno reprend :— En vérité,La créature m'a‖ tout à l'heure insulté.Petit ! voilà le mot‖ qu'a dit cette femelle.Si l'enfer m'eût crié,‖ béant sous ma semelle,Dans la sombre minute‖ où je tenais les dés :« Fils, les hasards ne sont‖ pas encor décidés ;Je t'offre le gros lot,‖ la Lusace aux sept villes ;Je t'offre dix pays‖ de blés, de vins et d'huiles,A ton choix, ayant tous‖ leur peuple diligent ;Je t'offre la Bohême‖ et ses mines d'argent,Ce pays le plus haut‖ du monde, ce grand antreD'où plus d'un fleuve sort,‖ où pas un ruisseau n'entre ;Je t'offre le Tyrol‖ aux monts d'azur remplis,Et je t'offre la France‖ avec les fleurs de lys ;Qu'est-ce que tu choisis ?‖ J'aurais dit : « La vengeance. »Et j'aurais dit : « Enfer,‖ plutôt que cette France,Et que cette Bohême,‖ et ce Tyrol si beau,Mets à mes ordres l'ombre‖ et les vers du tombeau ! »Mon frère, cette femme,‖ absurdement marquiseD'une marche terrible‖ où tout le nord se brise,Et qui, dans tous les cas,‖ est pour nous un danger,Ayant été stupide‖ au point de m'outrager,Il convient qu'elle meure‖ et puis, s'il faut tout dire,Je l'aime ; et la lueur‖ que de mon cœur je tire,Je la tire du tien ;‖ tu l'aimes aussi, toi.Frère, en faisant ici,‖ chacun dans notre emploi,Les bohèmes pour mettre‖ à fin cette équipée,Nous sommes devenus,‖ près de cette poupée,Niais, toi comme un page,‖ et moi comme un barbon,Et, de galants pour rire,‖ amoureux pour de bon ;Oui, nous sommes tous deux‖ épris de cette femme ;Or, frère, elle serait‖ entre nous une flamme ;Tôt ou tard, et malgré‖ le bien que je te veux,Elle nous mènerait‖ à nous prendre aux cheveux ;Vois-tu, nous finirions‖ par rompre notre pacte,Nous l’aimons. Tuons-la.— Ta logique est exacte,Dit Joss rêveur ; mais quoi ! du sang ici ?ZénoPousse un coin de tapis,‖ tâte et prend un anneau,Le tire, et le plancher‖ se soulève ; un abîmeS'ouvre ; il en sort de l'ombre‖ ayant l'odeur du crime ;Joss marche vers la trappe,‖ et, les yeux dans les yeux,Zéno muet la montre‖ à Joss silencieux ;Joss se penche, approuvant‖ de la tête le gouffre.

XV Les oubliettes

S'il sortait de ce puits‖ une lueur de soufre,On dirait une bouche‖ obscure de l'enfer.La trappe est large assez‖ pour qu'en un brusque éclairL'homme étonné qu'on pousse‖ y tombe à la renverse ;On distingue les dents‖ sinistres d'une herse,Et, plus bas, le regard‖ flotte dans de la nuit ;Le sang sur les parois‖ fait un rougeâtre enduit ;L'Épouvante est au fond‖ de ce puits toute nue ;On sent qu'il pourrit là‖ de l'histoire inconnue,Et que ce vieux sépulcre,‖ oublié maintenant,Cuve du meurtre, est plein‖ de larves se traînant,D'ombres tâtant le mur‖ et de spectres reptiles.— Nos aïeux ont parfois‖ fait des choses utiles,Dit Joss. Et Zéno dit :‖ — Je connais le château ;Ce que le mont Corbus‖ cache sous son manteau,Nous le savons, l'orfraie‖ et moi ; cette bâtisseEst vieille ; on y rendait‖ autrefois la justice.

— Es-tu sûr que Mahaud‖ ne se réveille point ?

— Son œil est clos ainsi‖ que je ferme mon poing ;Elle dort d'une sorte‖ âpre et surnaturelle,L'obscure volonté‖ du philtre étant sur elle.

— Elle s'éveillera‖ demain au point du jour ?

— Dans l’ombre.— Et que va dire ici toute la cour,Quand au lieu d'une femme‖ ils trouveront deux hommes ?

— Tous se prosterneront‖ en sachant qui nous sommes !— Où va cette oubliette ?— Aux torrents, aux corbeaux,Au néant ; finissons.Ces hommes, jeunes, beaux,Charmants, sont à présent‖ difformes, tant s'effaceSous la noirceur du cœur‖ le rayon de la face,Tant l'homme est transparent‖ à l'enfer qui l'emplit.Ils s'approchent ; Mahaud‖ dort comme dans un lit.— Allons !Joss la saisit sous les bras, et déposeUn baiser monstrueux‖ sur cette bouche rose ;Zéno, penché devant‖ le grand fauteuil massif,Prend ses pieds endormis‖ et charmants ; et, lascif,Lève la robe d'or‖ jusqu'à la jarretière.

Le puits, comme une fosse‖ au fond d'un cimetière,Est là béant.

XIV Ce qu’il font devient plus difficile à faire

Portant Mahaud, qui dort toujours,Ils marchent lents, courbés,‖ en silence, à pas lourds,Zéno tourné vers l'ombre‖ et Joss vers la lumière ;La salle aux yeux de Joss‖ apparaît tout entière ;Tout à coup il s'arrête,‖ et Zéno dit : — Eh bien ?Mais Joss est effrayant ;‖ pâle, il ne répond rien,Et fait signe à Zéno,‖ qui regarde en arrière…Tous deux semblent changés‖ en deux spectres de pierre ;Car tous deux peuvent voir,‖ là, sous un cintre obscur,Un des grands chevaliers‖ rangés le long du murQui se lève et descend‖ de cheval ; ce fantôme,Tranquille sous le masque‖ horrible de son heaume,Vient vers eux, et son pas‖ fait trembler le plancher ;On croit entendre un dieu‖ de l'abîme marcher ;Entre eux et l'oubliette‖ il vient barrer l'espace,Et dit, le glaive haut‖ et la visière basse,D'une voix sépulcrale‖ et lente comme un glas :— Arrête, Sigismond !‖ Arrête, Ladislas !Tous deux laissent tomber‖ la marquise, de sorteQu'elle gît à leurs pieds‖ et paraît une morte.La voix de fer parlant‖ sous le grillage noirReprend, pendant que Joss‖ blêmit, lugubre à voir,Et que Zéno chancelle‖ ainsi qu'un mât qui sombre :— Hommes qui m'écoutez,‖ il est un pacte sombre

Dont tout l'univers parle‖ et que vous connaissez ;Le voici : « Moi, Satan,‖ dieu des cieux éclipsés,« Roi des jours ténébreux,‖ prince des vents contraires,« Je contracte alliance‖ avec mes deux bons frères,L'empereur Sigismond‖ et le roi Ladislas ;« Sans jamais m'absenter‖ ni dire : je suis las,« Je les protégerai‖ dans toute conjoncture ;« De plus, je cède, en libre‖ et pleine investiture,« Étant seigneur de l'onde‖ et souverain du mont,« La mer à Ladislas,‖ la terre à Sigismond,« A la condition‖ que, si je le réclame,« Le roi m'offre sa tête‖ et l'empereur son âme.

— Serait-ce lui ? dit Joss.‖ Spectre aux yeux fulgurants,Es-tu Satan ?— Je suis plus et moins. Je ne prendsQue vos têtes, ô rois‖ des crimes et des trames,Laissant sous l'ongle noir‖ se débattre vos âmes.Ils se regardent, fous,‖ brisés, courbant le front,Et Zéno dit à Joss :‖ — Hein ! qu'est-ce que c'est donc ?

Joss bégaie : — Oui, la nuit‖ nous tient. Pas de refuge.De quelle part viens-tu ? Qu’es-tu, spectre ?— Le juge.— Grâce !La voix reprend :— Dieu conduit par la mainLe vengeur en travers‖ de votre affreux chemin ;L'heure où vous existiez‖ est une heure sonnée ;Rien ne peut plus bouger‖ dans votre destinée ;L'idée inébranlable‖ et calme est dans le joint.Oui, je vous regardais.‖ Vous ne vous doutiez pointQue vous aviez sur vous‖ l'œil fixe de la peine,Et que quelqu'un savait‖ dans cette ombre malsaineQue Joss fût kaÿser‖ et que Zéno fût roi.Vous venez de parler‖ tout à l'heure, pourquoi ?Tout est dit. Vos forfaits‖ sont sur vous, incurables,N'espérez rien. Je suis‖ l'abîme, ô misérables !Ah ! Ladislas est roi,‖ Sigismond est césar,Dieu n'est bon qu'à servir‖ de roue à votre char ;Toi, tu tiens la Pologne‖ avec ses villes fortes ;Toi, Milan t'a fait duc,‖ Rome empereur, tu portesLa couronne de fer‖ et la couronne d'or :Toi, tu descends d'Hercule,‖ et toi, de Spartibor ;Vos deux tiares sont‖ les deux lueurs du monde ;Tous les monts de la terre‖ et tous les flots de l'ondeOnt, altiers ou tremblants,‖ vos deux ombres sur eux ;Vous êtes les jumeaux‖ du grand vertige heureux ;Vous avez la puissance‖ et vous avez la gloire ;Mais, sous ce ciel de pourpre‖ et sous ce dais de moire,Sous cette inaccessible‖ et haute dignité,Sous cet arc de triomphe‖ au cintre illimité,Sous ce royal pouvoir,‖ couvert de sacrés voiles,Sous ces couronnes, tas‖ de perles et d'étoiles,Sous tous ces grands exploits,‖ prompts, terribles, fougueux,Sigismond est un monstre‖ et Ladislas un gueux !O dégradation‖ du sceptre et de l'épée !Noire main de justice‖ aux cloaques trempée !Devant l'hydre le seuil‖ du temple ouvre ses gonds,Et le trône est un siège‖ aux croupes des dragons !Siècle infâme ! ô grand ciel‖ étoilé, que de honte !Tout rampe ; pas un front‖ où le rouge ne monte,C'est égal, on se tait,‖ et nul ne fait un pas.O peuple, million‖ et million de bras,Toi, que tous ces rois-là‖ mangent et déshonorent,Toi, que leurs majestés‖ les vermines dévorent,Est-ce que tu n'as pas‖ des ongles, vil troupeau,Pour ces démangeaisons‖ d'empereurs sur ta peau !Du reste, en voilà deux‖ de pris ; deux âmes tellesQue l'enfer même rêve‖ étonné devant elles !Sigismond, Ladislas,‖ vous étiez triomphants,Splendides, inouïs,‖ prospères, étouffants ;Le temps d'être punis‖ arrive ; à la bonne heure.Ah ! le vautour larmoie‖ et le caïman pleure.J'en ris. Je trouve bon‖ qu'à de certains instantsLes princes, les heureux,‖ les forts, les éclatants,Les vainqueurs, les puissants,‖ tous les bandits suprêmes,A leurs fronts cerclés d'or,‖ charges de diadèmes,Sentent l'âpre sueur‖ de Josaphat monter.Il est doux de voir ceux‖ qui hurlaient, sangloter.La peur après le crime ;‖ après l'affreux, l'immonde.C'est bien. Dieu tout-puissant !‖ quoi, des maîtres du monde,C'est ce que, dans la cendre‖ et sous mes pieds, j'ai là !Quoi, ceci règne ! Quoi,‖ c'est un césar, cela !En vérité, j'ai honte,‖ et mon vieux cœur se serreDe les voir se courber‖ plus qu'il n'est nécessaire.Finissons. Ce qui vient‖ de se passer ici,Princes, veut un linceul‖ promptement épaissi.Ces mêmes dés hideux‖ qui virent le calvaireOnt roulé, dans mon ombre‖ indignée et sévère,Sur une femme, après‖ avoir roulé sur Dieu.Vous avez joué là,‖ rois, un lugubre jeu.Mais, soit. Je ne vais pas‖ perdre à de la moraleCe moment que remplit‖ la brume sépulcrale.Vous ne voyez plus clair‖ dans vos propres chemins,Et vos doigts ne sont plus‖ assez des doigts humainsPour qu'ils puissent tâter‖ vos actions funèbres ;A quoi bon présenter‖ le miroir aux ténèbres ?A quoi bon vous parler‖ de ce que vous faisiez ?Boire de l'ombre, étant‖ de nuit rassasiés,C'est ce que vous avez‖ l'habitude de faire,Rois, au point de ne plus‖ sentir dans votre verreL'odeur des attentats‖ et le goût des forfaits.Je vous dis seulement‖ que ce vil portefaix,Votre siècle, commence‖ à trouver vos altessesLourdes d'iniquités‖ et de scélératesses ;Il est las, c'est pourquoi‖ je vous jette au monceauD'ordures que des ans‖ emporte le ruisseau !Ces jeunes gens penchés‖ sur cette jeune fille,J'ai vu cela ! Dieu bon,‖ sont-ils de la familleDes vivants, respirant‖ sous ton clair horizon ?Sont-ce des hommes ? Non.‖ Rien qu'à voir la façonDont votre lèvre touche‖ aux vierges endormies,Princes, on sent en vous‖ des goules, des lamies,D'affreux êtres sortis‖ des cercueils soulevés.Je vous rends à la nuit.‖ Tout ce que vous avezDe la face de l'homme‖ est un mensonge infâme ;Vous avez quelque bête‖ effroyable au lieu d'âme ;Sigismond l'assassin,‖ Ladislas le forban,Vous êtes des damnés‖ en rupture de ban ;Donc lâchez les vivants‖ et lâchez les empires !Hors du trône, tyrans !‖ à la tombe, vampires !Chiens du tombeau, voici‖ le sépulcre. Rentrez.

Et son doigt est tourné vers le gouffre.Atterrés,Ils s’agenouillent.— Oh ! dit Sigismond, fantôme,Ne nous emmène pas‖ dans ton morne royaume !Nous t'obéirons. Dis,‖ qu'exiges-tu de nous ?Grâce !Et le roi dit : — Vois nous sommes à genouxSpectre !Une vieille femme a la voix moins débile.La figure qui tient‖ l'épée est immobile,Et se tait, comme si‖ cet être souverainTenait conseil en lui‖ sous son linceul d'airain ;Tout à coup, élevant‖ sa voix grave et hautaine :

— Princes, votre façon‖ d'être lâches me gêne.Je suis homme et non spectre.‖ Allons, debout ! mon brasEst le bras d'un vivant ;‖ il ne me convient pasDe faire une autre peur‖ que celle où j'ai coutume.Je suis Éviradnus.

XVII La massue

Comme sort de la brumeUn sévère sapin,‖ vieilli dans l'Appenzell,A l'heure où le matin‖ au soufre universelPasse, des bois profonds‖ balayant la lisière,Le preux ouvre son casque,‖ et hors de la visièreSa longue barbe blanche‖ et tranquille apparaît.

Sigismond s'est dressé‖ comme un dogue en arrêt ;Ladislas bondit, hurle,‖ ébauche une huée,Grince des dents et rit,‖ et, comme la nuéeRésume en un éclair‖ le gouffre pluvieux,Toute sa rage éclate‖ en ce cri : — C'est un vieux !

Le grand chevalier dit,‖ regardant l'un et l'autre :— Rois, un vieux de mon temps‖ vaut deux jeunes du vôtre.Je vous défie à mort,‖ laissant à votre choixD'attaquer l'un sans l'autre‖ ou tous deux à la fois ;Prenez au tas quelque arme‖ ici qui vous convienne ;Vous êtes sans cuirasse‖ et je quitte la mienne ;Car le châtiment doit‖ lui-même être correct.

Éviradnus n'a plus‖ que sa veste d'Utrecht.Pendant que, grave et froid,‖ il déboucle sa chape,Ladislas, furtif, prend‖ un couteau sur la nappe,Se déchausse, et, rapide‖ et bras levé, pieds nus,Il se glisse en rampant‖ derrière Éviradnus ;Mais Éviradnus sent‖ qu'on l'attaque en arrière,Se tourne, empoigne et tord‖ la lame meurtrière,Et sa main colossale‖ étreint comme un étauLe cou de Ladislas,‖ qui lâche le couteau ;Dans l'œil du nain royal‖ on voit la mort paraître.

— Je devrais te couper‖ les quatre membres, traître,Et te laisser ramper‖ sur tes moignons sanglants.Tiens, dit Éviradnus, meurs vite !Et sur ses flancsLe roi s'affaisse, et, blême‖ et l'œil hors de l'orbite,Sans un cri, tant la mort‖ formidable est subite,Il expire.L’un meurt, mais l’autre s’est dressé.Le preux, en délaçant‖ sa cuirasse, a poséSur un banc son épée,‖ et Sigismond l'a prise.Le jeune homme effrayant‖ rit de la barbe grise ;L'épée au poing, joyeux,‖ assassin rayonnant,Croisant les bras, il crie :‖ A mon tour maintenant ! —Et les noirs chevaliers,‖ juges de cette lice,Peuvent voir, à deux pas‖ du fatal précipice,Près de Mahaud, qui semble‖ un corps inanimé,Éviradnus sans arme‖ et Sigismond armé.Le gouffre attend. Il faut‖ que l'un des deux y tombe.

— Voyons un peu sur qui‖ va se fermer la tombe,Dit Sigismond. C'est toi‖ le mort, c'est toi le chien !

Le moment est funèbre ;‖ Éviradnus sent bienQu'avant qu'il ait choisi‖ dans quelque armure un glaive,Il aura dans les reins‖ la pointe qui se lève ;Que faire ? Tout à coup‖ sur Ladislas gisantSon œil tombe ; il sourit,‖ terrible, et, se baissantDe l'air d'un lion pris‖ qui trouve son issue :— Hé ! dit-il, je n'ai pas‖ besoin d'autre massue ! —Et prenant aux talons‖ le cadavre du roi,Il marche à l'empereur‖ qui chancelle d'effroi ;Il brandit le roi mort‖ comme une arme, il en joue,Il tient dans ses deux poings‖ les deux pieds, et secoueAu-dessus de sa tête,‖ en murmurant : Tout beau !Cette espèce de fronde‖ horrible du tombeau,Dont le corps est la corde‖ et la tête la pierre.Le cadavre éperdu‖ se renverse en arrière,Et les bras disloqués‖ font des gestes hideux.

Lui, crie : — Arrangez-vous,‖ princes, entre vous deux.Si l'enfer s'éteignait,‖ dans l'ombre universelle,On le rallumerait,‖ certe, avec l'étincelleQu'on peut tirer d'un roi‖ heurtant un empereur.

Sigismond, sous ce mort‖ qui plane, ivre d'horreur,Recule, sans la voir,‖ vers la lugubre trappe ;Soudain le mort s'abat‖ et le cadavre frappe…Éviradnus est seul.‖ Et l'on entend le bruitDe deux spectres tombant‖ ensemble dans la nuit.Le preux se courbe au seuil‖ du puits, son œil y plonge,Et, calme, il dit tout bas,‖ comme parlant en songe :— C'est bien ! disparaissez,‖ le tigre et le chacal !

XVIII Le jour reparaît

Il reporte Mahaud‖ sur le fauteuil ducal,Et, de peur qu'au réveil‖ elle ne s'inquiète,Il referme sans bruit‖ l'infernale oubliette ;Puis remet tout en ordre‖ autour de lui, disant :

— La chose n'a pas fait‖ une goutte de sang ;C’est mieux.Mais, tout à coup, la cloche au loin éclate ;Les monts gris sont bordés‖ d'un long fil écarlate ;Et voici que, portant‖ les branches de genêt,Le peuple vient chercher‖ sa dame ; l'aube naît.Les hameaux sont en branle,‖ on accourt ; et, vermeille,Mahaud, en même temps‖ que l'aurore, s'éveille ;Elle pense rêver‖ et croit que le brouillardA pris ces jeunes gens‖ pour en faire un vieillard,Et les cherche des yeux,‖ les regrettant peut-être ;Éviradnus salue,‖ et le vieux vaillant maître,S'approchant d'elle avec‖ un doux sourire ami :— Madame, lui dit-il,‖ avez-vous bien dormi ?

Versification

Forme
Strophes variées
Rimes
565[aa] 14[abab]
Mètre
Alexandrins surtout (1170 de 12, 56 de 7)· profil 7, 6−6
Mots à la rime
a dit / l'entendit masculine, classiqueb broussaille / tressaille féminine, classiquec troublé / semblé masculine, classiqued ombre / sombre féminine, classiquee marchant / couchant masculine, classiquef éveillée / feuillée féminine, classiqueg rocher / marcher masculine, classiqueh lémure / armure féminine, classiquei Éviradnus / reconnus masculine, classiqueb bouches / farouches féminine, classiquec arrivé / levé masculine, classiquea naguère / guerre féminine, classiqueb val / cheval masculine, classiquec ferre / affaire féminine, classiquea part / Éviradnus / chenus masculine, classiqueb renomme / économe féminine, classiquec l'affût / fût masculine, classiqued pucelle / étincelle féminine, classiquee point / poing masculine, non classiquef flamme / infâme féminine, classiqueg rompus / Lupus masculine, classiqueh colonne / Wasselonne féminine, classiquei profonds / Chaux-de-Fonds masculine, classiquej Charlemagne / montagne féminine, classiquek bon / Bourbon masculine, classiquel couve / trouve féminine, classiquem courts / secours masculine, classiquen redresse / tendresse féminine, classiqueo Urraca / attaqua masculine, classiquep bauges / Vosges féminine, classiqueq l'aïeul / seul masculine, équivalenter caverne / Saverne féminine, classiques l'anneau / Haguenau masculine, classiquet balance / violence féminine, classiqueu feu / Dieu masculine, classiquev moleste / céleste féminine, classiquew supplier / râtelier masculine, classiquex décroche / s'approche féminine, classiquey d'acier / glacier masculine, classiquez race / Thrace féminine, classiquea entier / quartier masculine, classiqueb Miséricorde / corde féminine, classiquec tribu / barbu masculine, classiquea Palestine / s'obstine féminine, classiquea verrait / forêt masculine, classiqueb déserte / Corbus / verte féminine, classiquec sauvageon / donjon masculine, classiqued escalade / malade féminine, classiquee créneaux / anneaux masculine, classiquef murmures / mûres féminine, classiqueg insolemment / dormant masculine, classiqueh entières / gouttières féminine, classiquei d'eux / hideux masculine, classiquej gargouilles / rouilles féminine, classiqueb Pourtant / combattant masculine, classiquec sombres / décombres féminine, classiqued larron / clairon masculine, classiquee taille / bataille féminine, classiquef échevelé / sifflé masculine, classiqueg querelle / grêle féminine, classiqueh debout / loup masculine, classiquei roche / s'approche féminine, non classiquej là / Attila masculine, classiquek bruine / ruine féminine, classiquel torrentiel / ciel masculine, classiquem gorgones / octogones féminine, classiquen épars / remparts masculine, classiqueo tarasques / bourrasques féminine, classiquep griffons / plafonds masculine, classiqueq drées / effondrées féminine, classiquer fer / l'hiver masculine, classiques rue féminine, classiquet l'immensité / hâté masculine, classiqueu dresse / forteresse féminine, classiquev mûr / mur masculine, classiquew cuirasse / harasse féminine, classiquex fourbus / Corbus masculine, classiquey l'herbe / superbe féminine, classiquez profond / front masculine, classiquea découpe / croupe féminine, classiqueb levant / vent masculine, classiquec l'orme / énorme féminine, classiqued nuit / suit masculine, classiqueb terrible / cible féminine, classiquec Dormant / facilement masculine, classiqued fantôme / chaume féminine, classiquee ondoyer / foyer masculine, classiquea roture / d'aventure féminine, classiqueb forêt / chercherait masculine, classiquec homme / l'économe féminine, classiqued cuisiniers / paniers masculine, classiquee partent / s'écartent féminine, classiquef noirci / voici masculine, classiquea Lusace / race féminine, classiqueb attributs / Corbus masculine, classiquec margrave / brave féminine, classiqued parfums / défunts masculine, classiquee tige / vertige féminine, classiquef d'Attila / coula masculine, classiqueg chrétienne / d'Étienne féminine, classiqueh forêts / après masculine, classiquei plaine / châtelaine féminine, classiquej rochers / clochers masculine, classiquek d'elle / citadelle féminine, classiquel château / Prato masculine, classiquem Lombardie / hardie féminine, classiquen parois / rois masculine, classiqueo funérailles / murailles féminine, classiquep nés / couronnés masculine, classiqueq scythe / visite féminine, classiquer loi / roi masculine, classiques boire / ciboire féminine, classiquet jour / tour masculine, classiqueu dressée / pensée féminine, classiquev Bela / nuit-là masculine, classiquew délivre / ivre féminine, classiquex apparus / Borivorus masculine, classiquey paupière / pierre féminine, classiquez mort / nord masculine, classiquea arbore / Swantibore féminine, classiqueb loups / jaloux masculine, classiquea femme / réclame féminine, classiqueb peur / Frappeur masculine, classiqueb Lusace / grâce féminine, classiquec beauté / royauté masculine, classiqued emploie / ploie féminine, classiquee parfois / lois masculine, classiquef mène / humaine féminine, classiqueg malheur / fleur masculine, classiqueh peureuse / creuse féminine, classiquei prier / marier masculine, classiquej l'appuie / pluie féminine, classiquek l'ours / jours masculine, classiquel besogne / Pologne féminine, classiquea roi / loi masculine, classiqueb serre / rosaire féminine, classiquec deux / hideux masculine, classiqued basse / s'amasse féminine, classiquee pouvoir / noir masculine, classiquef vengeance / intelligence féminine, classiqueg l'horizon / façon masculine, classiqueh grandies / d'incendies féminine, classiquei ancien / musicien masculine, classiquej allie / d'Italie féminine, classiquek oubli / établi masculine, classiquel France / différence féminine, classiquem pilier / chevalier masculine, classiquen unique / germanique féminine, classiqueo soin / loin masculine, classiquep baltique / Celtique féminine, classiqueq dromons / démons masculine, classiquer Prusses / russes féminine, classiques petit / investit masculine, classiquet teutonique / cynique féminine, classiqueu fort / d'accord masculine, classiquev transalpines / rapines féminine, classiquew continent / rayonnant masculine, classiquex téméraires / frères féminine, classiquey déloyal / royal masculine, classiquez éphémère / chimère féminine, classiquea clarté / stérilité masculine, classiqueb allaite / squelette féminine, classiquec hasardeux / d'eux masculine, classiqued rage / d'orage féminine, classiquee sang / menaçant masculine, classiquef besace / Lusace féminine, non classiqueg dents / dedans masculine, classiqueh patiente / insouciante féminine, classiqueb propos / impôts masculine, classiquec bijoutière / altière féminine, classiqued fleuron / baron masculine, classiquee préside / subside féminine, classiquef cour / troubadour masculine, classiqueg race / terrasse féminine, classiqueh ouverts / vers masculine, classiquea Moraves / margraves féminine, classiqueb mystérieux / aïeux masculine, classiquea plaines / fontaines féminine, classiqueb bois / rois masculine, classiquec Qu'importe / porte féminine, classiqueb illimité / extrémité masculine, classiquec adossée / rez-de-chaussée féminine, classiqued toit / voit masculine, classiquee noires / histoires féminine, classiquef Thassilo / l'eau masculine, classiqueg Meuse / brumeuse féminine, classiqueh Asgar / hangar masculine, classiquei l'étable / table féminine, classiquej fer / l'enfer masculine, classiquek âmes / flammes féminine, classiquel linéament / vaguement masculine, classiquem brusquerie / d'orfèvrerie féminine, classiquen faucons / flacons masculine, classiqueo agape / nappe féminine, classiquep draps / cédrats masculine, classiqueq sébiles / habiles féminine, classiquer jardins / daims masculine, classiques florentines / bottines féminine, classiquet lévriers / genévriers masculine, classiqueu jonchée / fauchée féminine, classiquev répandu / étendu masculine, classiquew solitude / inquiétude féminine, classiquex rajeuni / l'infini masculine, classiquey verrières / clairières féminine, classiquez rêvant / vivant masculine, classiquea presque / fresque féminine, classiqueb escabeau / tombeau masculine, classiquec faïence / confiance féminine, classiqued nuit / s'enfuit masculine, classiqueb l'hôte / haute féminine, classiquec regard / hagard masculine, classiqued d'étoiles / toiles féminine, classiquee profonds / griffons masculine, classiquef morte / porte féminine, classiqueg battants / temps masculine, classiqueb redoutable / table féminine, classiquec piliers / chevaliers masculine, classiquea lance / silence féminine, classiqueb bouclés / clés masculine, classiquec répandent / pendent féminine, classiqued d'airain / gorgerin masculine, classiquee selle / l'aisselle féminine, classiquef meurtrier / l'étrier masculine, classiqueg crible / terrible féminine, classiquea frontail / bétail masculine, classiqueb dorme / difforme féminine, classiquec armés / fermés masculine, classiqued fantômes / paumes féminine, classiquee s'accroît / froid masculine, classiquef livides / vides féminine, classiqueb fier / fer masculine, classiquec statues / vêtues féminine, classiqued puni / l'infini masculine, classiquee chevauchée / approchée féminine, classiquef marcheurs / blancheurs masculine, classiqueg porte / sorte féminine, classiqueh moments / dormants masculine, classiquei nombre / l'ombre féminine, classiquea armets / jamais masculine, classiqueb bières / jambières féminine, classiquec couverts / vers masculine, classiqued suaires / ossuaires féminine, classiquee vertigineux / nœuds masculine, classiquef bustes / robustes féminine, classiqueg tricots / ducaux masculine, classiqueh rondache / d'ache féminine, classiquei roi / palefroi masculine, classiquej Rome / l'homme féminine, classiquek coursier / d'acier masculine, classiquea panoplies / accomplies féminine, classiqueb delta / porta masculine, classiquec sauvages / ravages féminine, classiqued poissons / Avançons masculine, classiquee Cunne / Aucune féminine, classiquef Chassieux / yeux masculine, classiqueg d'Antée / arrêtée féminine, classiquea Qu'attendent-ils / sourcils masculine, classiqueb l'âme / flamme féminine, classiquec néant / géant masculine, classiqued l'écorce / force féminine, classiquee mord / mort masculine, classiquef bannière / charnière féminine, classiqueg tous / fous masculine, classiqueh gencives / convulsives féminine, classiquei irrité / l'immobilité masculine, classiquej prolonge / songe féminine, classiquea seuil / fauteuil masculine, classiqueb étroite / droite féminine, classiquec crénela / là masculine, classiqued côte / haute féminine, classiquee escadron / clairon masculine, classiquef pierre / terre féminine, classiqueg chevaliers / singuliers masculine, classiqueb bornes / licornes féminine, classiquec alérions / morions masculine, classiqued végète / jette féminine, classiquee orageux / jeux masculine, classiquef palmées / armées féminine, classiqueg terreur / fureur masculine, classiqueh géante / béante féminine, classiquei longs / talons masculine, classiquej bataille / bâille féminine, classiquek froids / palefrois masculine, classiquel s'exhale / salle féminine, classiquem au-dessus / aperçus masculine, classiquen faîtes / têtes féminine, classiqueo fuyants / effrayants masculine, classiquea cabre / macabre féminine, classiqueb voilés / affreuse / mêlés masculine, classiquec austère / mystère féminine, classiqued luit / nuit masculine, classiquee pilastres / astres féminine, classiquef bas / combats masculine, classiqueg pensée / baissée féminine, classiquea suit / détruit masculine, classiqueb patriarches / marches féminine, classiquec forêt / apparaît masculine, classiqued propice / précipice féminine, classiquee dit-on / Platon masculine, classiquef abîmes / sublimes féminine, classiqueb yeux / vieux masculine, classiquec arrière / clairière féminine, classiqued Gasclin / plein masculine, classiquee baignée / accompagnée féminine, classiquef voix / vois masculine, classiqueg route / écoute féminine, classiqueh chemin / demain masculine, classiquei équipage / page féminine, classiquej fils / suffis masculine, classiquea Va / sévères / verres féminine, classiqueb grands / différents masculine, classiquec avide / vide féminine, classiqued vivant / devant masculine, classiquee étincelle / selle féminine, classiquef éclair / fer masculine, classiqueg pliée / humiliée féminine, classiqueh vaincu / écu masculine, classiquei statue / abattue féminine, classiqueb échapper / tromper masculine, classiquea terrible / invisible féminine, classiqueb voix / bois masculine, classiquea brune / lune féminine, classiqueb mollement / frémissement masculine, classiquec reconnaissable / sable féminine, classiqued frisson / chanson masculine, classiquea rêve / t'enlève féminine, classiqueb palefrois / bois masculine, classiquea proie / joie féminine, classiqueb jour / l'amour masculine, classiquea têtes / bêtes féminine, classiqueb aisés / baisers masculine, classiquea mensonges / songes féminine, classiqueb deux / cieux masculine, classiquea nécessaire / misère féminine, classiqueb vœux / cheveux masculine, classiquea chênes / chaînes féminine, classiqueb moqueur / cœur masculine, classiquea faute / côte féminine, classiqueb monts / Aimons masculine, classiquea ivre / suivre féminine, classiqueb mouillés / réveillés masculine, classiquea nocturne / urne féminine, classiqueb rond / souriront masculine, classiquea folles / paroles féminine, classiqueb Héro / eau masculine, classiquea l'Autriche / riche féminine, classiqueb fronts / aimerons masculine, classiquea terre / mystère féminine, classiqueb charmants / éblouissements masculine, classiquea l'auberge / vierge féminine, classiqueb l'hôtelier / d'écolier masculine, classiquea comte / conte féminine, classiqueb s'épanouit / nuit masculine, classiquea traîne / sereine féminine, classiqueb chantait / tait masculine, classiquea têtes / fêtes féminine, classiqueb d'or / encor masculine, classiquec bandoulière / lierre féminine, classiqued brun / parfum masculine, classiquee grimace / limace féminine, classiquef ici / effrayant / ainsi masculine, classiqueg semble / tremble féminine, classiqueh l'air / éclair masculine, classiquei s'achète / cachette féminine, classiquej peur / vapeur masculine, classiqueb murailles / ferrailles féminine, classiqueb marquis / exquis masculine, classiquec femmes / âmes féminine, classiqueb gantelet / soufflet masculine, classiquea murmure / armure féminine, classiquea ris / souris masculine, classiqueb songent / rongent féminine, classiquec cela / Bela masculine, classiqued déconcerte / certe féminine, classiquee héros / tombereaux masculine, classiquef bourguignote / grignote féminine, classiquea Mahaud / haut masculine, classiqueb prodiges / stryges féminine, classiquec s'ébaucher / plancher masculine, classiqued frémit / boire / noire féminine, classiquee moi / réponds / Soupons masculine, classiquea table / connétable féminine, classiqueb beaux / escabeaux masculine, classiquec feuille / recueille féminine, classiqued lien / tyrolien masculine, classiquee contes / promptes féminine, classiquef heureux / amoureux masculine, classiqueg prêtre / maître féminine, classiqueh marché / Péché masculine, classiquei raillerie / rie féminine, classiquej chambellan / Milan masculine, classiquek pâtre / Cléopâtre féminine, classiquel tait / était masculine, classiquem gorge / forge féminine, classiquen Vulcain / sequin masculine, classiqueo décombres / ombres féminine, classiquep l'azur / pur masculine, classiqueq bouffées / coiffées féminine, classiquer reprend / transparent masculine, classiques j'apprisse / caprice féminine, classiquet vous / doux masculine, classiqueu baguette / guette féminine, classiquev connais / polonais masculine, classiquew l'êtes / poètes féminine, classiquex mot / Mahaud masculine, classiquey pensée / courroucée féminine, classiquez intimidé / demandé masculine, classiquea prenne / reine féminine, classiquea sourit / degrés / enivrés masculine, classiqueb penche / blanche féminine, classiquec retombe / dort / sort masculine, classiqued fille / brille féminine, classiqueb présent / innocent masculine, classiquec folle / parole féminine, classiqued ôté / comploté masculine, classiquee humaine / domaine féminine, classiquef rien / arien masculine, classiqueg coulisse / lisse féminine, classiqueh lait / querellait masculine, classiquei latine / Leptine féminine, classiquej soûls / sous masculine, classiquek douces / trousses féminine, classiquel différend / dés / ai / prend masculine, classiquem marquise / Bien / bruit / bise féminine, classiquen quelqu'un / peur / jeun masculine, classiqueo s'écroulent / décide / roulent féminine, classiquep Quatre / dés / net / cornet masculine, classiqueq orchestre / séquestre féminine, classiquer galoubets / gibets masculine, classiquea préfère / Joss / Pardieu / faire féminine, classiqueb cadavre / reprend / vérité / insulté masculine, classiquec femelle / semelle féminine, classiqued dés / décidés masculine, classiquee villes / d'huiles féminine, classiquef diligent / d'argent masculine, classiqueg antre / n'entre féminine, classiqueh remplis / lys masculine, classiquei vengeance / France féminine, classiquej beau / tombeau masculine, classiquek marquise / brise féminine, classiquel danger / m'outrager masculine, classiquem dire / tire féminine, classiquen toi / emploi masculine, classiqueo équipée / poupée féminine, classiquep barbon / bon masculine, classiqueq femme / flamme féminine, classiquer veux / cheveux masculine, classiques pacte / la / exacte féminine, classiquet ici / Zéno / anneau masculine, classiqueu abîme / crime féminine, classiquev yeux / silencieux masculine, classiquew gouffre / soufre féminine, classiqueb l'enfer / éclair masculine, classiquec renverse / herse féminine, classiqued nuit / enduit masculine, classiquee nue / inconnue féminine, classiquef maintenant / traînant masculine, classiqueg reptiles / utiles féminine, classiqueh château / manteau masculine, classiquei bâtisse / justice féminine, classiqueb surnaturelle / elle féminine, non classiquea jour / l’ombre / cour masculine, classiqueb hommes / sommes féminine, classiqueb oubliette / corbeaux / finissons / beaux masculine, classiquec s'efface / face féminine, classiqued l'emplit / lit masculine, classiquee Allons / dépose / rose féminine, classiquef massif / lascif masculine, classiqueg jarretière / cimetière féminine, classiquea béant / toujours / lourds masculine, classiqueb lumière / entière féminine, classiquec bien / rien masculine, classiqued arrière / pierre féminine, classiquee obscur / mur masculine, classiquef fantôme / heaume féminine, classiqueg plancher / marcher masculine, classiqueh l'espace / basse féminine, classiquei glas / Ladislas masculine, classiquej sorte / morte féminine, classiquek noir / voir masculine, classiquel sombre féminine, classiquea connaissez / éclipsés masculine, classiqueb contraires / frères féminine, classiquec Ladislas / las masculine, classiqued conjoncture / investiture féminine, classiquee mont / Sigismond masculine, classiquef réclame / âme féminine, classiquea fulgurants / Satan / prends masculine, classiqueb trames / âmes féminine, classiquec front / donc masculine, classiquea refuge / spectre / juge féminine, classiqueb Grâce / reprend / main / chemin masculine, classiquec sonnée / destinée féminine, classiqued joint / point masculine, classiquee peine / malsaine féminine, classiquef roi / pourquoi masculine, classiqueg incurables / misérables féminine, classiqueh césar / char masculine, classiquei fortes / portes féminine, classiquej d'or / Spartibor masculine, classiquek monde / l'onde féminine, classiquel eux / heureux masculine, classiquem gloire / moire féminine, classiquen dignité / illimité masculine, classiqueo voiles / d'étoiles féminine, classiquep fougueux / gueux masculine, classiqueq l'épée / trempée féminine, classiquer gonds / dragons masculine, classiques honte / monte féminine, classiquet pas / bras masculine, classiqueu déshonorent / dévorent féminine, classiquev troupeau / peau masculine, classiquew telles / elles féminine, classiquex triomphants / étouffants masculine, classiquey heure / pleure féminine, classiquez instants / éclatants masculine, classiquea suprêmes / diadèmes féminine, classiqueb monter / sangloter masculine, classiquec l'immonde / monde féminine, classiqued là / cela masculine, classiquee serre / nécessaire féminine, classiquef ici / épaissi masculine, classiqueg calvaire / sévère féminine, classiqueh Dieu / jeu masculine, classiquei morale / sépulcrale féminine, classiquej chemins / humains masculine, classiquek funèbres / ténèbres féminine, classiquel faisiez / rassasiés masculine, classiquem faire / verre féminine, classiquen forfaits / portefaix masculine, classiqueo altesses / scélératesses féminine, classiquep monceau / ruisseau masculine, classiqueq fille / famille féminine, classiquer horizon / façon masculine, classiques endormies / lamies féminine, classiquet soulevés / avez masculine, classiqueu infâme / d'âme féminine, classiquev forban / ban masculine, classiquew empires / vampires féminine, classiquex Rentrez / gouffre / Atterrés masculine, classiqueb s’agenouillent / fantôme / royaume féminine, classiquec nous / Grâce / genoux masculine, classiqued Spectre / débile / immobile féminine, classiquee souverain / d'airain masculine, classiquef hautaine / gêne féminine, classiqueb bras / pas masculine, classiquec coutume / Éviradnus / brume féminine, classiqueb l'Appenzell / universel masculine, classiquec lisière / visière féminine, classiqued apparaît / arrêt masculine, classiqueb huée / nuée féminine, classiquec pluvieux / vieux masculine, classiquea l'autre / vôtre féminine, classiqueb choix / fois masculine, classiquec convienne / mienne féminine, classiqued correct / d'Utrecht masculine, classiqueb chape / nappe féminine, classiquec nus / Éviradnus masculine, classiqued arrière / meurtrière féminine, classiquee étau / couteau masculine, classiquef paraître / traître féminine, classiqueb sanglants / vite / flancs masculine, classiquec l'orbite / subite féminine, classiqued expire / dressé / posé masculine, classiquee prise / grise féminine, classiquef rayonnant / maintenant masculine, classiqueg lice / précipice féminine, classiqueh inanimé / armé masculine, classiquei tombe féminine, classiqueb chien / bien masculine, classiqueb glaive / lève féminine, classiquec gisant / baissant masculine, classiqued issue / massue féminine, classiquee roi / d'effroi masculine, classiquef joue / secoue féminine, classiqueh pierre / arrière féminine, classiquei hideux / deux masculine, classiqueb universelle / l'étincelle féminine, classiquec empereur / d'horreur masculine, classiqueb trappe / frappe féminine, classiquec bruit / nuit masculine, classiqued plonge / songe féminine, classiquee chacal / ducal masculine, classiqueb s'inquiète / oubliette féminine, classiquec disant / sang masculine, classiqueb mieux / éclate / écarlate féminine, non classiquec genêt / naît masculine, classiqued vermeille / s'éveille féminine, classiquee brouillard / vieillard masculine, classiquef peut-être / maître féminine, classiqueg ami / dormi masculine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.6· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

1226 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La légende des siècles, Calmann Lévy, 1877· numérisation Enclitt Encyclopédie de la littérature française (Rue des Écoles)· Sources