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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

La légende des siècles, 1859· VIII Seizième siècle Renaissance — Paganisme

Le Satyre

Victor Hugo· distiques, alexandrins, 734 vers

Prologue Le satyre

Un satyre habitait‖ l'Olympe, retiréDans le grand bois sauvage‖ au pied du mont sacré ;Il vivait là, chassant,‖ rêvant, parmi les branches ;Nuit et jour, poursuivant‖ les vagues formes blanches,Il tenait à l'affût‖ les douze ou quinze sensQu'un faune peut braquer‖ sur les plaisirs passants.Qu'était-ce que ce faune ?‖ On l'ignorait ; et FloreNe le connaissait point,‖ ni Vesper, ni l'AuroreQui sait tout, surprenant‖ le regard du réveil.On avait beau parler‖ à l'églantier vermeil,Interroger le nid,‖ questionner le souffle,Personne ne savait‖ le nom de ce maroufle.Les sorciers dénombraient‖ presque tous les sylvains ;Les ægipans étant‖ fameux comme les vins,En voyant la colline on nommait le satyre ;On connaissait Stulcas,‖ faune de Pallantyre,Gès, qui le soir riait,‖ sur le Ménale assis,Bos, l'ægipan de Crète ;‖ on entendait Chrysis,Sylvain du Ptyx que l'homme‖ appelle Janicule,Qui jouait de la flûte‖ au fond du crépuscule ;Anthrops, faune du Pinde,‖ était cité partout ;Celui-ci, nulle part ;‖ les uns le disaient loup ;D'autres le disaient dieu,‖ prétendant s'y connaître ;Mais, en tout cas, qu'il fût‖ tout ce qu'il pouvait être,C'était un garnement‖ de dieu fort mal famé.

Tout craignait ce sylvain‖ à toute heure allumé ;La bacchante elle-même‖ en tremblait ; les napéesS'allaient blottir aux trous‖ des roches escarpées ;Écho barricadait son antre trop peu sûr ;Pour ce songeur velu,‖ fait de fange et d'azur,L'andryade en sa grotte‖ était dans une alcôve ;De la forêt profonde‖ il était l'amant fauve ;Sournois, pour se jeter‖ sur elle, il profitaitDu moment où la nymphe,‖ à l'heure où tout se tait,Éclatante, apparaît‖ dans le miroir des sources ;Il arrêtait Lycère‖ et Chloé dans leurs courses ;Il guettait, dans les lacs‖ qu'ombrage le bouleau,La naïade qu'on voit‖ radieuse sous l'eauComme une étoile ayant‖ la forme d'une femme ;Son œil lascif errait‖ la nuit comme une flamme ;Il pillait les appâts‖ splendides de l'été ;Il adorait la fleur,‖ cette naïveté ;Il couvait d'une tendre‖ et vaste convoitiseLe muguet, le troène‖ embaumé, le cytise,Et ne s'endormait pas‖ même avec le pavot ;Ce libertin était‖ à la rose dévot ;Il était fort infâme‖ au mois de mai ; cet êtreTraitait, regardant tout‖ comme par la fenêtre,Flore de mijaurée‖ et Zéphir de marmot ;Si l'eau murmurait : J'aime !‖ il la prenait au mot,Et saisissait l'Ondée‖ en fuite sous les herbes ;Ivre de leurs parfums,‖ vautré parmi leurs gerbes,Il faisait une telle‖ orgie avec les lys,Les myrtes, les sorbiers‖ de ses baisers pâlis,Et de telles amours,‖ que, témoin du désordre,Le chardon, ce jaloux,‖ s'efforçait de le mordre ;Il s'était si crûment‖ dans les excès plongéQu'il était dénoncé‖ par la caille et le geai ;Son bras, toujours tendu‖ vers quelque blonde tresse,Traversait l'ombre ; après‖ les mois de sécheresse,Les rivières, qui n'ont‖ qu'un voile de vapeur,Allant remplir leur urne‖ à la pluie, avaient peurDe rencontrer sa face‖ effrontée et cornue ;Un jour, se croyant seule‖ et s'étant mise nuePour se baigner au flot‖ d'un ruisseau clair, PsychéL'aperçut tout à coup‖ dans les feuilles caché,Et s'enfuit, et s'alla‖ plaindre dans l'empyrée ;Il avait l'innocence‖ impudique de Rhée ;Son caprice, à la fois‖ divin et bestial,Montait jusqu'au rocher‖ sacré de l'idéal,Car partout où l'oiseau‖ vole, la chèvre y grimpe ;Ce faune débraillait‖ la forêt de l'Olympe ;Et, de plus, il était‖ voleur, l'aventurier.

Hercule l'alla prendre‖ au fond de son terrier,Et l'amena devant‖ Jupiter par l'oreille.

I Le bleu

Quand le satyre fut‖ sur la cime vermeille,Quand il vit l'escalier‖ céleste commençant,On eût dit qu'il tremblait,‖ tant c'était ravissant !Et que, rictus ouvert‖ au vent, tête éblouieA la fois par les yeux,‖ l'odorat et l'ouïe,Faune ayant de la terre‖ encore à ses sabots,Il frissonnait devant‖ les cieux sereins et beaux ;Quoique à peine fût-il‖ au seuil de la caverneDe rayons et d'éclairs‖ que Jupiter gouverne,Il contemplait l'azur,‖ des pléiades voisin ;Béant, il regardait‖ passer, comme un essaimDe molles nudités‖ sans fin continuées,Toutes ces déités‖ que nous nommons nuées.C'était l'heure où sortaient‖ les chevaux du soleil ;Le ciel, tout frémissant‖ du glorieux réveil,Ouvrait les deux battants‖ de sa porte sonore ;Blancs, ils apparaissaient‖ formidables d'aurore ;Derrière eux, comme un orbe‖ effrayant, couvert d'yeux,Éclatait la rondeur‖ du grand char radieux ;On distinguait le bras‖ du dieu qui les dirige ;Aquilon achevait‖ d'atteler le quadrige ;Les quatre ardents chevaux‖ dressaient leur poitrail d'or ;Faisant leurs premiers pas,‖ ils se cabraient encorEntre la zone obscure‖ et la zone enflammée ;De leurs crins, d'où semblait‖ sortir une fuméeDe perles, de saphirs,‖ d'onyx, de diamants,Dispersée et fuyante‖ au fond des éléments,Les trois premiers, l'œil fier,‖ la narine embrasée,Secouaient dans le jour‖ des gouttes de rosée ;Le dernier secouait‖ des astres dans la nuit.

Le ciel, le jour qui monte‖ et qui s'épanouit,La terre qui s'efface‖ et l'ombre qui se dore,Ces hauteurs, ces splendeurs,‖ ces chevaux de l'auroreDont le hennissement‖ provoque l'infini,Tout cet ensemble auguste,‖ heureux, calme, béni,Puissant, pur, rayonnait ;‖ un coin était farouche ;Là brillaient, près de l'antre‖ où Gorgone se couche,Les armes de chacun‖ des grands dieux que l'autanGardait sévère, assis‖ sur des os de titan ;Là reposait la Force‖ avec la Violence ;On voyait, chauds encor,‖ fumer les fers de lance ;On voyait des lambeaux‖ de chair aux coutelasDe Bellone, de Mars,‖ d'Hécate et de Pallas,Des cheveux au trident‖ et du sang à la foudre.

Si le grain pouvait voir‖ la meule prête à moudre,Si la ronce du bouc‖ apercevait la dent,Ils auraient l'air pensif‖ du sylvain regardantLes armures des dieux‖ dans le bleu vestiaire ;Il entra dans le ciel ;‖ car le grand bestiaireTenait sa large oreille‖ et ne le lâchait pas ;Le bon faune crevait‖ l'azur à chaque pas ;Il boitait, tout gêné‖ de sa fange première ;Son pied fourchu faisait‖ des trous dans la lumière,La monstruosité‖ brutale du sylvainÉtant lourde et hideuse‖ au nuage divin.Il avançait, ayant‖ devant lui le grand voileSous lequel le matin‖ glisse sa fraîche étoile ;Soudain il se courba‖ sous un flot de clarté,Et, le rideau s'étant‖ tout à coup écarté,Dans leur immense joie‖ il vit les dieux terribles.

Ces êtres surprenants‖ et forts, ces invisibles,Ces inconnus profonds‖ de l'abîme, étaient là.Sur douze trônes d'or‖ que Vulcain cisela,A la table où jamais‖ on ne se rassasie,Ils buvaient le nectar‖ et mangeaient l'ambroisie.Vénus était devant‖ et Jupiter au fond.Cypris, sur la blancheur‖ d'une écume qui fond,Reposait mollement,‖ nue et surnaturelle,Ceinte du flamboiement‖ des yeux fixés sur elle,Et, par moments, avec‖ l'encens, les cœurs, les vœux,Toute la mer semblait‖ flotter dans ses cheveux.Jupiter aux trois yeux‖ songeait, un pied sur l'aigle ;Son sceptre était un arbre‖ ayant pour fleur la règle ;On voyait dans ses yeux‖ le monde commencé ;Et dans l'un le présent,‖ dans l'autre le passé ;Dans le troisième errait‖ l'avenir comme un songe ;Il ressemblait au gouffre‖ où le soleil se plonge ;Des femmes, Danaé,‖ Latone, Sémélé,Flottaient dans son regard ;‖ sous son sourcil voilé,Sa volonté parlait‖ à sa toute-puissance ;La nécessité morne‖ était sa réticence ;Il assignait les sorts ;‖ et ses réflexionsÉtaient gloire aux Cadmus‖ et roue aux Ixions ;Sa rêverie, où l'ombre‖ affreuse venait faireDes taches de noirceur‖ sur un fond de lumière,Était comme la peau‖ du léopard tigré ;Selon qu'ils s'écartaient‖ ou s'approchaient, au gréDe ses décisions‖ clémentes ou funèbres,Son pouce et son index‖ faisaient dans les ténèbresS'ouvrir ou se fermer‖ les ciseaux d'Atropos ;La radieuse paix‖ naissait de son repos,Et la guerre sortait‖ du pli de sa narine ;Il méditait, avec‖ Thémis dans sa poitrine,Calme, et si patient‖ que les sœurs d'Arachné,Entre le froid conseil‖ de Minerve émanéEt l'ordre redoutable‖ attendu par Mercure,Filaient leur toile au fond‖ de sa pensée obscure.

Derrière Jupiter‖ rayonnait Cupidon,L'enfant cruel, sans pleurs,‖ sans remords, sans pardon,Qui, le jour qu'il naquit,‖ riait, se sentant d'âgeA commencer, du haut‖ des cieux, son brigandage.

L'univers apaisé,‖ content, mélodieux,Faisait une musique‖ autour des vastes dieux ;Partout où le regard‖ tombait, c'était splendide ;Toute l'immensité‖ n'avait pas une ride ;Le ciel réverbérait‖ autour d'eux leur beauté ;Le monde les louait‖ pour l'avoir bien dompté ;La bête aimait leurs arcs,‖ l'homme adorait leurs piques ;Ils savouraient, ainsi‖ que des fruits magnifiques,Leurs attentats bénis,‖ heureux, inexpiés ;Les haines devenaient‖ des lyres sous leurs pieds,Et même la clameur‖ du triste lac Stymphale,Partie horrible et rauque,‖ arrivait triomphale.

Au-dessus de l'Olympe‖ éclatant, au-delàDu nouveau ciel qui naît‖ et du vieux qui croula,Plus loin que les chaos,‖ prodigieux décombres,Tournait la roue énorme‖ aux douze cages sombres,Le Zodiaque, ayant‖ autour de ses essieuxDouze spectres tordant‖ leur chaîne dans les cieux ;Ouverture du puits‖ de l'infini sans borne ;Cercle horrible où le chien‖ fuit près du capricorne ;Orbe inouï, mêlant‖ dans l'azur nébuleuxAux lions constellés‖ les sagittaires bleus.

Jadis, longtemps avant‖ que la lyre thébaineAjoutât des clous d'or‖ à sa conque d'ébène,Ces êtres merveilleux‖ que le Destin conduit,Étaient tout noirs, ayant‖ pour mère l'âpre Nuit ;Lorsque le jour parut,‖ il leur livra bataille ;Lutte affreuse ! il vainquit ;‖ l'Ombre encore en tressaille ;De sorte que, percés‖ des flèches d'Apollon,Tous ces monstres, partout,‖ de la tête au talon,En souvenir du sombre‖ et lumineux désastre,Ont maintenant la plaie‖ incurable d'un astre.

Hercule, de ce poing‖ qui peut fendre l'Ossa,Lâchant subitement‖ le captif, le poussaSur le grand pavé bleu‖ de la céleste zone— Va, dit-il. Et l'on vit‖ apparaître le faune,Hérissé, noir, hideux,‖ et cependant serein,Pareil au bouc velu‖ qu'à Smyrne le marin,En souvenir des prés,‖ peint sur les blanches voiles ;L'éclat de rire fou‖ monta jusqu'aux étoiles,Si joyeux, qu'un géant‖ enchaîné sur le montLeva la tète et dit :‖ — Quel crime font-ils donc ?Jupiter, le premier,‖ rit ; l'orageux NeptuneSe dérida, changeant‖ la mer et la fortune ;Une Heure qui passait‖ avec son sablierS'arrêta, laissant l'homme‖ et la terre oublier ;La gaîté fut, devant‖ ces narines camuses,Si forte, qu'elle osa‖ même aller jusqu'aux Muses ;Vénus tourna son front,‖ dont l'aube se voila,Et dit : Qu'est-ce que c'est‖ que cette bête-là ?Et Diane chercha‖ sur son dos une flèche ;L'urne du Potamos‖ étonné resta sèche ;La colombe ferma‖ ses doux yeux, et le paonDe sa roue arrogante‖ insulta l'ægipan ;Les déesses riaient‖ toutes comme des femmes.Le faune, haletant‖ parmi ces grandes dames,Cornu, boiteux, difforme,‖ alla droit à Vénus ;L'homme-chèvre ébloui‖ regarda ses pieds nus ;Alors on se pâma ;‖ Mars embrassa Minerve,Mercure prit la taille‖ à Bellone avec verve,La meute de Diane‖ aboya sur l'Œta ;Le tonnerre n'y put‖ tenir, il éclata ;Les immortels penchés‖ parlaient aux immortelles ;Vulcain dansait ; Pluton‖ disait des choses tellesQue Momus en était‖ presque déconcerté ;Pour que la reine pût‖ se tordre en liberté,Hébé cachait Junon‖ derrière son épaule ;Et l'Hiver se tenait‖ les côtes sur le pôle.

Ainsi les dieux riaient‖ du pauvre paysan.

Et lui, disait tout bas‖ à Vénus : — Viens-nous-en.Nulle voix ne peut rendre‖ et nulle langue écrireLe bruit divin que fit‖ la tempête du rire.Hercule dit : « — Voilà le drôle en question.— Faune, dit Jupiter,‖ le grand amphictyon,Tu mériterais bien‖ qu'on te changeât en marbre,En flot, ou qu'on te mît‖ au cachot dans un arbre ;Pourtant je te fais grâce,‖ ayant ri. Je te rendsA ton antre, à ton lac,‖ à tes bois murmurants ;Mais, pour continuer‖ le rire qui te sauve,Gueux, tu vas nous chanter‖ ton chant de bête fauve.L’Olympe écoute. Allons, chante. »Le chèvre-piedsDit : — Mes pauvres pipeaux‖ sont tout estropiés ;Hercule ne prend pas‖ bien garde lorsqu'il entre ;Il a marché dessus‖ en traversant mon antre.Or, chanter sans pipeaux,‖ c'est fort contrariant.

Mercure lui prêta‖ sa flûte en souriant.

L'humble ægipan, figure‖ à l'ombre habituée,Alla s'asseoir rêveur‖ derrière une nuée,Comme si, moins voisin‖ des rois, il était mieux,Et se mit à chanter‖ un chant mystérieux.L'aigle, qui, seul, n'avait‖ pas ri, dressa la tête.

Il chanta, calme et triste.Alors sur le Taygète,Sur le Mysis, au pied‖ de l'Olympe divin,Partout on vit, au fond‖ du bois et du ravin,Les bêtes qui passaient‖ leur tête entre les branches,La biche à l'œil profond‖ se dressa sur ses hanches,Et les loups firent signe‖ aux tigres d'écouter ;On vit, selon le rythme‖ étrange, s'agiterLe haut des arbres, cèdre,‖ ormeau, pins qui murmurent,Et les sinistres fronts‖ des grands chênes s'émurent.

Le faune énigmatique,‖ aux Grâces odieux,Ne semblait plus savoir‖ qu'il était chez les dieux.

II Le noir

Le satyre chanta‖ la terre monstrueuse.

L'eau perfide sur mer,‖ dans les champs tortueuse,Sembla dans son prélude‖ errer comme à traversLes sables, les graviers,‖ l'herbe et les roseaux verts ;Puis il dit l'Océan,‖ typhon couvert de baves,Puis la Terre lugubre‖ avec toutes ses caves,Son dessous effrayant,‖ ses trous, ses entonnoirs,Où l'ombre se fait onde,‖ où vont des fleuves noirs,Où le volcan, noyé‖ sous d'affreux lacs, regretteLa montagne, son casque,‖ et le feu, son aigrette,Où l'on distingue, au fond‖ des gouffres inouïs,Les vieux enfers éteints‖ des dieux évanouis.Il dit la sève ; il dit‖ la vaste plénitudeDe la nuit, du silence‖ et de la solitude,Le froncement pensif‖ du sourcil des rochers ;Sorte de mer ayant‖ les oiseaux pour nochers,Pour algue le buisson,‖ la mousse pour éponge,La végétation‖ aux mille têtes songe ;Les arbres pleins de vent‖ ne sont pas oublieux ;Dans la vallée, au bord‖ des lacs, sur les hauts lieux,Ils gardent la figure‖ antique de la terre ;Le chêne est entre tous‖ profond, fidèle, austère ;Il protège et défend‖ le coin du bois amiOù le gland l'engendra‖ s'entrouvrant à demi,Où son ombrage attire‖ et fait rêver le pâtre.Pour arracher de là‖ ce vieil opiniâtre,Que d'efforts, que de peine‖ au rude bûcheron !Le sylvain raconta‖ Dodone et Cithéron,Et tout ce qu'aux bas-fonds‖ d'Hémus, sur l'Érymanthe,Sur l'Hymite, l'autan‖ tumultueux tourmente ;Avril avec Tellus‖ pris en flagrant délit,Les fleuves recevant‖ les sources dans leur lit,La grenade montrant‖ sa chair sous sa tunique,Le rut religieux‖ du grand cèdre cynique,Et dans l'âcre épaisseur‖ des branchages flottants,La palpitation‖ sauvage du printemps.

« Tout l'abîme est sous l'arbre‖ énorme comme une urne.La terre sous la plante‖ ouvre son puits nocturnePlein de feuilles, de fleurs‖ et de l'amas mouvantDes rameaux que, plus tard,‖ soulèvera le vent,Et dit : — Vivez ! Prenez.‖ C'est à vous. Prends, brin d'herbe !Prends, sapin ! — La forêt‖ surgit ; l'arbre superbeFouille le globe avec‖ une hydre sous ses pieds ;La racine effrayante‖ aux longs cous repliés,Aux mille becs béants‖ dans la profondeur noire,Descend, plonge, atteint l'ombre‖ et tâche de la boire,Et, bue, au gré de l'air,‖ du lieu, de la saison,L'offre au ciel en encens‖ ou la crache en poison,Selon que la racine,‖ embaumée ou malsaine,Sort, parfum, de l'amour,‖ ou, venin, de la haine.De là, pour les héros,‖ les grâces et les dieux,L'œillet, le laurier-rose‖ ou le lys radieux,Et, pour l'homme qui pense‖ et qui voit, la ciguë.

« Mais qu'importe à la terre ?‖ Au chaos contiguë,Elle fait son travail‖ d'accouchement sans fin.Elle a pour nourrisson‖ l'universelle faim.C'est vers son sein qu'en bas‖ les racines s'allongent.Les arbres sont autant‖ de mâchoires qui rongentLes éléments, épars‖ dans l'air souple et vivant ;Ils dévorent la pluie,‖ ils dévorent le vent ;Tout leur est bon, la nuit,‖ la mort ; la pourritureVoit la rose et lui va‖ porter sa nourriture ;L'herbe vorace broute‖ au fond des bois touffus ;A toute heure, on entend‖ le craquement confusDes choses sous la dent‖ des plantes ; on voit paîtreAu loin, de toutes parts,‖ l'immensité champêtre ;L'arbre transforme tout‖ dans son puissant progrès ;Il faut du sable, il faut‖ de l'argile et du grès ;Il en faut au lentisque,‖ il en faut à l'yeuse,Il en faut à la ronce,‖ et la terre joyeuseRegarde la forêt‖ formidable manger.

Le satyre semblait‖ dans l'abîme songer ;Il peignit l'arbre vu‖ du côté des racines,Le combat souterrain‖ des plantes assassines,L'antre que le feu voit,‖ qu'ignore le rayon,Le revers ténébreux‖ de la création,Comme filtre la source‖ et flambe le cratère ;Il avait l'air de suivre‖ un esprit sous la terre ;Il semblait épeler‖ un magique alphabet ;On eût dit que sa chaîne‖ invisible tombait ;Il brillait ; on voyait‖ s'échapper de sa boucheSon rêve avec un bruit‖ d'ailes vague et farouche :

« Les forêts sont le lieu‖ lugubre ; la terreur,Noire, y résiste même‖ au matin, ce doreur ;Les arbres tiennent l'ombre‖ enchaînée à leurs tiges ;Derrière le réseau‖ ténébreux des vertiges,L'aube est pâle, et l'on voit‖ se tordre les serpentsDes branches sur l'aurore‖ horribles et rampants ;Là, tout tremble ; au-dessus‖ de la ronce hagarde,Le mont, ce grand témoin,‖ se soulève et regarde ;La nuit, les hauts sommets,‖ noyés dans la vapeur,Les antres froids, ouvrant‖ la bouche avec stupeur,Les blocs, ces durs profils,‖ les rochers, ces visagesAvec qui l'ombre voit‖ dialoguer les sages,Guettent le grand secret,‖ muets, le cou tendu ;L'œil des montagnes s'ouvre‖ et contemple, éperdu ;On voit s'aventurer‖ dans les profondeurs fauvesLa curiosité‖ de ces noirs géants chauves ;Ils scrutent le vrai ciel,‖ de l'Olympe inconnu ;Ils tâchent de saisir‖ quelque chose de nu ;Ils sondent l'étendue‖ auguste, chaste, austère,Irritée, et, parfois‖ surprenant le mystère,Aperçoivent la Cause‖ au pur rayonnement,Et l'Énigme sacrée,‖ au loin, sans vêtement,Montrant sa forme blanche‖ au fond de l'insondable.O nature terrible !‖ ô lien formidableDu bois qui pousse avec‖ l'idéal contemplé !Bain de la déité‖ dans le gouffre étoilé !Farouche nudité‖ de la Diane sombreQui, de loin regardée‖ et vue à travers l'ombre,Fait croître au front des rocs‖ les arbres monstrueux !O forêt ! »Le sylvain avait fermé les yeux ;La flûte que, parmi‖ des mouvements de fièvre,Il prenait et quittait,‖ importunait sa lèvre ;Le faune la jeta‖ sur le sacré sommet ;Sa paupière était close,‖ on eût dit qu'il dormait,Mais ses cils roux laissaient‖ passer de la lumière.Il poursuivit :« Salut ! Chaos ! gloire à la Terre !Le chaos est un dieu ;‖ son geste est l'élément ;Et lui seul a ce nom‖ sacré : Commencement.C'est lui qui, bien avant‖ la naissance de l'heure,Surprit l'aube endormie‖ au fond de sa demeure,Avant le premier jour‖ et le premier moment ;C'est lui qui, formidable,‖ appuya doucementLa gueule de la nuit‖ aux lèvres de l'aurore,Et c'est de ce baiser‖ qu'on vit l'étoile éclore.Le chaos est l'époux‖ lascif de l'infini.Avant le Verbe, il a‖ rugi, sifflé, henni ;Les animaux, aînés‖ de tout, sont les ébauchesDe sa fécondité‖ comme de ses débauches.Fussiez-vous dieux, songez‖ en voyant l'animal !Car il n'est pas le jour,‖ mais il n'est pas le mal.Toute la forte obscure‖ et vague de la terreEst dans la brute, larve‖ auguste et solitaire ;La sibylle au front gris‖ le sait, et les devinsLe savent, ces rôdeurs‖ des sauvages ravins ;Et c'est là ce qui fait‖ que la thessaliennePrend des touffes de poils‖ aux cuisses de l'hyène,Et qu'Orphée écoutait,‖ hagard, presque jaloux,Le chant sombre qui sort‖ du hurlement des loups. »

— Marsyas ! murmura‖ Vulcain, l'envieux louche.Apollon attentif‖ mit le doigt sur sa bouche.Le faune ouvrit les yeux,‖ et peut-être entendit ;Calme, il prit son genou‖ dans ses deux mains, et dit :

« Et maintenant, ô dieux !‖ écoutez ce mot : L'âme !Sous l'arbre qui bruit,‖ près du monstre qui brame,Quelqu'un parle. C'est l'Âme.‖ Elle sort du chaos.Sans elle, pas de vents,‖ le miasme ; pas de flots,L'étang ; l'âme, en sortant‖ du chaos, le dissipe ;Car il n'est que l'ébauche‖ et l'âme est le principe.L'Être est d'abord moitié‖ brute et moitié forêt ;Mais l'Air veut devenir‖ l'Esprit, l'homme apparaît.L'homme ! qu'est-ce que c'est‖ que ce sphinx ? Il commenceEn sagesse, ô mystère !‖ et finit en démence.O ciel qu'il a quitté,‖ rends-lui son âge d'or ! »

Le faune, interrompant‖ son orageux essor,Ouvrit d'abord un doigt,‖ puis deux, puis un troisième,Comme quelqu'un qui compte‖ en même temps qu'il sème,Et cria, sur le haut‖ Olympe vénéré :

« O dieux ! l'arbre est sacré,‖ l'animal est sacré,L'homme est sacré ; respect‖ à la terre profonde !La terre où l'homme crée,‖ invente, bâtit, fonde.Géant possible, encor‖ caché dans l'embryon,La terre où l'animal‖ erre autour du rayon,La terre où l'arbre ému‖ prononce des oracles,Dans l'obscur infini‖ tout rempli de miracles,Est le prodige, ô dieux !‖ le plus proche de vous ;C'est le globe inconnu‖ qui vous emporte tous,Vous les éblouissants,‖ la grande bande altière,Qui dans des coupes d'or‖ buvez de la lumière,Vous qu'une aube précède‖ et qu'une flamme suit,Vous les dieux, à travers‖ la formidable nuit ! »

La sueur ruisselait‖ sur le front du satyre,Comme l'eau du filet‖ que des mers on retire ;Ses cheveux s'agitaient‖ comme au vent libyen.

Phœbus lui dit : — Veux-tu la lyre ?— Je veux bien,Dit le faune ; et, tranquille,‖ il prit la grande lyre.

Alors il se dressa‖ debout dans le délireDes rêves, des frissons,‖ des aurores, des cieux,Avec deux profondeurs‖ splendides dans les yeux.

— Il est beau ! murmura‖ Vénus épouvantée.

Et Vulcain, s'approchant‖ d'Hercule, dit : Antée.Hercule repoussa‖ du coude ce boiteux.

III Le sombre

Il ne les voyait pas,‖ quoiqu'il fût devant eux.

Il chanta l'Homme. Il dit‖ cette aventure sombre,L'homme, le chiffre élu,‖ tête auguste du nombre,Effacé par sa faute,‖ et, désastreux reflux,Retombé dans la nuit‖ de ce qu'on ne voit plus ;Il dit les premiers temps,‖ le bonheur, l'Atlantide,Comment le parfum pur‖ devint miasme fétide,Comment l'hymne expira‖ sous le clair firmament,Comment la liberté‖ devint joug, et commentLe silence se fit‖ sur la terre domptée ;Il ne prononça pas‖ le nom de Prométhée,Mais il avait dans l'œil‖ l'éclair du feu volé ;Il dit l'humanité‖ mise sous le scellé,Il dit tous les forfaits‖ et toutes les misères,Depuis les rois peu bons‖ jusqu'aux dieux peu sincères.Tristes hommes ; ils ont‖ vu le ciel se fermer.En vain, pieux, ils ont‖ commencé par s'aimer ;En vain, frères, ils ont‖ tué la Haine infâme,Le monstre à l'aile onglée,‖ aux sept gueules de flamme ;Hélas ! comme Cadmus,‖ ils ont bravé le sort ;Ils ont semé les dents‖ de la bête ; il en sortDes spectres tournoyant‖ comme la feuille morte,Qui combattent, l'épée‖ à la main, et qu'emporteL'évanouissement‖ du vent mystérieux.Ces spectres sont les rois ;‖ ces spectres sont les dieux.Ils renaissent sans fin,‖ ils reviennent sans cesse ;L'antique égalité‖ devient sous eux bassesse ;Dracon donne la main‖ à Busiris ; la MortSe fait code, et se met‖ aux ordres du plus fort,Et le dernier soupir‖ libre et divin s'exhaleSous la difformité‖ de la loi colossale.L'homme se tait, ployé‖ sous cet entassement ;Il se venge ; il devient‖ pervers ; il vole, il ment ;L'âme inconnue et sombre‖ a des vices d'esclave ;Puisqu'on lui met un mont‖ sur elle, elle en sort lave ;Elle brûle et ravage‖ au lieu de féconder.Et dans le chant du faune‖ on entendait gronderTout l'essaim des fléaux‖ furieux qui se lève.Il dit la guerre ; il dit‖ la trompette et le glaive ;La mêlée en feu, l'homme‖ égorgé sans remord,La gloire, et dans la joie‖ affreuse de la mortLes plis voluptueux‖ des bannières flottantes ;L'aube naît ; les soldats‖ s'éveillent sous les tentes ;La nuit, même en plein jour,‖ les suit, planant sur eux ;L'armée en marche ondule‖ au fond des chemins creux ;La baliste en roulant‖ s'enfonce dans les boues ;L'attelage fumant‖ tire, et l'on pousse aux roues ;Cris des chefs, pas confus ;‖ les moyeux des charroisBalafrent les talus‖ des ravins trop étroits.On se rencontre, ô choc‖ hideux ! les deux arméesSe heurtent, de la même‖ épouvante enflammées,Car la rage guerrière‖ est un gouffre d'effroi.O vaste effarement !‖ chaque bande a son roi.Perce, épée ! ô cognée,‖ abats ! massue, assomme !Cheval, foule aux pieds l'homme,‖ et l'homme et l'homme et l'homme !Hommes, tuez, traînez‖ les chars, roulez les tours ;Maintenant, pourrissez,‖ et voici les vautours !Des guerres sans fin naît‖ le glaive héréditaire ;L'homme fuit dans les trous,‖ au fond des bois, sous terre ;Et, soulevant le bloc‖ qui ferme son rocher,Écoute s'il entend‖ les rois là-haut marcher ;Il se hérisse ; l'ombre‖ aux animaux le mêle ;Il déchoit ; plus de femme,‖ il n'a qu'une femelle ;Plus d'enfants, des petits ;‖ l'amour qui le séduitEst fils de l'indigence‖ et de l'Air de la nuit,Tous ses instincts sacrés‖ à la fange aboutissent ;Les rois, après l'avoir‖ fait taire, l'abrutissent ;Si bien que le bâillon‖ est maintenant un mors.Et sans l'homme pourtant‖ les horizons sont morts ;Qu'est la création‖ sans cette initiale ?Seul sur la terre il a‖ la lueur faciale ;Seul il parle ; et sans lui‖ tout est décapité.Et l'on vit poindre aux yeux‖ du faune la clartéDe deux larmes coulant‖ comme à travers la flamme.Il montra tout le gouffre‖ acharné contre l'âme ;Les ténèbres croisant‖ leurs funestes rameaux ;Et la forêt du sort‖ et la meute des maux,Les hommes se cachant,‖ les dieux suivant leurs pistes.Et, pendant qu'il chantait‖ toutes ces strophes tristes,Le grand souffle vivant,‖ ce transfigurateur,Lui mettait sous les pieds‖ la céleste hauteur ;En cercle autour de lui‖ se taisaient les Borées ;Et comme par un fil‖ invisible tirées,Les brutes, loups, renards,‖ ours, lions chevelus,Panthères, s'approchaient‖ de lui de plus en plus ;Quelques-unes étaient‖ si près des dieux venues,Pas à pas, qu'on voyait‖ leurs gueules dans les nues.

Les dieux ne riaient plus ;‖ tous ces victorieux,Tous ces rois, commençaient‖ à prendre au sérieuxCette espèce d'esprit‖ qui sortait d'une bête.

Il reprit :« Donc, les dieux et les rois sur le faîte,L'homme en bas ; pour valets‖ aux tyrans, les fléaux.L'homme ébauché ne sort‖ qu'à demi du chaosEt jusqu'à la ceinture‖ il plonge dans la brute ;Tout le trahit ; parfois,‖ il renonce à la lutte.Où donc est l'espérance ?‖ Elle a lâchement fui.Toutes les surdités‖ s'entendent contre lui ;Le sol l'alourdit, l'air‖ l'enfièvre, l'eau l'isole ;Autour de lui la mer‖ sinistre se désole ;Grâce au hideux complot‖ de tous ces guets-apens,Les flammes, les éclairs,‖ sont contre lui serpents ;Ainsi que le héros‖ l'aquilon le soufflette ;La peste aide le glaive,‖ et l'élément complèteLe despote, et la nuit‖ s'ajoute au conquérant ;Ainsi la Chose vient‖ mordre aussi l'homme, et prendAssez d'âme pour être‖ une force, compliceDe son impénétrable‖ et nocturne supplice ;Et la Matière, hélas !‖ devient Fatalité.Pourtant qu'on prenne garde‖ à ce déshérité !Dans l'ombre, une heure est là‖ qui s'approche, et frissonneQui sera la terrible‖ et qui sera la bonne,Qui viendra te sauver,‖ homme, car tu l'attends,Et changer la figure‖ implacable du temps !Qui connaît le destin ?‖ qui sonda le peut-être ?Oui, l'heure énorme vient,‖ qui fera tout renaître,Vaincra tout, changera‖ le granit en aimant,Fera pencher l'épaule‖ au morne escarpement,Et rendra l'impossible‖ aux hommes praticable.Avec ce qui l'opprime,‖ avec ce qui l'accable,Le genre humain se va‖ forger son point d'appui ;Je regarde le gland‖ qu'on appelle aujourd'hui,J'y vois le chêne ; un feu‖ vit sous la cendre éteinte.Misérable homme, fait‖ pour la révolte sainte,Ramperas-tu toujours‖ parce que tu rampas ?Qui sait si quelque jour‖ on ne te verra pas,Fier, suprême, atteler‖ les forces de l'abîme,Et, dérobant l'éclair‖ à l'inconnu sublime,Lier ce char d'un autre‖ à deux chevaux à toi ?Oui, peut-être on verra‖ l'homme devenir loi,Terrasser l'élément‖ sous lui, saisir et tordreCette anarchie au point‖ d'en faire jaillir l'ordre,Le saint ordre de paix,‖ d'amour et d'unité,Dompter tout ce qui l'a‖ jadis persécuté,Se construire à lui-même‖ une étrange montureAvec toute la vie‖ et toute la nature,Seller la croupe en feu‖ des souffles de l'enfer,Et mettre un frein de flamme‖ à la gueule du fer !On le verra, vannant‖ la braise dans son crible,Maître et palefrenier‖ d'une bête terrible,Criant à toute chose :‖ Obéis, germe, nais !Ajustant sur le bronze‖ et l'acier un harnaisFait de tous les secrets‖ que l'étude procure,Prenant aux mains du vent‖ la grande bride obscure,Passer dans la lueur‖ ainsi que les démons,Et traverser les bois,‖ les fleuves et les monts,Beau, tenant une torche‖ aux astres allumée,Sur une hydre d'airain,‖ de foudre et de fumée !On l'entendra courir‖ dans l'ombre avec le bruitDe l'aurore enfonçant‖ les portes de la nuit !Qui sait si quelque jour,‖ grandissant d'âge en âge,Il ne jettera pas‖ son dragon à la nage,Et ne franchira pas‖ les mers, la flamme au front ?Qui sait si, quelque jour,‖ brisant l'antique affront,Il ne lui dira pas :‖ Envole-toi, matière !S'il ne franchira point‖ la tonnante frontière ;S'il n'arrachera pas‖ de son corps brusquementLa pesanteur, peau vile,‖ immonde vêtementQue la fange hideuse‖ à la pensée inflige ?De sorte qu'on verra‖ tout à coup, ô prodige !Ce ver de terre ouvrir‖ ses ailes dans les cieux.Oh ! lève-toi, sois grand,‖ homme ! va, factieux !Homme, un orbite d'astre‖ est un anneau de chaîne,Mais cette chaîne-là,‖ c'est la chaîne sereine,C'est la chaîne d'azur,‖ c'est la chaîne du ciel ;Celle-là, tu t'y dois‖ rattacher, ô mortel,Afin — car un esprit‖ se meut comme une sphère —De faire aussi ton cercle‖ autour de la lumière !Entre dans le grand chœur !‖ Va, franchis ce degré,Quitte le joug infâme‖ et prends le joug sacré !Deviens l'Humanité,‖ triple, homme, enfant et femme !Transfigure-toi ! va !‖ sois de plus en plus l'âme !Esclave, grain d'un roi,‖ démon, larve d'un dieu,Prends le rayon, saisis‖ l'aube, usurpe le feu ;Torse ailé, front divin,‖ monte au jour, monte au trôneEt dans la sombre nuit‖ jette les pieds du faune ! »

IV L’étoile

Le satyre un moment‖ s'arrêta, respirantComme un homme levant‖ son front hors d'un torrent ;Un autre être semblait‖ sous sa face apparaître ;Les dieux s'étaient tournés‖ inquiets vers le maître,Et, pensifs, regardaient‖ Jupiter stupéfait.Il reprit :« Sous le poids hideux qui l’étouffait,Le réel renaîtra,‖ dompteur du mal immonde.Dieux, vous ne savez pas‖ ce que c'est que le monde ;Dieux, vous avez vaincu,‖ vous n'avez pas compris.Vous avez au-dessus‖ de vous d'autres esprits,Qui, dans le feu, la nue,‖ et l'onde et la bruine,Songent, en attendant‖ votre immense ruine.Mais qu'est-ce que cela‖ me fait à moi qui suisLa prunelle effarée‖ au fond des vastes nuits ?Dieux, il est d'autres sphinx‖ que le vieux sphinx de Thèbe.Sachez ceci, tyrans‖ de l'homme et de l'Érèbe,Dieu qui versez le sang,‖ dieux dont on voit le fond,Nous nous sommes tous faits‖ bandits sur ce grand montOù la terre et le ciel‖ semblent en équilibre,Mais vous pour être rois‖ et moi pour être libre.Pendant que vous semez‖ haine, fraude et trépas,Et que vous enjambez‖ tout le crime en trois pas,Moi je songe. Je suis‖ l'œil fixe des cavernes.Je vais. Olympes bleus‖ et ténébreux Avernes,Temples, charniers, forêts,‖ cités, aigle, alcyon,Sont devant mon regard‖ la même vision ;Les dieux, les fléaux, ceux‖ d'à présent, ceux d'ensuite,Traversent ma lueur‖ et sont la même fuite.Je suis témoin que tout‖ disparaît. Quelqu'un est.Mais celui-là, jamais‖ l'homme ne le connaît.L'humanité suppose,‖ ébauche, essaie, approche ;Elle façonne un marbre,‖ elle taille une rocheEt fait une statue,‖ et dit : Ce sera lui.L'homme reste devant‖ cette pierre ébloui ;Et tous les à peu près,‖ quels qu'ils soient, ont des prêtres.Soyez les Immortels,‖ faites ! broyez les êtres,Achevez ce vain tas‖ de vivants palpitants,Régnez ; quand vous aurez,‖ encore un peu de temps,Ensanglanté le ciel‖ que la lumière azure,Quand vous aurez, vainqueurs,‖ comblé votre mesure,C'est bien, tout sera dit,‖ vous serez remplacésPar ce noir dieu final‖ que l'homme appelle Assez !Car Delphe et Pise sont‖ comme des chars qui roulent,Et les choses qu'on crut‖ éternelles s'écroulentAvant qu'on ait le temps‖ de compter jusqu'à vingt. »

Tout en parlant ainsi,‖ le satyre devintDémesuré ; plus grand‖ d'abord que Polyphème,Puis plus grand que Typhon‖ qui hurle et qui blasphèmeEt qui heurte ses poings‖ ainsi que des marteaux,Puis plus grand que Titan,‖ puis plus grand que l'Athos ;L'espace immense entra‖ dans cette forme noire ;Et, comme le marin‖ voit croître un promontoire,Les dieux dressés voyaient‖ grandir l'être effrayant ;Sur son front blêmissait‖ un étrange orient ;Sa chevelure était‖ une forêt ; des ondes,Fleuves, lacs, ruisselaient‖ de ses hanches profondes ;Ses deux cornes semblaient‖ le Caucase et l'Atlas ;Les foudres l'entouraient‖ avec de sourds éclats ;Sur ses flancs palpitaient‖ des prés et des campagnes,Et ses difformités‖ s'étaient faites montagnes ;Les animaux qu'avaient‖ attirés ses accords,Daims et tigres, montaient‖ tout le long de son corps ;Des avrils tout en fleur‖ verdoyaient sur ses membres ;Le pli de son aisselle‖ abritait des décembres ;Et des peuples errants‖ demandaient leur chemin,Perdus au carrefour‖ des cinq doigts de sa main.Des aigles tournoyaient‖ dans sa bouche béante ;La lyre, devenue‖ en le touchant géante,Chantait, pleurait, grondait,‖ tonnait, jetait des cris,Les ouragans étaient‖ dans les sept cordes prisComme des moucherons‖ dans de lugubres toiles ;Sa poitrine terrible‖ était pleine d'étoiles.

Il cria :« L’avenir, tel que les cieux le font,C'est l'élargissement‖ dans l'infini sans fond,C'est l'esprit pénétrant‖ de toutes parts la chose !On mutile l'effet‖ en limitant la cause ;Monde, tout le mal vient‖ de la forme des dieux.On fait du ténébreux‖ avec le radieux ;Pourquoi mettre au-dessus‖ de l'Être, des fantômes ?Les clartés, les éthers,‖ ne sont pas des royaumes.Place au fourmillement‖ éternel des cieux noirs,Des cieux bleus, des midis,‖ des aurores, des soirs !Place à l'atome saint,‖ qui brûle ou qui ruisselle !Place au rayonnement‖ de l'âme universelle !Un roi c'est de la guerre,‖ un dieu c'est de la nuit.Liberté, vie et foi,‖ sur le dogme détruit !Partout une lumière‖ et partout un génie !Amour ! tout s'entendra,‖ tout étant l'harmonie !L'azur du ciel sera‖ l'apaisement des loups.Place à Tout ! Je suis Pan ;‖ Jupiter ! à genoux. »

Versification

Forme
Distiques
Rimes
363((aa))
Mètre
Alexandrins· profil 6+6
Mots à la rime
a retiré / sacré masculine, classiqueb branches / blanches féminine, classiquec sens / passants masculine, classiqued Flore / l'Aurore féminine, classiquee réveil / vermeil masculine, classiquef souffle / maroufle féminine, classiqueg sylvains / vins masculine, classiqueh satyre / Pallantyre féminine, classiquei assis / Chrysis masculine, classiquej Janicule / crépuscule féminine, classiquek partout / loup masculine, non classiquel connaître / être féminine, classiquem famé / allumé masculine, classiqueb napées / escarpées féminine, classiquec sûr / d'azur masculine, classiqued alcôve / fauve féminine, classiquee profitait / tait masculine, classiquef sources / courses féminine, classiqueg bouleau / l'eau masculine, classiqueh femme / flamme féminine, classiquei l'été / naïveté masculine, classiquej convoitise / cytise féminine, classiquek pavot / dévot masculine, classiquel être / fenêtre féminine, classiquem marmot / mot masculine, classiquen herbes / gerbes féminine, classiqueo lys / pâlis masculine, classiquep désordre / mordre féminine, classiqueq plongé / geai masculine, classiquer tresse / sécheresse féminine, équivalentes vapeur / peur masculine, classiquet cornue / nue féminine, classiqueu Psyché / caché masculine, classiquev l'empyrée / Rhée féminine, classiquew bestial / l'idéal masculine, classiquex grimpe / l'Olympe féminine, classiquey l'aventurier / terrier masculine, classiqueb l'oreille / vermeille féminine, classiqueb commençant / ravissant masculine, classiquec éblouie / l'ouïe féminine, classiqued sabots / beaux masculine, classiquee caverne / gouverne féminine, classiquef voisin / essaim masculine, classiqueg continuées / nuées féminine, classiqueh soleil / réveil masculine, classiquei sonore / d'aurore féminine, classiquej d'yeux / radieux masculine, classiquek dirige / quadrige féminine, classiquel d'or / encor masculine, classiquem enflammée / fumée féminine, classiquen diamants / éléments masculine, classiqueo embrasée / rosée féminine, classiquep nuit / s'épanouit masculine, classiqueb dore / l'aurore féminine, classiquec l'infini / béni masculine, classiqued farouche / couche féminine, classiquee l'autan / titan masculine, classiquef Violence / lance féminine, classiqueg coutelas / Pallas masculine, classiqueh foudre / moudre féminine, classiqueb dent / regardant masculine, classiquec vestiaire / bestiaire féminine, classiqued pas masculine, classiquee première / lumière féminine, classiquef sylvain / divin masculine, classiqueg voile / étoile féminine, classiqueh clarté / écarté masculine, classiquei terribles / invisibles féminine, classiqueb là / cisela masculine, classiquec rassasie / l'ambroisie féminine, classiqued fond masculine, classiquee surnaturelle / elle féminine, classiquef vœux / cheveux masculine, classiqueg l'aigle / règle féminine, classiqueh commencé / passé masculine, classiquei songe / plonge féminine, classiquej Sémélé / voilé masculine, classiquek toute-puissance / réticence féminine, classiquel réflexions / Ixions masculine, classiquem faire / lumière féminine, classiquen tigré / gré masculine, classiqueo funèbres / ténèbres féminine, classiquep d'Atropos / repos masculine, classiqueq narine / poitrine féminine, classiquer d'Arachné / émané masculine, classiques Mercure / obscure féminine, classiquea Cupidon / pardon masculine, classiqueb d'âge / brigandage féminine, classiquea mélodieux / dieux masculine, classiqueb splendide / ride féminine, classiquec beauté / dompté masculine, classiqued piques / magnifiques féminine, classiquee inexpiés / pieds masculine, classiquef Stymphale / triomphale féminine, classiquea au-delà / croula masculine, classiqueb décombres / sombres féminine, classiquec essieux / cieux masculine, classiqued borne / capricorne féminine, classiquee nébuleux / bleus masculine, classiquea thébaine / d'ébène féminine, classiqueb conduit / Nuit masculine, classiquec bataille / tressaille féminine, classiqued d'Apollon / talon masculine, classiquee désastre / astre féminine, classiquea l'Ossa / poussa masculine, classiqueb zone / faune féminine, classiquec serein / marin masculine, classiqued voiles / étoiles féminine, classiquee mont / donc masculine, classiquef Neptune / fortune féminine, classiqueg sablier / oublier masculine, classiqueh camuses / Muses féminine, classiquei voila / bête-là masculine, classiquej flèche / sèche féminine, classiquek paon / l'ægipan masculine, classiquel femmes / dames féminine, classiquem Vénus / nus masculine, classiquen Minerve / verve féminine, classiqueo l'Œta / éclata masculine, classiquep immortelles / telles féminine, classiqueq déconcerté / liberté masculine, classiquer épaule / pôle féminine, classiquea paysan / Viens-nous-en masculine, classiqueb écrire / rire féminine, classiquec question / amphictyon masculine, classiqued marbre / arbre féminine, classiquee rends / murmurants masculine, classiquef sauve / fauve féminine, classiqueg chante / pieds / estropiés masculine, classiqueh entre / antre féminine, classiquei contrariant / souriant masculine, classiquea habituée / nuée féminine, classiqueb mieux / mystérieux masculine, classiquec tête / triste / Taygète féminine, classiqueb divin / ravin masculine, classiquec branches / hanches féminine, classiqued d'écouter / s'agiter masculine, classiquee murmurent / s'émurent féminine, classiquea odieux / dieux masculine, classiquea monstrueuse / tortueuse féminine, classiqueb travers / verts masculine, classiquec baves / caves féminine, classiqued entonnoirs / noirs masculine, classiquee regrette / aigrette féminine, classiquef inouïs / évanouis masculine, classiqueg plénitude / solitude féminine, classiqueh rochers / nochers masculine, classiquei éponge / songe féminine, classiquej oublieux / lieux masculine, classiquek terre / austère féminine, classiquel ami / demi masculine, classiquem pâtre / opiniâtre féminine, classiquen bûcheron / Cithéron masculine, classiqueo l'Érymanthe / tourmente féminine, classiquep délit / lit masculine, classiqueq tunique / cynique féminine, classiquer flottants / printemps masculine, classiquea urne / nocturne féminine, classiqueb mouvant / vent masculine, classiquec d'herbe / superbe féminine, classiqued pieds / repliés masculine, classiquee noire / boire féminine, classiquef saison / poison masculine, classiqueg malsaine / haine féminine, classiqueh dieux / radieux masculine, classiquei ciguë / contiguë féminine, classiqueb fin / faim masculine, classiquec s'allongent / rongent féminine, classiqued vivant / vent masculine, classiquee pourriture / nourriture féminine, classiquef touffus / confus masculine, classiqueg paître / champêtre féminine, classiqueh progrès / grès masculine, classiquei l'yeuse / joyeuse féminine, classiquej manger / songer masculine, classiqueb racines / assassines féminine, classiquec rayon / création masculine, classiqued cratère / terre féminine, classiquee alphabet / tombait masculine, classiquef bouche / farouche féminine, classiquea terreur / doreur masculine, classiqueb tiges / vertiges féminine, classiquec serpents / rampants masculine, classiqued hagarde / regarde féminine, classiquee vapeur / stupeur masculine, classiquef visages / sages féminine, classiqueg tendu / éperdu masculine, classiqueh fauves / chauves féminine, classiquei inconnu / nu masculine, classiquej austère / mystère féminine, classiquek rayonnement / vêtement masculine, classiquel l'insondable / formidable féminine, classiquem contemplé / étoilé masculine, classiquen sombre / l'ombre féminine, classiqueo monstrueux / forêt / yeux masculine, classiquep fièvre / lèvre féminine, classiqueq sommet / dormait masculine, classiquer lumière / poursuivit / Terre féminine, classiques l'élément / Commencement masculine, classiquet l'heure / demeure féminine, classiqueu moment / doucement masculine, classiquev l'aurore / éclore féminine, classiquew l'infini / henni masculine, classiquex ébauches / débauches féminine, classiquey l'animal / mal masculine, classiquez terre / solitaire féminine, classiquea devins / ravins masculine, classiqueb thessalienne / l'hyène féminine, classiquec jaloux / loups masculine, classiquea louche / bouche féminine, classiqueb entendit / dit masculine, classiquea L'âme / brame féminine, classiqueb chaos / flots masculine, classiquec dissipe / principe féminine, classiqued forêt / apparaît masculine, classiquee commence / démence féminine, classiquef d'or / essor masculine, classiqueb troisième / sème féminine, classiquec vénéré / sacré masculine, classiqueb profonde / fonde féminine, classiquec l'embryon / rayon masculine, classiqued oracles / miracles féminine, classiquee vous / tous masculine, classiquef altière / lumière féminine, classiqueg suit / nuit masculine, classiquea satyre / retire féminine, classiqueb libyen / lyre / bien masculine, classiqueb lyre / délire féminine, classiqueb cieux / yeux masculine, classiquea épouvantée / Antée féminine, classiqueb boiteux / eux masculine, classiquea sombre / nombre féminine, classiqueb reflux / plus masculine, classiquec l'Atlantide / fétide féminine, classiqued firmament / comment masculine, classiquee domptée / Prométhée féminine, classiquef volé / scellé masculine, classiqueg misères / sincères féminine, classiqueh fermer / s'aimer masculine, classiquei infâme / flamme féminine, classiquej sort masculine, classiquek morte / qu'emporte féminine, classiquel mystérieux / dieux masculine, classiquem cesse / bassesse féminine, classiquen Mort / fort masculine, classiqueo s'exhale / colossale féminine, classiquep entassement / ment masculine, classiqueq d'esclave / lave féminine, classiquer féconder / gronder masculine, classiques lève / glaive féminine, classiquet remord / mort masculine, classiqueu flottantes / tentes féminine, classiquev eux / creux masculine, classiquew boues / roues féminine, classiquex charrois / étroits masculine, classiquey armées / enflammées féminine, classiquez d'effroi / roi masculine, classiquea assomme / l'homme féminine, classiqueb tours / vautours masculine, classiquec héréditaire / terre féminine, classiqued rocher / marcher masculine, classiquee mêle / femelle féminine, classiquef séduit / nuit masculine, classiqueg aboutissent / l'abrutissent féminine, classiqueh mors / morts masculine, classiquei initiale / faciale féminine, classiquej décapité / clarté masculine, classiquek flamme / l'âme féminine, classiquel rameaux / maux masculine, classiquem pistes / tristes féminine, classiquen transfigurateur / hauteur masculine, classiqueo Borées / tirées féminine, classiquep chevelus / plus masculine, classiqueq venues / nues féminine, classiquea victorieux / sérieux masculine, classiqueb bête / reprit / faîte féminine, classiqueb fléaux / chaos masculine, classiquec brute / lutte féminine, classiqued fui / lui masculine, classiquee l'isole / désole féminine, classiquef guets-apens / serpents masculine, classiqueg soufflette / complète féminine, classiqueh conquérant / prend masculine, classiquei complice / supplice féminine, classiquej Fatalité / déshérité masculine, classiquek frissonne / bonne féminine, classiquel l'attends / temps masculine, classiquem peut-être / renaître féminine, classiquen aimant / escarpement masculine, classiqueo praticable / l'accable féminine, classiquep d'appui / aujourd'hui masculine, classiqueq éteinte / sainte féminine, classiquer rampas / pas masculine, classiques l'abîme / sublime féminine, classiquet toi / loi masculine, classiqueu tordre / l'ordre féminine, classiquev d'unité / persécuté masculine, classiquew monture / nature féminine, classiquex l'enfer / fer masculine, classiquey crible / terrible féminine, classiquez nais / harnais masculine, classiquea procure / obscure féminine, classiqueb démons / monts masculine, classiquec allumée / fumée féminine, classiqued bruit / nuit masculine, classiquee âge / nage féminine, classiquef front / affront masculine, classiqueg matière / frontière féminine, classiqueh brusquement / vêtement masculine, classiquei inflige / prodige féminine, classiquej cieux / factieux masculine, classiquek chaîne / sereine féminine, classiquel ciel / mortel masculine, classiquem sphère / lumière féminine, classiquen degré / sacré masculine, classiqueo femme / l'âme féminine, classiquep dieu / feu masculine, classiqueq trône / faune féminine, classiquea respirant / torrent masculine, classiqueb apparaître / maître féminine, classiquec stupéfait / reprit / l’étouffait masculine, classiqued immonde / monde féminine, classiquee compris / esprits masculine, classiquef bruine / ruine féminine, classiqueg suis / nuits masculine, classiqueh Thèbe / l'Érèbe féminine, classiquei fond / mont masculine, classiquej équilibre / libre féminine, classiquek trépas / pas masculine, classiquel cavernes / Avernes féminine, classiquem alcyon / vision masculine, classiquen d'ensuite / fuite féminine, classiqueo est / connaît masculine, classiquep approche / roche féminine, classiqueq lui / ébloui masculine, classiquer prêtres / êtres féminine, classiques palpitants / temps masculine, classiquet azure / mesure féminine, classiqueu remplacés / Assez masculine, classiquev roulent / s'écroulent féminine, classiquew vingt / devint masculine, classiqueb Polyphème / blasphème féminine, classiquec marteaux / l'Athos masculine, classiqued noire / promontoire féminine, classiquee effrayant / orient masculine, classiquef ondes / profondes féminine, classiqueg l'Atlas / éclats masculine, classiqueh campagnes / montagnes féminine, classiquei accords / corps masculine, classiquej membres / décembres féminine, classiquek chemin / main masculine, classiquel béante / géante féminine, classiquem cris / pris masculine, classiquen toiles / d'étoiles féminine, classiquea cria / font / fond masculine, classiqueb chose / cause féminine, classiqued fantômes / royaumes féminine, classiquee noirs / soirs masculine, classiquef ruisselle / universelle féminine, classiqueg nuit / détruit masculine, classiqueh génie / l'harmonie féminine, classiquei loups / genoux masculine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.6· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

734 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La légende des siècles, Calmann Lévy, 1877· numérisation Enclitt Encyclopédie de la littérature française (Rue des Écoles)· Sources